Jeudi 16 juillet 2009 4 16 /07 /2009 18:48


« J’aime l’amour des marins qui embrassent et s’en vont, ils laissent une promesse et jamais ne reviennent. Dans chaque port attend une femme ; les marins embrassent, et s’en vont. Et puis, une nuit, ils se couchent avec la mort, dans le lit de la mer ».

Pablo Neruda, « Farewell »

 

 


 


les bords de "La Sure", près des Vans (Ardèche)
Par Fred Sabourin - Publié dans : poésie
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Jeudi 2 juillet 2009 4 02 /07 /2009 16:32

Ah ! Nous vivons des heures tellement incroyables, avec cette chaleur nous pourrions presque passer à côté d’infos rafraîchissantes…


Karim Benzema, jeune footballeur prodige de l’Olympique Lyonnais, sera transféré (il faut lire vendu) au Real Madrid pour la modique somme de 35 à 45 millions d’€. Ce qui, au regard de Ronaldo (93 millions ici) et le brésilien Kaka (65 millions) peut paraître comme un rabais digne des soldes. D’ailleurs ce sont les soldes en ce moment, c’est peut-être pour ça !

Prenons notre calculette… voyons voir, 93+65+40 (juste milieu entre « 35 » & « 45 »), ce qui nous fait… 198 millions d’€. Ce qui en anciens francs donne à la louche – à ce niveau-là on peut se permettre – environ un milliard deux cents millions d’euros…

Tout ça pour du foot, rappelons-le, et en Espagne, pays touché par une crise économique jetant comme  partout en Europe des gens au chômage, pour certains dans la rue etc. Bref.


Ouvrons la fenêtre… C’est déjà fait… Ah ? non, toujours pas de manifestation pour dénoncer l’ordure de cette insulte financière à la gueule de l’humanité. Tiens juste en passant, depuis que j’ai commencé à écrire cette chronique, soit environ cinq minutes, dix enfants sont morts de faim dans le monde, puisqu’il en trépasse un toutes les trente secondes.


Ne nous fâchons pas ! Tout ceci est pour le plus grand plaisir des supporters, et du sport en général, à n’en pas douter. Mais si, puisqu’on vous le dit, tenez : « un accord a été trouvé entre les deux clubs pour un montant net  minimum de 35 millions d’€, auxquels pourront s’ajouter différents  bonus liés aux performances sportives, permettant d’atteindre un maximum de transfert de 41 millions d’€ ».


C’est ça : il s’agit bien de performances sportives.

 


Aaaaarrrrgggghhhh      (cri d’étranglement étouffé)






(sur les pentes de la colline aux canuts...)
Par Fred Sabourin - Publié dans : coup de gueule
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Lundi 22 juin 2009 1 22 /06 /2009 16:44



Pas à pas, le col du Couard se conquiert. Quel affreux nom pour un col ! Hier, c’était le col de « l’Allimas », point de départ d’une fameuse boucle en Vercors. Aujourd’hui c’est le Couard. Si l’on furète dans les Pyrénées, on peut s’arrêter au refuge du Lac de la Glère. Pourquoi de tels noms dans des lieux aussi beaux ?
Quoiqu’il en soit, le vent du nord nous brise les côtes, désormais à l’ombre d’une paroi bien froide. J’en ai le souffle coupé. La caillasse roule sous les pieds et il semble que chaque pas en avant est tiré vers l’arrière de quelques centimètres. A bout de souffle – ou presque – le regard fait un tour d’horizon : nulle habitation, nulle trace humaine (excepté cette grange abandonnée, en contrebas), nulle présence animalière. Que du rocher, des cailloux, du froid. Le souffle coupé certes, mais pas éteint : le col se vaincra avec les dents, comme d’habitude. D’ailleurs, à la fin, il y a un câble pour assurer le grimpeur. Nous le dédaignons et préférons trouver de bonnes prises, et il y en a ! Le bruit du torrent soudain s’estompe, au détour d’un rocher plus épais, comme si un esprit malicieux éteignait le robinet : d’un seul coup, le silence se fait.
Quant enfin les 2234 mètres sont vaincus, c’est un spectacle inattendu qui donne la récompense et coupe à nouveau le souffle : de la jeune neige étincelante est tombée durant la nuit, recouvrant d’un voile poudreux les roches noires et menaçantes des Grandes Rousses. Ca valait la peine de se forcer un peu.
Et la journée n’était pas terminée.







