« La rigolade est un art
sérieux !»
Il avait le sens de la formule décalée qui faisait mouche à tous les coups. Chanteur populaire, crooner suave et sensuel susurrant des
mélodies comme des mots d’amour sucrés. Pas mielleux, sucrés. Certaines femmes font la différence…
Ringardisé dans les années 80 et 90, certains disaient, à l’évocation de son nom : « ah oui ! Zorro est arrivé », avec dans la voix cette condescendance qui ne se confond
jamais avec le respect dû aux hommes d’âge respectable. On oubliait du même coup Django Reinhardt, Ray Ventura, Boris Vian (avec lequel il composa 400 chansons), Bernard Dimey… Tous l’avaient
repéré, engagé auprès d’eux. La bossa-nova lui doit beaucoup, il aimait à le rappeler, sans se la raconter. Car il n’était pas homme à courir après les honneurs. Partisans des joies simples, du
soleil, une île, du coton, un hamac, quelques accords de guitare, la pétanque avec les copains, un panama sur le crâne, le « petit gorgeon » au bistrot du coin… La liste pourrait être
longue.
Une silhouette reconnaissable : costards blancs, chemises bariolées, guitare tenue comme on étreint un être cher.
Et un rire. Un grand éclat de rire, communicatif, irrésistible même. Cet homme avait l’élégance d’en rire, manière pour lui de masquer une grande timidité.
Lors de son dernier concert, le 21 décembre 2007 au Palais des Congrès, il avait tiré sa révérence en disant : « c’est un déchirement de vous
quitter ».
Il n’imagine pas à quel point cela est vrai pour nous aussi…
Au revoir, Henri.


