Mercredi 3 mars 2010 3 03 /03 /2010 16:15






Monsieur le Président de la République ne mâchait pas ses mots, lundi matin à La Rochelle, pour qualifier la tempête Xynthia (qui a un drôle de nom, on dirait une Citroën) : « inacceptable et incompréhensible ».
Incompréhensible, pas tant que ça : depuis deux jours météo France mettait en alerte toutes les régions concernées sur l’air du « on vous aura prévenu, barrez-vous ! ». Depuis, spécialistes en climatologie et phénomènes maritimes se succèdent pour expliquer « l’incompréhensible ». Vents forts + fortes marées = digues arrachées et terres inondées.
Inacceptable, là, faudrait pas pousser : ce qui est inacceptable, Monsieur le Président, ce n’est pas la tempête elle-même, contre laquelle nous ne pouvons rien. « Dans son grand duel, la mer est la plus forte » écrivait Vigny dans « La Bouteille à la Mer ». Ce qui est « inacceptable », ce sont les terrains pourris vendus une croûte de pain à des pauvres gens qui se retrouvent aujourd’hui le bec dans l’eau, voire plus si affinité ! Inacceptable, de mourir noyé dans son lit en pleine nuit parce qu’un sagouin et arnaqueur de promoteur immobilier a construit – sous les yeux émus des élus locaux qui donnait leur bénédiction – des cages à lapin « pieds dans l’eau ». C’est si beau un coucher de soleil en bord de mer, pour la retraite, pour élever ses enfants, venir en vacances etc. Le soleil se couche désormais sur les linceuls mortuaires de ceux qui ont cru faire une bonne affaire.

Incompréhensible ? Pour finir sur une touche plus légère puisque dans le registre de la bêtise humaine, combien de temps les journalistes parisiens, essentiellement radio, continueront de parler « des Charentes » (qui n’existent pas, à la différence « des Ardennes » ou « des Alpes », pour qualifier sans doute la Charente-Maritime (département côtier touché par la tempête Citroën). Pire encore – car émanant d’une jeune femme parlant ce midi sur France Cul(ture) « des Charentes-Maritimes », ineptie impardonnable quand on sait le niveau de bagages qu’il faut pour entrer dans ces médias ! Sans mentir, sans une prestigieuse école de journalisme parisienne (CFJ), lilloise ou montpelliéraine (ESJ), un prestigieux Institut bordelais, une école privée pour fils à papa friqués (Lyon) ou même Normal Sup’, impossible d’entrer dans ces rédactions qui exigent, en plus de ces précieux sésames, un niveau de culture générale hors pair. Soit la géographie ne fait plus partie de la culture gé, soit les parisianno-journalistes (néanmoins confrères) ont sauté le CM2…

Hommage aux habitants de LA Vendée et de LA Charente Maritime par un autochtone de LA Charente.










Par Fred Sabourin - Publié dans : édito
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Jeudi 25 février 2010 4 25 /02 /2010 16:39


De Tom Ford. Etats-Unis 2009. 1h40. Distributeur : Mars Distribution. Avec : Colin Firth ; Julianne Moore…