Par Fred Sabourin - Publié dans : montagne
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Vendredi 12 juin 2009 5 12 /06 /2009 18:00



L’immense et la poussière, le silence et la mer
Du feu, du vent, de l’eau, de l’air, de l’or et de l’éther
L’immense et la poussière,
Le silence et la mer
Et toi, toi
Dans l’univers

Sur ta peau, dans tes bras,
Je goûte l’eau de l’au-delà
Je bois
De l’au-delà

Des corps où l’on se coule
La mort où tout s’enroule
Des vies qui vont, qui viennent et roulent
Ballottées par la houle
Des corps où l’on se coulent
La mort où tout s’enroule
Et toi, toi
Où je me saoule

Sur ta peau, dans tes bras,
Je goûte l’eau de l’au-delà
Je bois
De l’au-delà

David Sire, album Bidule et l’horizon  

(David en ce moment c'est là : http://blog.davidsire.com/ Mais c'est aussi là : http://www.davidsire.com/ )


Par Fred Sabourin - Publié dans : émerveillement
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Jeudi 11 juin 2009 4 11 /06 /2009 16:29

L’information est tombée aujourd’hui, et ne fait pas de bruit : Christiano Ronlado, attaquant portugais de Manchester, sera transféré au Real Madrid pour la somme de… 93 millions d’euros. La dépêche indique « environ » 93 millions d’euros. Soyons précis dans l’énormité.
Quatre-vingt treize millions d’euros (écrivons-le en toutes lettres pour dissiper les doutes). Ne résistons pas, pour une fois, à la conversion en anciens francs (ceux d’avant 2002) : 610 millions de francs. Six cent dix millions. Ca donne le vertige, non ? Le précédent « record » était détenu par notre Zizou national, 75 millions en 2001, déjà par le Real qui avait aligné les billets sur le tapis de la Juventus de Turin.
Chiffre astronomique, indécent, immoral, outrageant, révoltant… les mots nous manquent pour dire notre stupéfaction, à l’heure actuelle, dans le monde en crise, lequel veut se moraliser, refonder le capitalisme financier, nettoyer les poubelles de la planète. Le même monde qui court à plat ventre devant Obama, nouveau messie, le monde qui verse une larme à la vue d’un film d’un photographe aérien.
Et pas une manifestation spontanée, pas d’appel de syndicat – même un seul – aucune alarme dans les rues de nos villes et nos campagnes devant cette insulte à la gueule du monde entier. Le monde dort-il, en attendant de se presser devant son téléviseur pour éructer, le ventre rempli de bière bon marché et de pizzas surgelées livrées par des sans-papiers, en regardant la prochaine coupe d’Europe de la Ligue ?
Non, rien. J’ai beau tendre l’oreille par la fenêtre ouverte, je n’entends rien, juste le chant des oiseaux et le souffle du vent dans le cèdre.

Il y a pire que le chômage, la pauvreté, la maladie rampante, les épidémies, les fermetures d’usines, le bling-bling et autres mensonges d’Etat. C’est l’humiliation des hommes traités avec mépris. Ces derniers n’ont alors plus rien à perdre, puisque la vie ne vaut plus rien. Sauf pour l’un d’entre eux : 93 millions d’euros. Pour jouer au foot. Evidemment, il y a le fameux panem et circenses, vieux comme le monde.
Attention à l’humiliation et au mépris. L’Histoire nous a déjà appris où ils conduisent.


Par Fred Sabourin - Publié dans : coup de gueule
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