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                                                             ... Fred Sabourin

           

Bloc-notes, photos, articles, chroniques, éditoriaux, poèmes, carnets de voyages, essais...
                             (depuis le 9 février 2006)

 

 

"Fais de l'obstacle la matière même de ton action"

(Marc Aurèle)

     

Jeudi 3 janvier 2008

                                                                  Ex pulsion…


Pour le grand retour de la chronique quasi quotidienne d’un journaliste localier, aujourd’hui c’était manif dans les rues de Privas. Entre deux bruits de tronçonneuse (les services municipaux enlèvent les sapins de Noël), ça sentait le sapin pour une famille arrivée en France depuis 2004. Mais sans papiers. D’origine algérienne, ils vont retourner en Algérie, via Lyon et son centre de détention, où cette famille (dont un enfant de 15 mois) va goûter aux délices de la garde-à-vue « à la française ».
Ce qui a donné l’occasion aux quelques soixante personnes massées devant la préfecture (d’où émane l’ordre de reconduite à la frontière) de crier leur colère au son de : «pas  d’enfants en  prison ». Trahison, mensonge et déception : les manifestants donnaient de la voix, mais la place de la Mairie est si grande qu’ils paraissaient à peine.
En télé ça ne passerait pas. Mais pour la radio c’est du bon son.  Pourtant, celui-là, je m’en passerais bien…



par Fred Sabourin publié dans : actu
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Lundi 17 décembre 2007

                                      

                                       

                                             Les voix du Seigneur sont pirates de l’air


         Qui a dit qu’il ne se passait rien en Ardèche ? Oui, je sais, vous avez déjà lu ça, mais celle-ci, elle est bien bonne…
A la rédaction de RCF Ardèche, à Privas, cet après midi, nous préparions tranquillement, mais efficacement, l’édition du journal du lendemain matin. Au milieu de l’excitation des doigts qui s’agitent fébrilement au dessus des claviers et des interviews téléphoniques, le téléphone sonna. Rien d’anormal jusqu’ici, ceci se répète plusieurs fois par jour. Mais à l’autre bout du fil, c’était le CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) nous menaçant d’une amende si on ne coupait pas immédiatement l’antenne. Raison invoquée : la fréquence brouille les communications de… l’aviation civile. Au risque de bêtifier le propos, je l’éclaircis (après vérification téléphonique auprès de la Direction de l’Aviation Civile elle-même) : lorsqu’un avion de ligne survole le département de l’Ardèche, le pilote peut entendre, dans le cockpit la radio… RCF  ! Ni plus ni moins. Vous imaginez ? Dans notre beau pays de France, en 2007, le danger des vols en avion ne vient pas des explosifs que vous pourriez dissimuler dans vos semelles, mais de la radio. Et pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit de radio chrétienne francophone… Vertiges du contre pouvoir.


On savait les voies du Seigneur impénétrables. On ne savait pas que la voix du Très Haut pouvait perturber les avions. Flibustier malgré lui, Dieu est donc un « pirate de l’air ».
Ca me (nous) laisse sans voix…



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Vendredi 14 décembre 2007

                                                      « quatorze juillet : rien »