A Single Man


A Single Man n’est-il qu’un film pour homo ? Sur le papier (glacé des magasines glamour) ça y ressemble : esthétique esthétisante, beaux mecs cintrés dans des chemises immaculées, coiffures impeccables et joues imberbes, californian way of life où on se baigne nu (vraiment ?), whisky et Lucky Strike à gogo, femmes blondes et parfumées juste pour le décor et un petit plus de sensualité – mais toujours pour souligner celle des mâles. Ajoutez de la musique chic, mélange de classique et de jazz vocal avec même un petit soupçon de Gainsbourg, des bagnoles années 50 et de splendides villas. Tout y est. On en crève d’envie.
En réalité, A Single Man est un film sur la vieillesse, l’âge, la fuite du temps, retournez le thème dans tous les sens, c’est celui-là qui compte.
Lorsque cette jeune fille blonde à tresses impeccables sur une robe azur non moins impeccable, plante son regard bleu et innocent dans celui de George (Colin Firth, impérial), c’est à nous, spectateur jusqu’ici séduit par le désir de suivre à la trace cet homme singulier, qu’elle murmure : « tu as beau faire le beau, ta jeunesse fout le camp, mec ». C’est là toute l'ambigüité quand on aime les garçons : combien de temps sera-t-on désirable, beau, jeune, riche et sans matière grasse ajoutée ? Combien de temps dure cette insouciante jeunesse ? Combien de fois peut-on en jouir ? Qui la rompt comme un vieux crouton de pain et nous laisse sur le carreau d’une vie d’un coup devenue fade et sans saveur ? Est-ce la mort, comme celle de Jim, après seize ans de fidélité ? Seize ans… comme l’âge d’un bon whisky, que George se sert par rasade, pour oublier qu’il ne fume plus depuis qu’il l’avait rencontré. Outrage du temps qui semble avoir une prise sur la blonde Charley (Juliane Moore), une vraie blonde précise-t-elle à George lors d’un dîner d’adieu où il n’y a pas que le gin qui soit « tonic ». Confidences sur un oreiller, et premier constat amère pour les hétéros de la salle : si la mort ne les avaient pas séparés, Jim & George seraient encore ensemble. Alors que Charley, elle…
« Nous sommes invisibles » : magistral cours du professeur George / Colin Firth, qui se verra rendre l’ascenseur par le jeune Kenny, avant d’aller à l’échafaud ? A Single Man est sans doute trop beau pour être vrai : les couleurs y sont changeantes, comme le ciel de nos âmes, comme la teinture de nos costumes. Flamboyante jeunesse, grisaille de la quarantaine, sépia pour la fin de vie, et les regrets qui l’accompagnent. Traveling avant dans cette fac où George, qui ne se remet pas de la mort de son compagnon huit mois après, et décide que cette journée sera la dernière, à contre-courant des étudiants dont l’insolente jeunesse croise l’homme mort, déjà.
Une scène, une seule, pour terminer : un enfant de cette « american way of life », jaillissant devant George avec une mitraillette factice entre les mains. Son visage couvert d’urine comme un chien pisserait sans vergogne sur ce qui lui est indifférent. Et cette réplique de Colin Firth : « arrête de tuer des gens ». La jeunesse tue.
C’est tout cela et bien plus encore, A Single Man, un film qui a singulièrement des c…





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Par Fred Sabourin - Publié dans : chronique cinéma
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Mercredi 24 février 2010 3 24 /02 /2010 22:05



Les conséquences de la crise que nous vivons sont nombreuses. Mais certaines sont inattendues. Le chômage – ou la crainte d’y tomber – est tel que d’anciens ministres de la mitterrandie acceptent n’importe quel poste proposé par le Prince Tout Puissant de la République. Comme les Auvergnats : « quand il n’y en a qu’un, ça va, c’est quand il y en a plusieurs que ça pose problème ».
Il y a pire : certains anciens ministres ont du mal à savourer le quotidien de leurs mandats électifs retrouvés. On connaissait une ancienne garde des sceaux devenue avocate par « validation des acquis d’expérience » (ainsi elle sera peut-être la première victime de sa fameuse carte judiciaire). Le meilleur nous avait échappé. Que devenait Santini, après avoir brillé comme secrétaire d’Etat à la fonction publique ?
Et bien il allait voir Madame Irma, pour y lire dans sa boule de cristal et dans les astres les résultats des prochaines régionales. Avant le désastre ?



