Mercredi 11 juin 2008 3 11 /06 /Juin /2008 13:00
                                                                ados de dos

photo Nathalie Lescaille

        Lorsque vient le soir et qu’un ciel flamboie, avant que le rouge et le noir ne s’épousent, les ados (lescents) se retrouvent en bande. Alertés par textos ou par micro appels – allo ! T où ? Ok Jarive – ils se rassemblent, pour rien.

Pour rien, comme ça. Pour le plaisir. Tchatcher, fumer, téléphoner, persifler, renâcler, casser, regarder le temps qui passe, boire des coups et refaire le monde. Un café avec cinq pailles, car le pouvoir d’achat d’un ado est proche de zéro, malgré l’abondance de fringues de marque qu’il arbore fièrement, et qui coûtent un bon smic mensuel d’argent de poche.
L’ado moderne, comme le pré moderne ou le post moderne, aime les codes : vestimentaires (notez au passage le sac plastique d’une marque de fringues fabriquées par des enfants de dix ans en Inde ou en Chine, loin, là bas), capillaires, technologiques, « tektonique », verbaux. L’ado moderne cherche, et se cherche. Rien de nouveau sous le soleil.
Même au couchant, ce soleil-là, près d’un arc de triomphe d’une ville germanique, donne un je-ne-sais-quoi qui embrase l’horizon des soirs qui promettent tout, et ne définissent encore rien. C’est juste posé là, comme ça, devant vous, et ça n’attend qu’une chose : que vous preniez un cliché facile, en soupirant en vous même du temps qui a passé si vite…

Bordel de merde ! C’était hier, dites-vous. Sur un banc semblable. Avec un sweet sans capuche (car c’était ringard), et des jeans à revers. Et une coupe de cheveux que vous avez illico regretté en sortant de chez le coiffeur.

De dos, les ados nous ressemblent. Ils ont la légèreté des heures qui passent sans s’en rendre compte. Et qui, d’ailleurs, ne rendent de compte à personne.

Par Fred Sabourin - Publié dans : étonnement
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Vendredi 6 juin 2008 5 06 /06 /Juin /2008 19:00

                                                 Sur les traces de…




On dira ce qu’on voudra du personnage, mais il avait le goût de cette France profonde, d’où il était issu, sur les rives d’une Charente lascive, dans un gros bourg au nom prédestiné à la carrière politique, et historiquement figure d’une botte secrète « loyale, imprévue et décisive » : Jarnac. Mais il aimait également ces villages aux noms qui se dégustent comme le nectar produit sur leurs coteaux ensoleillés et néanmoins rudes :  Chénas, Chiroubles, Régnié, Pouilly, Fuissé, Villié-Morgon, Juliénas, Saint-Amour, Romanèche Thorins, Saint-Veran, Fleurie…



    Ces villages, ces bourgs fières et anoblis, semblant endormis mais pourtant actifs dès que la vigne demande le soin qu’il faut lui apporter, se ressemblent. Un clocher, quelques maisons greffées sur ses flancs, des collines aux demeures bourgeoises de paysans instruits, sachant distinguer le vrai du faux, le solide du futile, l’amitié de l’étrangeté des caractères indociles, goûtant l’alternance des saisons avec cette sagesse toute paysanne qui fera toujours défaut à l’urbain que nous sommes devenus.

Improbables pérennités granitiques des soulèvements alpins proches et pourtant si éloignés, deux roches, comme posées là, à Solutré, attiraient chaque Pentecôte les pas d’un marcheur tranquille, passionné par les arbres, la littérature, une certaine forme de mysticisme (je n’ose dire catholicisme !), la capacité machiavélique à faire se liguer ses cercles d’amis les uns contre les autres pour parvenir à ses fins. Autour de lui, d’autres marcheurs, des courtisans ceux-là, à l’instar des nobliaux désoeuvrés de la cour de Louis XIV à Versailles, qui, salissants leurs genoux cagneux et vérolés, murmuraient sur son passage : « Sire… Marly… ? ». Espérant gagner les faveurs du roi pour être de ceux – privilège d’un jour – invités dans cette demeure où il fallait en être pour exister.



A Solutré, on a vu des ministres, des gens du show-business, des journalistes en vogue, un beau-frère sépharade devenu commissaire de police, et bien d’autres désormais tombés dans l’oubli, Icare déchus qui se sont brûlés les ailes si près du pouvoir, croyant tenir l’insaisissable. On ne regarde pas le soleil en face sans ses Ray-Ban.
A Solutré, désormais, le calme règne, comme il a toujours régné les 364 autres jours de ces deux septennats où le président n’y était pas.



Les roches sont toujours là, miraculeusement épargnées par l’érosion, veillant sur les vignes légendaires donnant des vins d’exception. Et une cuisine à la hauteur de l’événement.
J’ai juste retrouvé un chapeau… Il ne reste plus qu’à trouver une tête.



Par Fred Sabourin - Publié dans : étonnement
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Mercredi 4 juin 2008 3 04 /06 /Juin /2008 14:00

                                           Beau - Jolais



Soyez sûr que ce conseil sera suivi à la lettre !
N’en déplaise à tous les oiseaux de mauvaises augures censés protéger la santé du vulgum pecus à coup de lois restrictives, s’immiscent dans le quotidien privé à la manière de.
Pour illustrer le propos, et l’accompagner d’un solide repas équilibré, voici une petite pépite du genre, signée Thomas Dutronc, dans son album Comme un manouche sans guitare.

