Dimanche 30 mars 2008

                   J’ai du ciel bleu dans mon passeport




      D’abord poser la lumière. Puis peindre le ciel en bleu. Retirer du sol millénaire les roches basaltiques, témoignage du passé volcanique.
Monter les murettes, jusqu’au sommet de la colline. Imaginer la vie de château, sur les ruines de l’Empire romain, déchu de s’être cru immortel. Péché d’orgueil auquel a cédé aussi le Moyen Age triomphant.
Se révolter, pour déconstruire. Reconstruire, ruelles étroites, horloges, cadrans solaires, auberges, petits bistrots, galeries d'art, chapeau l'artiste, magasins bio.
Un voyage dans le temps en une seule journée : plusieurs millions d’années parcourues en soixante kilomètres. Et quelques heures. De soleil, exactement.

Alba la Romaine.







par Fred Sabourin publié dans : émerveillement
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Mardi 25 mars 2008

                                    Il peut pleuvoir




       Dimanche dernier, c’était « les rameaux », et ce dimanche, en toute logique, c’était Pâques. Comme annoncé la semaine dernière, il faisait un temps à faire du feu dans la cheminée, en sirotant des grogs salvateurs. L’idée nous a prise d’aller au Havre : c’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme.
Bon Dieu quelles bordées de flotte ! De mémoire de Normands, c’en était une bonne !
Heureusement, derrière les carreaux du musée Malraux, il faisait chaud, de quoi sécher un peu le caban, le bonnet et la musette ruisselants. Au fond, en l’air, au sol : le gris de la mer en eaux qui nous tombaient dessus en seaux.



Et, d’un coup, qui revient d’on ne sait-où, Brel…

« Il peut pleuvoir sur les trottoirs des grands boulevards
Moi je m’en fiche j’ai ma mie auprès de moi
Il peut pleuvoir sur les trottoirs des grands boulevards
Moi je m’en fiche car ma mie c’est toi

Et au soleil là-haut
Qui nous tourne le dos dans son halo de nuages
Et au soleil là-haut qui nous tourne le dos
Moi je crie bon voyage

Il peut pleuvoir sur les trottoirs des grands boulevards
Moi je m’en fiche j’ai ma mie auprès de moi
Il peut pleuvoir sur les trottoirs des grands boulevards
Moi je m’en fiche car ma mie c’est toi

Aux flaques d’eau qui brillent
Sous les jambes des filles
Aux néons étincelants
Qui lancent dans la vie leurs postillons de pluie
Je crie en rigolant

Il peut pleuvoir sur les trottoirs des grands boulevards
Moi je m’en fiche j’ai ma mie auprès de moi
Il peut pleuvoir sur les trottoirs des grands boulevards
Moi je m’en fiche car ma mie c’est toi

Et aux gens qui s’en viennent
Et aux gens qui s’en vont
Jour et nuit tourner en rond
Et aux gens qui s’en viennent
Et aux gens qui s’en vont
Moi je crie à plein poumons

Il y a plein d’espoir sur les trottoirs des grands boulevards
Et j’en suis riche
J’ai ma mie auprès de moi
Il y a plein d’espoir sur les trottoirs des grands boulevards
Et j’en suis riche
Car ma mie c’est toi
C’est toi ».













par Fred Sabourin publié dans : voyage, voyage...
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Samedi 22 mars 2008
Tes vacances de Pâques, tu peux faire une croix dessus… 

undefined

     Dimanche dernier, c’était « les rameaux », et partout dans la ville des jeunes gens endimanchés vont, poussettes en avant, à la messe pour chercher le brin de buis béni qui sèchera au bras du crucifié domestique, au dessus de la porte d’entrée ou dans la chambre à coucher conjugale (le fripon ! 2000 ans qu’il se rince l’œil !). Mais il y a aussi, en dehors de ces familles à « Barbour » (il pleuvait), des cortèges de cheveux blancs, gris, permanentés aux reflets bleutés, qui vont généralement en binôme. Dans leurs mains, pas un brin mais des brassées de buis à bénir, ce qui ne leur ôtera pas cette odeur de pisse de chat, hélas. Le Galiléen, de retour de son safari au désert, aurait-il été content d’être accueilli à Jérusalem avec des branches aux senteurs de pisse de chat ? M’étonnerait… Mais voilà que je m’éloigne du sujet !
Les bigotes, dont Jules Renard disait qu’elles « couchent avec Dieu le dimanche, et le trompent toute la semaine », ont plus de buis que n’importe qui à faire bénir. Il faut orner les cimetières, où les petits branchages iront sécher et se faire venter, au plus tard lundi saint. 

J’aime bien les rameaux. La messe est plus longue car le récit de la Passion est lu dans son intégralité. Conséquence immédiate : le poulet du dimanche sera trop cuit, et il n’y aura plus le choix à la pâtisserie : il ne restera que des éclairs au café. Dans les églises, le rouge est mis : rouge du sang pour celui qui est accueilli sous les hourras et les bravos ce jour, mais qui sera lâché par les mêmes dans quatre jours à peine. Vision éternelle de la trahison, qui ne souffre pas de rupture de transmission, jusqu’au 21è siècle… 

J’aime bien les rameaux parce qu’il y fait rarement beau. Venté souvent, glacial parfois. Pluvieux fréquemment. C’est le cas aujourd’hui, et il est bien difficile de tenir à la fois le parapluie et les branches bénies de l’autre main. Du coup, c’est le pauvre à l’entrée de l’église qui en pâtit : pas de troisième main pour plonger dans la poche et en ressortir une pièce, « pour manger, pas pour boire » (lu sur un écriteau place de la Pucelle). Précision fort utile, la bigote est du genre méfiant. 

