Mardi 8 janvier 2008
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18:16
Entre midi et deux : re-création
Ah celle là elle est trop belle, je vous la raconte. Ne passons pas à côté des choses simples : j’habite à côté d’une école maternelle. La cour est en contrebas de mon petit jardin qui ne sent pas le métropolitain. Entre midi et deux, comme on dit, je rentre déjeuner chez moi. Aujourd’hui, il y avait du soleil, ça faisait longtemps qu’on ne l’avait pas vu celui-là ! Le thermomètre indiquait 22° sous les rayons du beau blond. 22°… le rêve.
Au moment de repartir à la rédaction, je commence à refermer les fenêtres, puisque le côté sud offre la possibilité de le faire rentrer dans la maison. Dans la cour, la cloche sonne. Une clochette, une vraie, qui fait « dling dling », et non pas « bling bling » comme la montre du Président. Les enfants se rassemblent au pied d’un escalier. Certains se bousculent. D’autres s’étreignent dans les bras. Ils sont agités. La maîtresse a alors une idée : une partie de cache-cache. Explosion de joie chez les enfants ! Commence alors un des plus vieux jeu du monde : compter jusqu’à vingt, la tête contre un arbre. Se retourner. Chercher. Trouver. Crier. Au passage, j’apprends qu’un des garçons se nomme Enguerrand : il s’agit bien d’une école privée catholique…
Je suis resté là, derrière ma fenêtre encore ouverte, à regarder au soleil cette partie de cache-cache élémentaire. Naïve. Simplissime. Un rayon de soleil dans l’actualité de ces jours froids : quotas d’immigration, marins pêcheurs disparus en mer, inflation, accrochages entre nations, pouvoir d’achat…
Entre midi et deux, dans cette cour d’école, c’était re-création. Un des rares bien qui ne s’achète pas.
Photo David Lerouge (http://simerah.spaces.live.com/). A Trouville, un dimanche en avril, sous le soleil exactement.
Par Fred Sabourin
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Mardi 8 janvier 2008
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12:52
A la gare de Valence
A la gare de Valence, mercredi 2 janvier pour son TGV,
Ils sont arrivés en avance.
Machinalement, sans rien dire, il a déposé sa voiture dans le parking souterrain.
Et elle a pris sa main.
A la gare de Valence, après quelques pas de danse.
Ils n’ont presque pas parlé, en attendant son TGV. Se sont juste enlacés, dans leurs bras serrés.
A la gare de Valence, après quelques pas de danse.
Autour d’eux des touristes, qu’elle regarde les yeux tristes.
Grosses valises, des paquets. Cette fois, c’est sûr, c’est janvier.
Le haut parleur a beau parler, l’heure n’a pas encore sonnée.
Pourtant, venu de loin, et semblant fataliste,
Son TGV a pointé son nez.
A la gare de Valence, après quelques pas de danse
Derrière la vitre fumée, il ne l’a pas vue pleurer.
A la gare de Valence, en remontant le quai,
Sans faire de pas de danse.
Dans sa main, il a serré ses clés.
Elle non plus, ne l’a pas vu pleurer.
Mercredi 2 janvier, pour prendre son TGV
Ils étaient arrivés en avance,
A la gare de Valence…
Par Fred Sabourin
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Dimanche 6 janvier 2008
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11:02
La nuit est un voyou
La nuit est un voyou qui vous tombe sur le dos sans prévenir.
A bras le corps, à bras le cou, à force d’étreindre le jour,
La nuit a raison tout court.
Dans sa course folle, le jour semble lutter,
Le combat dure huit ou neuf heures.
Puis s’achève dans le pré en pleurs,
De pluies arrosées les herbes folles elles mêmes vont se coucher.
Les vierges sages, elles, semblent ne pas être prises au dépourvu.
Elles rentrent chez elles et allument leurs nids de rideaux sombres soutenus.
De son blouson noir, la nuit se vêt, et son couteau, dans un dernier éclat du jour
Pourfend de sa griffe assassine les beaux jours de l’amour.
La nuit est un voyou. Gare à vous, gare à nous, gare à toi.
Garde toi d’oublier que demain matin,
Le visage encore endormi embrassant l’oreiller,
A travers les volets, à l’heure où la vie hésite entre les loups et les chiens,
La nuit enfin incarcérée laissera le jour se lever.
Par Fred Sabourin
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Jeudi 3 janvier 2008
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17:29
Ex pulsion…
Pour le grand retour de la chronique quasi quotidienne d’un journaliste localier, aujourd’hui c’était manif dans les rues de Privas. Entre deux bruits de tronçonneuse (les services municipaux enlèvent les sapins de Noël), ça sentait le sapin pour une famille arrivée en France depuis 2004. Mais sans papiers. D’origine algérienne, ils vont retourner en Algérie, via Lyon et son centre de détention, où cette famille (dont un enfant de 15 mois) va goûter aux délices de la garde-à-vue « à la française ».
Ce qui a donné l’occasion aux quelques soixante personnes massées devant la préfecture (d’où émane l’ordre de reconduite à la frontière) de crier leur colère au son de : «pas d’enfants en prison ». Trahison, mensonge et déception : les manifestants donnaient de la voix, mais la place de
la Mairie
est si grande qu’ils paraissaient à peine.
En télé ça ne passerait pas. Mais pour la radio c’est du bon son. Pourtant, celui-là, je m’en passerais bien…
Par Fred Sabourin
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Lundi 17 décembre 2007
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18:59
Les voix du Seigneur sont pirates de l’air
Qui a dit qu’il ne se passait rien en Ardèche ? Oui, je sais, vous avez déjà lu ça, mais celle-ci, elle est bien bonne…
A la rédaction de RCF Ardèche, à Privas, cet après midi, nous préparions tranquillement, mais efficacement, l’édition du journal du lendemain matin. Au milieu de l’excitation des doigts qui s’agitent fébrilement au dessus des claviers et des interviews téléphoniques, le téléphone sonna. Rien d’anormal jusqu’ici, ceci se répète plusieurs fois par jour. Mais à l’autre bout du fil, c’était le CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) nous menaçant d’une amende si on ne coupait pas immédiatement l’antenne. Raison invoquée : la fréquence brouille les communications de… l’aviation civile. Au risque de bêtifier le propos, je l’éclaircis (après vérification téléphonique auprès de
la Direction de l’Aviation Civile elle-même) : lorsqu’un avion de ligne survole le département de l’Ardèche, le pilote peut entendre, dans le cockpit la radio… RCF ! Ni plus ni moins. Vous imaginez ? Dans notre beau pays de France, en 2007, le danger des vols en avion ne vient pas des explosifs que vous pourriez dissimuler dans vos semelles, mais de la radio. Et pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit de radio chrétienne francophone… Vertiges du contre pouvoir.
On savait les voies du Seigneur impénétrables. On ne savait pas que la voix du Très Haut pouvait perturber les avions. Flibustier malgré lui, Dieu est donc un « pirate de l’air ».
Ca me (nous) laisse sans voix…
Par Fred Sabourin
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