J’ai du ciel bleu dans mon
passeport
D’abord poser la lumière. Puis peindre le ciel en bleu. Retirer du sol
millénaire les roches basaltiques, témoignage du passé volcanique.
Monter les murettes, jusqu’au sommet de la colline. Imaginer la vie de château, sur les ruines de l’Empire romain, déchu de s’être cru immortel. Péché d’orgueil auquel a cédé aussi le Moyen Age
triomphant.
Se révolter, pour déconstruire. Reconstruire, ruelles étroites, horloges, cadrans solaires, auberges, petits bistrots, galeries d'art, chapeau l'artiste, magasins bio.
Un voyage dans le temps en une seule journée : plusieurs millions d’années parcourues en soixante kilomètres. Et quelques heures. De soleil, exactement.
Alba la Romaine.
par Fred Sabourin
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émerveillement
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Il peut pleuvoir

Dimanche dernier, c’était « les rameaux », et ce dimanche, en toute logique, c’était Pâques. Comme annoncé la semaine dernière, il faisait un temps
à faire du feu dans la cheminée, en sirotant des grogs salvateurs. L’idée nous a prise d’aller au Havre : c’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme.
Bon Dieu quelles bordées de flotte ! De mémoire de Normands, c’en était une bonne !
Heureusement, derrière les carreaux du musée Malraux, il faisait chaud, de quoi sécher un peu le caban, le bonnet et la musette ruisselants. Au fond, en l’air, au sol : le gris de la mer en
eaux qui nous tombaient dessus en seaux.

Et, d’un coup, qui revient d’on ne sait-où, Brel…
« Il peut pleuvoir sur les trottoirs des grands boulevards
Moi je m’en fiche j’ai ma mie auprès de moi
Il peut pleuvoir sur les trottoirs des grands boulevards
Moi je m’en fiche car ma mie c’est toi
Et au soleil là-haut
Qui nous tourne le dos dans son halo de nuages
Et au soleil là-haut qui nous tourne le dos
Moi je crie bon voyage
Il peut pleuvoir sur les trottoirs des grands boulevards
Moi je m’en fiche j’ai ma mie auprès de moi
Il peut pleuvoir sur les trottoirs des grands boulevards
Moi je m’en fiche car ma mie c’est toi
Aux flaques d’eau qui brillent
Sous les jambes des filles
Aux néons étincelants
Qui lancent dans la vie leurs postillons de pluie
Je crie en rigolant
Il peut pleuvoir sur les trottoirs des grands boulevards
Moi je m’en fiche j’ai ma mie auprès de moi
Il peut pleuvoir sur les trottoirs des grands boulevards
Moi je m’en fiche car ma mie c’est toi
Et aux gens qui s’en viennent
Et aux gens qui s’en vont
Jour et nuit tourner en rond
Et aux gens qui s’en viennent
Et aux gens qui s’en vont
Moi je crie à plein poumons
Il y a plein d’espoir sur les trottoirs des grands boulevards
Et j’en suis riche
J’ai ma mie auprès de moi
Il y a plein d’espoir sur les trottoirs des grands boulevards
Et j’en suis riche
Car ma mie c’est toi
C’est toi ».




par Fred Sabourin
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voyage, voyage...
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Elle
s’appelle Sabine...
... nous dit Sandrine Bonnaire dans ce documentaire qui vaut à lui seul tous les films du moment. Sabine crève l’écran, de son visage
bouffi par les calmants, le surpoids, les cheveux courts, les lèvres entrouvertes d’où s’échappe un filet de bave. Sabine fut autrefois une belle jeune fille, l’équivalent brune de l’actrice
révélée dans « A nos amours » de Maurice Pialat en 1983 et « Sans toit ni loi » d’Agnès Varda en 1985. Deux Césars : meilleur espoir et meilleure actrice. Sabine, une
jeune fille différente, mais rieuse, malicieuse, musicienne, passionnée de géographie et d’anglais, de voyages… Aimée par sa sœur, surtout.
En 1996, Sabine est internée pour cinq ans, en hôpital psychiatrique. Son état se dégrade, elle grossit, devient agressive, subit la camisole et les calmants à endormir un cheval. Il faudra à
Sandrine user de sa notoriété (elle le précise) et de patience (surtout), pour obtenir une place dans un institut médico-professionnel, en Charente, afin que Sabine soit – enfin – diagnostiquée.
Psychoses enfantines et léger autisme.
Elle s’appelle Sabine ne s’insurge ni se révolte contre le système psy en bout de course. Sandrine ne fait que poser des questions. Quand ma sœur ira-t-elle mieux ? Quand
pourra-t-elle sortir de l’IMP ? Quand repartirons-nous en voyage ensemble ?
Sans émotions superflues, Sabine imprime son visage plein cadre. Au départ on est gêné. On hésite à rire quand pourtant les situations sont risibles. Parce qu’on croit que le rire est au dépend
de la maladie. Sandrine pose des questions, comme un écho à celle, lancinante et répétitive, que Sabine répète inlassablement. « Est-ce que tu viendras me voir demain ? Tu me
viendras me voir demain, Sandrine ? ». – « Oui, tu le sais bien », répond-elle, sans jamais s’en agacer. Pour ceux qui s’en souviendraient, ces
répliques peuvent rappeler l’épisode johannique du « Pierre, m’aimes-tu ? – Oui, tu sais bien que je t’aime ».
Fol amour que celui de ces deux sœurs que tout semblerait opposer : notoriété, beauté, richesse pour l’une. Maladie, pauvreté et quasi disgrâce pour l’autre. Et pourtant il émane de ce film
quelque chose de si puissant et si évident qu’à la fin, on ne verse ni larme, ni soupir, ni regrets, ni emphase. Juste le sentiment d’avoir, grâce à Sandrine Bonnaire, mis un nom sur la folie
d’une maladie transfigurée par l’amour et le don gratuit : elle s’appelle Sabine.
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18795917&cfilm=128514.html
par Fred Sabourin
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chronique cinéma
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Merci Pépy !
« Parce que vous comptez parmi nos meilleurs clients… nous vous avons réservé un cadeau exclusif : vos étiquettes à bagage personnalisables. Apportez une
touche personnelle à vos étiquettes en choisissant une image de paysage paradisiaque parmi notre sélection ou en téléchargeant une de vos photos personnelles ! (…) Pour créer
gratuitement vos étiquettes à bagages, notez votre code VIP… ».
Le progrès fait rage, c’est un courriel « Privilèges Voyages SNCF », pour un client du train - VIP donc - qui engloutit des sommes conséquentes chaque mois dans la Esse ène cé
Effe.
Génial ! on peut donc désormais faire péter une bombe dans le train avec un bagage abandonné, mais (et c’est là la nouveauté) étiqueté avec une image paradisiaque… Chouette alors !
On savait que la SNCF avait de grandes vertus commerciales, au point d’ailleurs de verser 100 millions d’€ à l’Etat son seul et unique actionnaire. Ceci dit, on constate – hélas - de plus
en plus un certain dilettantisme dans la communication à bord ainsi que dans le soin apporté aux voyageurs (clients). Sans entrer dans le célèbre « je paie, donc j’ai droit », il
convient néanmoins de souhaiter un meilleur traitement que celui-ci, qui ressemble peu ou prou à ce qu’on nomme parfois « du foutage de gu… ».
Songez un peu : une étiquette à son nom avec un paysage paradisiaque, quel privilège ! Je me demande si il ne va pas falloir une nouvelle nuit du 4 août pour abolir les avantages en
question, tant ils semblent outrageusement énormes.
par Fred Sabourin
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voyage, voyage...
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