Il paraît que le week-end de Pâques s’annonce au tison. Dommage, la chasse aux œufs se fera en ciré et bottes de caoutchouc. Allez courage ! De ma fenêtre sous les toits, je regarderai le ballet des cloches en chocolat, poules et autres lapins à la con. Surtout le printemps, surtout l’été, surtout l’automne, surtout l’hiver…

undefined


undefined


undefined
par Fred Sabourin publié dans : religion
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander
Jeudi 20 mars 2008

                            Elle s’appelle Sabine... 


       ... nous dit Sandrine Bonnaire dans ce documentaire qui vaut à lui seul tous les films du moment. Sabine crève l’écran, de son visage bouffi par les calmants, le surpoids, les cheveux courts, les lèvres entrouvertes d’où s’échappe un filet de bave. Sabine fut autrefois une belle jeune fille, l’équivalent brune de l’actrice révélée dans « A nos amours » de Maurice Pialat en 1983 et « Sans toit ni loi » d’Agnès Varda en 1985. Deux Césars : meilleur espoir et meilleure actrice. Sabine, une jeune fille différente, mais rieuse, malicieuse, musicienne, passionnée de géographie et d’anglais, de voyages… Aimée par sa sœur, surtout. 

En 1996, Sabine est internée pour cinq ans, en hôpital psychiatrique. Son état se dégrade, elle grossit, devient agressive, subit la camisole et les calmants à endormir un cheval. Il faudra à Sandrine user de sa notoriété (elle le précise) et de patience (surtout), pour obtenir une place dans un institut médico-professionnel, en Charente, afin que Sabine soit – enfin – diagnostiquée. Psychoses enfantines et léger autisme.
Elle s’appelle Sabine ne s’insurge ni se révolte contre le système psy en bout de course. Sandrine ne fait que poser des questions. Quand ma sœur ira-t-elle mieux ? Quand pourra-t-elle sortir de l’IMP ? Quand repartirons-nous en voyage ensemble ?
Sans émotions superflues, Sabine imprime son visage plein cadre. Au départ on est gêné. On hésite à rire quand pourtant les situations sont risibles. Parce qu’on croit que le rire est au dépend de la maladie. Sandrine pose des questions, comme un écho à celle, lancinante et répétitive, que Sabine répète inlassablement. « Est-ce que tu viendras me voir demain ? Tu me viendras me voir demain, Sandrine ? ». – « Oui, tu le sais bien », répond-elle, sans jamais s’en agacer. Pour ceux qui s’en souviendraient, ces répliques peuvent rappeler l’épisode johannique du « Pierre, m’aimes-tu ? – Oui, tu sais bien que je t’aime ».

Fol amour que celui de ces deux sœurs que tout semblerait opposer : notoriété, beauté, richesse pour l’une. Maladie, pauvreté et quasi disgrâce pour l’autre. Et pourtant il émane de ce film quelque chose de si puissant et si évident qu’à la fin, on ne verse ni larme, ni soupir, ni regrets, ni emphase. Juste le sentiment d’avoir, grâce à Sandrine Bonnaire, mis un nom sur la folie d’une maladie transfigurée par l’amour et le don gratuit : elle s’appelle Sabine.

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18795917&cfilm=128514.html

par Fred Sabourin publié dans : chronique cinéma
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Mardi 18 mars 2008

                                                Merci Pépy ! 

« Parce que vous comptez parmi nos meilleurs clients… nous vous avons réservé un cadeau exclusif : vos étiquettes à bagage personnalisables. Apportez une touche personnelle à vos étiquettes en choisissant une image de paysage paradisiaque parmi notre sélection ou en téléchargeant une de vos photos personnelles ! (…) Pour créer gratuitement vos étiquettes à bagages, notez votre code VIP… »
. 

Le progrès fait rage, c’est un courriel « Privilèges Voyages SNCF », pour un client  du train - VIP donc - qui engloutit des sommes conséquentes chaque mois dans la Esse ène cé Effe.
Génial ! on peut donc désormais faire péter une bombe dans le train avec un bagage abandonné, mais (et c’est là la nouveauté) étiqueté avec une image paradisiaque… Chouette alors !
On savait que la SNCF avait de grandes vertus commerciales, au point d’ailleurs de verser 100 millions d’€ à l’Etat son seul et unique actionnaire. Ceci dit, on constate – hélas -  de plus en plus un certain dilettantisme dans la communication à bord ainsi que dans le soin apporté aux voyageurs (clients). Sans entrer dans le célèbre « je paie, donc j’ai droit », il convient néanmoins de souhaiter un meilleur traitement que celui-ci, qui ressemble peu ou prou à ce qu’on nomme parfois « du foutage de gu… ». 

Songez un peu : une étiquette à son nom avec un paysage paradisiaque, quel privilège ! Je me demande si il ne va pas falloir une nouvelle nuit du 4 août pour abolir les avantages en question, tant ils semblent outrageusement énormes.

par Fred Sabourin publié dans : voyage, voyage...
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander

Calendrier

Mars 2008
L M M J V S D
          1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
31            
<< < > >>

Recherche

créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus