émerveillement

Lundi 20 novembre 2006 1 20 /11 /Nov /2006 22:07

                                                          enfance en face

Quelques notes de piano que ne renierait pas Keith Jarrett, une lampe allumée réchauffant, elle aussi, de son orange tonalité : le piano, c’est clair, devient comme du miel.
A l’heure où la nuit nous enveloppe de peur, une étrange et douce langueur vient envahir les coeurs.
Sans farce, ou si peu, les enfants s’approprient le mobilier.
Les jeux d’adultes deviennent des jouets d’enfants, et les touches du piano s’embrasent sous leurs doigts si tôt assurés, et pourtant si peu agiles : trop petits, et tellement potelés,
pleins d’espoirs  quand la note, au hasard ou au vol, est inspirée.

Il fait dimanche, le soir, dans le calme retrouvé de la maisonnée,
On a rangé les verres : le vin s’est évaporé, il n’en reste que des miettes. Les invités sont partis, et la famille est réunie.
C’est l’heure où les grands baillent aux corneilles
Alors que leurs enfants crient qu’ils n’ont pas sommeil…

Toi l’enfant qui vient de naître, Castafiore range tes déguisements et montre toi, sans paraître !  Derrière l’étrange atmosphère qui mouille les yeux des grands,
Tes doigts agiles malgré leur empressement,
Font courir sur nos cœurs, les notes d’un amour trans - parents.



 

Par Fred Sabourin - Publié dans : émerveillement
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Mercredi 1 novembre 2006 3 01 /11 /Nov /2006 00:00

                                                           Frédéric


Oh, quand tu t’endors
Est-ce que tu penses à moi
Qui suis entre les bras d’un homme libre
Dans un lit à nous
Et quand tu t’éveilles
Est-ce que tu penses à moi
Qui vis sans me soucier des portes et des fenêtres

Aussi loin que tu puisses être
Tu restes avec moi comme un frère enfermé
un ami égaré
Frédéric

Oh, quand tu espères
Est-ce que tu penses à moi qui espère avec toi
Debout dehors de l’autre côté
Et quand tu respires à fond
Dans la faune des hommes de ta geôle
Garde les yeux fermés

Aussi loin que tu puisses être
Tu restes avec moi comme un frère enfermé
Un ami égaré
Frédéric
Entends ma voix qui traverse tes barreaux

Les gestes les plus simples
Deviennent étrangers
Les plaisirs les baisers
Tu les as oubliés
Tout te manque
Frédéric
Entends ma voix qui détestent tes barreaux

Paroles et musique : Jeanne Cherhal (Editions Tibia) www.jeanne-cherhal.com

(merci Jeanne.....................)

Photos : Fred Sabourin.

 

 

Par Fred Sabourin - Publié dans : émerveillement
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Lundi 16 octobre 2006 1 16 /10 /Oct /2006 00:00

                                         Une Pachtoune

             

                La première fois, j’avais cru rêver. Ca c’était passé très vite, à un carrefour très animé près d’un grand centre commercial de Bombay nord. Le rickshaw tentait de faire demi tour. Elle attendait pour traverser. Son regard, transparent, m’avait cloué sur place. Le temps de sortir l’appareil photo du sac, elle avait disparue, et nous avions repris le fil de la circulation.
La deuxième fois, je ne rêvais plus : elle était assise dans la rue, près de Marine Drive, quartier huppé du sud de Bombay. Encore une fois, c’est son regard qui m’a percé. Je me rappelais la couverture du « National Geographic » il y a une vingtaine d’années, le regard de cette fille afghane, bleu acier comme on en voit rarement. Je rêvais en secret de tomber sur un regard comme celui-ci un jour de ma vie. Je me demandais simplement si elle accepterait la photo. Elle ne disait rien, du moins elle ne disait rien avec des mots. Seuls ses yeux parlaient. Les yeux d’un félin, verts et gris, minéraux. Des yeux perçants. Et en même temps d’une incroyable douceur. C’était vrai : on peut lire à travers les yeux des personnes rencontrées. L’oubli est alors impossible.
Dans les yeux de cette femme pachtoune, je voyais son âme.
Quant aux miens, on aurait pu y voir battre le cœur, qui mesurait sa chance. J’ai pris la photo, et d’ailleurs elle est légèrement floue. J’avais peur de voler le secret qui la rendait si étrangère à la scène.

(Pachtouns : tribus du nord-est du Pakistan et du sud de l’Afghanistan)

 

Par Fred Sabourin - Publié dans : émerveillement
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Vendredi 6 octobre 2006 5 06 /10 /Oct /2006 00:00

                                 l'enfance de l'Inde...

Beaucoup demandent ce qu'on rapporte comme souvenir du continent indien. Réponse : une somme d'images, de bruits et d'odeurs, certaines immortalisées par la magie du numérique, d'autres qui resteront simplement gravées dans la mémoire. Seul l'oeil les aura imprimé. Ce qui frappe sans doute le plus, c'est l'écrasante proportion de jeunes de moins de 25 ans : presque 50% de la population. Ce qui dynamise considérablement la vie quotidienne, lui donne sa vitalité, son souffle ravageur.

La vieille Europe, peut trembler sur ses vieilles guibolles usées par trop de combats d'arrière garde : la jeunesse d'Asie pourrait ne faire qu'une bouchée de ses idéaux nostalgiques !

En attendant, voici quelques regards et quelques rires qu'on entend résonner en silence. Comme autant de questions qui ne se disent pas encore, mais peut-être autant de réponses devinées dans ces regards d'enfants de l'Inde.

Par Fred Sabourin - Publié dans : émerveillement
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