 

« Chère mamie, cette petite carte de Vendée où nous sommes pour quelques jours...
Oui, vous vous rappelez ces cartes postales quand on était petit, il fallait toujours se forcer à les écrire. Il y avait, voilà, fallait écrire à notre tante, notre grand tante, notre grand oncle...Et puis, bah, ça nous barbait, alors nos parents, ils écrivaient la carte et puis on signait en bas...
Puis maintenant, le temps a passé. Quand on ouvre notre boîte aux lettres, c'est nous qui aimerions bien recevoir plus de cartes postales. Je me rappelle de mon grand père à la fin de sa vie, il avait 86 ans, sa femme était morte, il rentrait tout seul. Il avait du mal à pousser sa porte, elle était lourde et puis, il y avait sa boîte et dedans il y avait des conneries de serrurerie, des prospectus, des machins et puis, je me suis dit putain, je lui écrivais pas assez de cartes, j'aurais voulu lui écrire plein de cartes et voilà, le temps passe et bordel !
Le temps passe toujours trop vite hélas. Nos amis souvent les plus chéris, les meilleurs sont partis, sont loin, sont malades, sont morts... Parfois, dans la nuit, on ne sait plus très bien qui on est, on ne sait plus où l'on va. Parfois, l'angoisse nous prend le coeur, parfois, la personne qui dort à côté de nous est un étranger.

Alors moi je sors et je me commande un steak-frites, un bon gros steak avec des frites bordel ! Y'en a marre de ce poisson grillé ! De ces haricots verts ! A mort le haricot ! Vive la choucroute !
Un bon gros morceau de viande et des pommes de terre bien grasses. La révolution du saucisson est en marche ! Venez avec moi vous roulez dans la paella, vous vautrez dans le couscous ! Mes amis, aux ordures et à la poubelle ces oméga 3, on veut des graisses saturées ! Ras le cul de ce régime !
Prenez des tubercules, des pommes de terre, vous savez ces tubercules, coupez les en fines lamelles, plongez les dans l'huile bouillante, salez les et vous aurez des frites !
Ni dieu ni maître mais des frites bordel ! »

Thomas Dutronc. (Comme un manouche sans guitare)







Par Fred Sabourin - Publié dans : édito
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Dimanche 1 juin 2008 7 01 /06 /Juin /2008 19:00



Bien sûr ce n’est pas la Seine
Ce n’est pas le bois de Vincennes
Mais c’est bien joli tout de même
Göttingen, Göttingen.
Pas de quais et pas de rengaine
Qui se lamentent et qui se traînent
Mais l’amour y fleurit quand même
A Göttingen, à Göttingen.
Ils savent mieux que nous je pense
L’histoire de nos rois de France
Herman, Peter, Elga et Hans
A Göttingen
Et que personne ne s’offense
Si les contes de notre enfance
« Il était une fois » commencent
A Göttingen, à Göttingen.

Bien sûr nous nous avons la Seine
Et puis notre bois de Vincennes
Mais Dieu que les roses sont belles
A Göttingen, à Göttingen
Nous, nous avons nos matins blêmes
Et l’aube grise de Verlaine
Eux, c’est la mélancolie même
A Göttingen, à Göttingen.
Quand ils ne savent rien nous dire
Ils restent là à nous sourire
Mais nous les comprenons quand même
Les enfants blonds de Göttingen
Et tant pis pour ceux qui s’étonnent
Et que les autres me pardonnent
Mais les enfants ce sont les mêmes
A Paris ou à Göttingen
Faites que jamais ne revienne
Le temps du sang et de la haine
Car il y a des gens que j’aime
A Göttingen, à Göttingen.

Et lorsque sonnerait l’alarme
S’il fallait reprendre les armes
Mon cœur verserait une larme
Pour Göttingen, pour Göttingen.

Barbara


Par Fred Sabourin - Publié dans : poésie
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Vendredi 30 mai 2008 5 30 /05 /Mai /2008 20:00
                                                           Ca tourne !



       Pendant ce temps-là, rue de la Juiverie, on tournait une mièvrerie sucrée, grand public et faussement historique censée se dérouler durant la seconde guerre mondiale. Pour faire plus crédible, on va chercher Line Renaud, qui en connaît un rayon question guerre mondiale, elle qui a du naître au moment où la France perdait Sedan. Après, elle a mangé du maroual au petit déjeuner avec Dany Boon.
La scène se passe « après le couvre feu », une livraison en loucedé par un gentil maraîcher, qui prend des risques pour venir servir la dame à l’entrée de son bistrot. Notez bien qu’il s’agit temporellement d’une scène se déroulant après le couvre feu (je le répète et le réalisateur l’a lui même précisé), d’où ce splendide « extérieur jour » manifestant la part d’ombre de la scène, sans doute…
Production France Trois Rhône-Alpes-Auvergne, dans votre télé l’hiver prochain.
Vivement.


Par Fred Sabourin - Publié dans : chronique cinéma
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