        C’est ce qu’aurait inscrit Louis XVI sur son journal personnel le fameux jour de la prise de la Bastille.
A
Privas, depuis quelques jours, comme vous avez pu le constater, il ne se passe rien, puisque je n’écris rien. En réalité, bien sûr que si, il se passe des choses ! La municipalité redouble d’efforts pour installer les décorations de Noël. Sans doute un des rares village de France à ne pas customiser ses rues de guirlandes et autres sapins Ikéa sitôt la Toussaint dans le dos… Il y a même des maisonnées en bois sur la grand place, signe qu’un marché de Noël se prépare : on pourra donc acheter les mêmes objets inutiles et sans doute manufacturés en Chine, qu’à Strasbourg, Lyon, Toulouse, Rouen, Nantes, Angoulême ou Paris (villes où j’ai pu constater les méfaits de cette standardisation du merchandising saisonnier).
Bref, pas grand chose à se mettre sous la dent. Heureusement, l’actualité nationale vient à notre secours, et on rirait volontiers de la tartuferie si elle n’était pas pitoyable, dans deux évènements qui semblent si éloignés et pourtant très proches. La visite de Kadhafi, l’encombrant Kadhafi, dont il reste encore, à l’heure où j’écris ces lignes, 24 heures de présence en France : comment va-t-il les occuper ? Et surtout comment va-t-il faire suer les services protocolaires de l’Etat ? Va-t-on lui organiser une corrida place de la Concorde  ? Ou une chasse à courre dans le parc du château de Versailles ? Si sa toile de tente était un igloo qui se monte en deux secondes et estampillée du logo d’une association au nom d’un héros de Cervantes, il y a belle lurette qu’il aurait été jeté dans la Seine  !
Et puis, on l’a appris ce soir, Colonna a pris perpéte. Sans preuves, ou si peu. A qui profite le crime ? Ni à la République , qui pleurait un de ses dignes représentant, ni à sa famille, d’une dignité qui force l’admiration.
Aux innocents, les mains pleines ? Le premier serre des paluches à tour de bras, et repart avec des avions. Le second les brandit, mais menottées, criant aux siens : « ne pleurez pas ! Ne pleurez pas ! ». On ne va pas en mourir de rire non plus.

Heureusement, pour se consoler de tout ce barnum d’avant fêtes, avant le déferlement de cadeaux, de bouffe et l’obligation de se réjouir, heureusement il y a Le Renard et l’Enfant au cinéma. Luc Jacquet, qui nous avait enchanté avec La Marche de l’empereur il y a quelques années, remet le couvert avec un film animalier, mais pas seulement : Bertille Noël-Bruneau crève l’écran, a star is born comme on dit parfois. Avec un nom pareil, à cette saison, c’est déjà un cadeau. Elle n’a pas grand monde pour lui donner la réplique, puisque Luc Jacquet a eu la bonne idée de conserver le renard muet. Tout passe par son regard et sa frimousse aux taches de rousseur qui nous invitent à la contemplation.

Le Renard et l'enfant - Bertille Noël-Bruneau

La moral du film, a elle seule, suffit à recadrer non seulement les évènements décrits ci dessus, mais encore les propos de l’auteur de cette modeste chronique : à chaque fois que la petite fille tente de capter l’animal pour elle seule, ou le domestiquer, ou même de l’enfermer, il s’enfuit. Signe qu’il ne faut pas confondre amour et possession. Elémentaire, certes. Mais ô combien rassurant, au fond.
Ah si ! J’allais oublier : le renard en question est Ardéchois ! Vous voyez bien qu’il se passe quelque chose par ici…

Le Renard et l'enfant - Bertille Noël-Bruneau


Le Renard et l'enfant - Bertille Noël-Bruneau

 


Le Renard et l'enfant - Bertille Noël-Bruneau

 

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Lundi 10 décembre 2007

                                                            

       

          Au détour de la place de la République , j’enquille la rue de la République , en me demandant si, comme à Lyon ou d’autres villes célèbres de France, ont dit « rue de la Rep ’». Voilà bien un quartier républicain me dis-je, en regardant la carte du « Petit Resto », estaminet privadois à la carte triste comme un jour de carême. Deux jeunes femmes sortent de l’auberge (dont les boiseries sont peintes en… rouge !), et l’une d’elle dit : « ah oui, tu vois, c’est une pub pour Dubonnet. Dubo, Dubon, Dubonnet ! ».
Peinture murale d’époque, pour une publicité qui ne l’est pas moins, et tellement emblématique de la France d’avant, celle qui sentait bon la lavande dans les armoires où nos grands-mères rangeaient leurs dentelles, et les pivoines de nos fêtes Dieu.
Du coup, j’ai peur « d’ouvrir la radio », comme on disait dans l’temps. Je ne voudrais pas entendre Radio Paris

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Samedi 8 décembre 2007

                                                Coup de cœur

Le nouvel album de Pauline Croze vient de sortir, il s’appelle « Un bruit qui Court », et on va en reparler rapidement, si vous voyez ce que je veux dire…
En attendant, une « mise en oreilles » s’impose en cliquant là
 
Æ http://www.lesinrocks.com/index.php?id=63&tx_critic[notule]=208248&tx_critic[backPid]=1&cHash=594958957b 


par Fred Sabourin publié dans : émerveillement
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