Vendredi 24 novembre 2006
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dans Paris…
Les rues de Bombay ont rendu l’âme, à qui elle appartient. Celles de Paris les ont remplacé, jamais autant animées, que la mégapole indienne. Mais pour l’œil et l’oreille de celui qui a le nez en l’air, la ville a le goût des autres que d’un doigt, on peut capter à l’aide de pixels numériques, le nouveau cœur à l’ouvrage…
Le théâtre permanent des rues n’est pas que beau, il est le reflet de la vie d’aujourd’hui : solitude des grandes villes, à ceci près qu’en Orient on y rencontre, parfois, de belles solidarités. Fi de la sinistrose ! Cet après midi le jeune homme de 23 ans « à la rue, et sans ressources puisqu’on ne peut prétendre au RMI qu’à 25 ans, et qui n’a pas d’autre choix que… », a ému une rame de métro : les pièces ont teinté, même la mienne, c’est dire. Nos doigts se sont effleurés, il a lu dans mon regard la détresse de celui qui « ne peut pas faire grand chose de plus ». Mais après coup, lisant dans le sien, je me suis dit qu’un regard accompagnant le geste, c’était sans doute déjà bien ! Malgré moi, intérieurement, je me disais : « je ne sais pas si ton histoire et vraie, mais tu es crédible ». A partir de quand l’est-on ? Quel degrés d’émotion faut-il atteindre pour cela ? Il est certain que les plus belles guibolles pourront s’afficher comme candidates à la magistrature suprême, si elles ne s’assoient jamais sur le skaï des transports en commun de France et de Navarre, elles pourront toujours courir…
Pendant ce temps-là, sous le pont, coule la Seine, et dessus, le petit train vert et blanc file vers l’Etoile, par Denfert.
Tout un programme…
Par Fred Sabourin
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Lundi 20 novembre 2006
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enfance en face
Quelques notes de piano que ne renierait pas Keith Jarrett, une lampe allumée réchauffant, elle aussi, de son orange tonalité : le piano, c’est clair, devient comme du miel.
A l’heure où la nuit nous enveloppe de peur, une étrange et douce langueur vient envahir les coeurs.
Sans farce, ou si peu, les enfants s’approprient le mobilier.
Les jeux d’adultes deviennent des jouets d’enfants, et les touches du piano s’embrasent sous leurs doigts si tôt assurés, et pourtant si peu agiles : trop petits, et tellement potelés,
pleins d’espoirs quand la note, au hasard ou au vol, est inspirée.
Il fait dimanche, le soir, dans le calme retrouvé de la maisonnée,
On a rangé les verres : le vin s’est évaporé, il n’en reste que des miettes. Les invités sont partis, et la famille est réunie.
C’est l’heure où les grands baillent aux corneilles
Alors que leurs enfants crient qu’ils n’ont pas sommeil…
Toi l’enfant qui vient de naître, Castafiore range tes déguisements et montre toi, sans paraître ! Derrière l’étrange atmosphère qui mouille les yeux des grands,
Tes doigts agiles malgré leur empressement,
Font courir sur nos cœurs, les notes d’un amour trans - parents.
Par Fred Sabourin
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Mercredi 15 novembre 2006
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Un petit coup de pouce et de pub pour un blog sympa sur une idée originale : « Nature insolite » , le blog réalisé par Marie et Maryse, qui n’ont pas les yeux dans leurs poches et qui n’oublient pas l’appareil photos dans le coffre de la voiture… Allez-y voir, pour « voir autrement » !
http://natureinsolite.unblog.fr
… à Paris aussi, si on regarde bien, on peut voir « autrement » la ville et son contenu. D’autres l’ont fait (et des célèbres !), mais il n’est pas interdit de se mettre à leur école.
Une plaquette de chocolat à celui ou celle qui trouvera quelle est ce double clocher et surtout d’où peut-on le voir de la sorte ? !
et comme on est généreux, en voici d'autres (la plaquette de chocolat est aussi en jeu dans ce qui suit...!)