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Par Fred Sabourin - Publié dans : quelle époque !
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Mercredi 17 février 2010 3 17 /02 /2010 20:00



Der Spiegel


Etrange sentiment devant la couverture de l’influent hebdomadaire allemand Der Spiegel (traduction : « la glace »). Les buralistes français ne s’y sont d’ailleurs pas trompés : ordinairement planquée ou recalée dans les coins, cette presse étrangère trouve une bonne place dans les présentoirs depuis une semaine.
C’est très racoleur, je vous l’accorde. Le titre est sans équivoque : Die scheinheiligen, que l’on peut traduire par : « les hypocrites ». En sous titre : « l’Eglise catholique et le sexe ». A l’heure même où Benoît Seize reçoit les évêques irlandais au sujet des années de scandales pédophiles qui secouent la terre des O’Conneil et O’Kallaghan, cette couverture fait figure de bombe (sexuelle ?). L’Eglise allemande serait-elle demandeuse d’une opération « vérité – épuration » des brebis galleuses au sein de ses rangs ? C’est en tout cas ce que laisse entrevoir la série d’articles dans l’un des plus influent hebdomadaire d’information d’outre Rhin.
On s’interroge, de ce côté-ci de la ligne bleue des Vosges : une telle couverture ne déclenche-t-elle ni foudres ni interpellations publiques pour le moment ? On ose à peine imaginer ce qu’il en serait si, à la place de ce splendide cardinal à la main baladeuse, on y voyait d’autres prélats d’autres religions monothéistes, affublés du même titre. Une affaire d’Etat assurément ! Provocation, cris d’orfraies, condamnations unanimes, ouverture du 20h…
A moins que tout cela n’illustre la vertu évangélique de l’aumône, dont le carême approchant fera lire publiquement le récit de Matthieu ou de Luc :
« Quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que donne ta main droite ».

Si tel était le cas, on en aurait der spiegel dans le dos !





Par Fred Sabourin - Publié dans : concept
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Jeudi 11 février 2010 4 11 /02 /2010 19:11



« C’est un buffet pour la presse là ! Ne vous servez pas svp ! C’est pour la presse ! ». La chargée de communication de la sous-préfecture de Vendôme a beau faire de la résistance, les gorilles ont déjà englouti deux viennoiseries humidifiées dans un petit noir. Noire, c’est aussi la couleur de leurs parkas et costumes. « Les hommes du Président » viennent d’investir la salle de presse de Morée, petit bourg de 1000 âmes dans le Perche vendômois, aux limites du Loir-et-Cher. Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal, fatigués de porter leurs misères hautaines, de leur œil bleu acier ils ont chouffé dans tous les coins, ouverts toutes les portes, et jeté un œil suspicieux aux « journaleux » qui tentaient – en vain – de se connecter à internet. Ca tombait bien, Il venait parler de ruralité et de « fracture numérique », flanqué de plusieurs ministres et porte-serviettes, dont NKM, secrétaire d’Etat chargé des nouvelles technologies. Il est 8h45, le Président n’arrivera que dans une heure trois quart, mais déjà les tasses sont pleines, et la tension palpable.
Palpés, nous l’avons été en arrivant dans la salle des fêtes (mal nommée pour une fois) de Morée. Portillon, vide poche, fouille au corps. Mon caban a sonné évidemment, les boutons d’officiers de marine étant plus compatibles avec les embruns du large qu’avec la sécurité intérieure. Puis on nous a badgé. Et offert un café donc.
A 9h, une horde de journalistes parisiens chaudement vêtus et croulant sous les besaces remplies de matériel technologique, franchit la porte. Comme en terrain conquis, ils prennent d’assaut les prises de courant et s’étonnent, aussi, qu’internet « ne marche pas ». Déjà les persifleurs persiflent sur la « ruralité » du lieu. Même les "Ail faune" sont intermittents, c'est dire si on doit être dans un trou.
A 9h30, branle bas de combat, tout le monde dans le car affrété spécialement pour la presse, direction Cormenon pour la visite d’une usine de traitement de surface. Classée « sévéso » (ça veut dire que ça peut brûler d’ailleurs ça a déjà brûlé trois fois), on nous précise bien de ne pas cloper trop près de la porte. Le hangar dans lequel nous attentons Monsieur le Président est glacial. Il commence à neiger. Justement on s’en grillerait bien une. L’équipe cynophile passe avec un jeune berger allemand qui renifle partout, au cas où une bombe… Alors que la bombe est à l’intérieur, produits chimiques inflammables à tous les étages.
Enfin, Il arrive. Les employées sont aux avants postes, appareils numériques en main (alors qu’on vient d’engueuler les photographes qui n’avaient pas le bon badge en précisant « pas de photos sans le badge ! Seules l’AFP et l’AP sont accréditées ! »). La com’ élyséenne va encore en prendre un coup. L’ambiance est électrique. Je serre mon micro dans la main droite, autour de nous, les gorilles en costards sombres sont comme des corbeaux : partout.
Visite au pas de charge, mais Il prend le temps de toucher des pièces mécaniques exposées pour l’occasion. Des petits ateliers sont disposés avec un employé derrière : ne manque que la vitrine ou les barreaux pour faire musée vivant. Rapidement, les « petits médias » locaux sont distancés par speedy-président (qui ressemble de plus en plus à De Funès !). Je me trouve largué au-delà de la ligne des 22 et je remarque à ma gauche une femme très maquillée avec un grand châle jaune - orange : Roselyne ! C’est Bachelot qui se promène dans l’usine en devisant avec un gars de France Bleue. Je m’approche pour profiter de la conversation et une minute après, le concurrent fout le camp, elle se retrouve seule. J’en profite pour tendre le micro et c’est quasiment bras dessus, bras dessous que durant 3 mn 24s (c’est inscrit sur mon petit enregistreur numérique) je l’interroge sur « les maisons de santé pluridisciplinaires ». A la fin, j’hésite à lui dire que ma mère l’adore, surtout depuis le coups des Crocks roses (des sandales à chier qu’elle avait un jour aux pieds) et que personnellement, quand Cantelou l’imite sur Europe 1 je me bidonne. Un éclair de bon sens fulgurant m’empêche de sortir cette idiotie.
Puis Il discute avec les employés, de tout, de rien (le PSG notamment !). Je vise NKM, mais elle ne le quitte pas d’une semelle. Les appareils photos numériques des ouvrières crépitent. Je repense à la régisseuse de l’Elysée et son coup de sang contre les journalistes non accrédités photos de tout à l’heure… Du coup, je sors mon téléphone portable, et je fais aussi des photos. Oui, elles sont floues, mais je m’en fous, j’ai enfreins la loi en sa présence !! Je savoure ma petite victoire.
Et puis hop ! Tout s’enchaîne ! La C6 blindée attend dehors, il neige de plus en plus. Au loin, on aperçoit les contribuables de Cormenon congelés qui applaudissent avec leurs moufles, mais c’est à peine si on les entend. Nous remontons dans le bus direction Morée où la situation a changé : la population du village a doublé, ce qui n’a jamais dû arriver dans l’histoire. Une foule fouillée au corps a pris place dans la salle des fêtes. Discours, applaudissements. Tout est en ordre.

La presse, dans la salle ad-hoc, est assise à des tables, comme à l’école. On nous a distribué le discours des « conclusions des Assises de la ruralité », qui était sous embargo jusqu’à midi.
Et là, croyez-moi si vous voulez, mais tous les journalistes – des médias les plus nationaux au plus locaux – se prennent la tête entre les mains, penchés avec application au dessus du texte. Il en est même un qui mâchouille son stylo, comme le jour du bac de français.
Et chacun de se demander, au terme de cette demi journée pas comme les autres et pour certains, routinière : « mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir raconter ? ».



Sarkozy Loir&Cher (10)


Sarkozy Loir&Cher (3)Tendance floue, c'est un concept...



reduit RCF, TF1 & Mercier(1)
"ce qui ne passe pas sur TF1 n'existe pas", disait Robert Namias.



Par Fred Sabourin - Publié dans : l'évènement
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