Par Fred Sabourin
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Jeudi 9 novembre 2006
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au nom des mers : les navigateurs …
La récente arrivée des concurrents de la Route du Rhum donne une occasion de plus, pour qui sait observer la poésie du quotidien, de se réjouir d’un petit phénomène délicieux. C’est Lionel Lemonchois qui a remporté, à vitesse grand V,
la victoire. Les yeux cernés, il ne cache pas sa joie. Nous non plus. Il paraît que dans le milieu marin, on le surnomme « le bon choix ». En y regardant de plus près, on peut constater que le nom des navigateurs ne manque pas d’un certain à propos ou d’une certaine forme de poésie. Poésie qui tranche un peu avec la violence des éléments qu’ils affrontent, sur des « formules 1 des mers » certes, mais si fragiles, vu d’en haut.
Soit donc le nom des navigateurs : Lionel « Lemonchois », Jean « Le Cam », JP « Dick », Roland « Jourdain », Ellen « MacArthur », Michel « Desjoyeaux » (un vrai bijou celui là !)… Et puis on peut ajouter Marc « Thiercelin », Sébastien « Josse », et avant eux Philippe « Poupon », Titouan « Lamazou »… Et encore bien sûr, « Kersauzon, « Tabarly »... Tous ont cette particularité d’avoir des noms qui sonnent et claquent au vent des mers comme la proue de leurs bateaux. Comme la dureté et l’étonnante beauté de leur vie. Comme une grand voile remontée ou réduite à grands coups de manivelle. Comme cette solitude des hommes de barre qu’ils adorent. Comme la fragilité de leur cœur qui se dissimule si bien sous leurs mains calleuses et un bonnet de laine, mais transparaît si fort dans leurs regards profonds. Le cœur au bord de l’écume.
Est-ce vraiment un hasard, ces noms si à propos qu’ils semblent inventés pour eux ? Ou bien sont-ils le fruit des bastons raclées sous la quille qui finissent par accoucher dans les ports où la plupart on vu le jour ? Du côté des montagnards, autres lieux où les éléments forgent le corps et le cœur des hommes, les plus aguerris se nommaient : Charles « Pack », « Chausenque », Philippe « Herzog », et le plus fameux d’entre eux : Frison « Roche ». On ne pouvait pas mieux dire…
Les éléments naturels, qu’ils soient paisibles ou déchaînés, aiment les gens qui ont un nom qui leur ressemble. Et nous aussi ! Aventuriers et poètes, les navigateurs font souvent « le bon choix », et il plait d’entendre leur nom : un appel au grand large...
(merci à Didier Roquigny pour la photo du haut : coucher de soleil dans les Cyclades. Et à Pascal Renoux pour la photo d'en bas : percée du soleil sur la mer)
Par Fred Sabourin
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Dimanche 5 novembre 2006
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12:25
sommeil à grande vitesse
Dans l’atmosphère ouaté d’une rame de TGV. Il est tôt ce dimanche, et le monstre de fer et d’électricité file à 300 km heure vers Paris, l’éclectique citée. Les voyageurs ont du se lever de bonne heure, et pas nécessairement de bonne humeur… Pourtant, il flotte dans l’air un « je ne sais quoi » de quiétude, un silence à la fois pesant et léger, comme la plume d’un oreiller. Il flotte dans l’air un parfum de demi sommeil, ou plus exactement de « second sommeil ». Comme le second souffle du coureur de fond. Le temps, le corps et la respiration semblent en apnée. Moi je ne dors pas, absorbé par la lecture de mon journal dominical. Mais je suis arrêté dans cette lecture par le flottement du silence cotonneux. Curieusement, il m’assourdit ! Dehors, le paysage défile, le regard est sollicité : couleur terre de France, vert foncé, vert pâle, rouge - orangé, feuilles jaunies, horizon bleu d’automne. On voit même des chasseurs, petits bonshommes kakis dans le lointain. Le soleil donne des reflets chaleureux à
la nature. Et
quand j’y regarde de plus près : il éclaire la nuit et le visage de deux couples assoupis dans des postures presque confortables malgré l’exiguïté des sièges. Ils ne sauront jamais le pacte passé entre le soleil, la brume, le silence, leur béatitude et moi. Je n’ai plus sommeil, contemplant celui des autres.
Le temps suspendu, mais à grande vitesse…
Par Fred Sabourin
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