l'évènement

Jeudi 3 janvier 2008 4 03 /01 /Jan /2008 17:29

                                                                  Ex pulsion…


Pour le grand retour de la chronique quasi quotidienne d’un journaliste localier, aujourd’hui c’était manif dans les rues de Privas. Entre deux bruits de tronçonneuse (les services municipaux enlèvent les sapins de Noël), ça sentait le sapin pour une famille arrivée en France depuis 2004. Mais sans papiers. D’origine algérienne, ils vont retourner en Algérie, via Lyon et son centre de détention, où cette famille (dont un enfant de 15 mois) va goûter aux délices de la garde-à-vue « à la française ».
Ce qui a donné l’occasion aux quelques soixante personnes massées devant la préfecture (d’où émane l’ordre de reconduite à la frontière) de crier leur colère au son de : «pas  d’enfants en  prison ». Trahison, mensonge et déception : les manifestants donnaient de la voix, mais la place de la Mairie est si grande qu’ils paraissaient à peine.
En télé ça ne passerait pas. Mais pour la radio c’est du bon son.  Pourtant, celui-là, je m’en passerais bien…



Par Fred Sabourin - Publié dans : l'évènement
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Vendredi 14 décembre 2007 5 14 /12 /Déc /2007 08:17

                                                      « quatorze juillet : rien »

        C’est ce qu’aurait inscrit Louis XVI sur son journal personnel le fameux jour de la prise de la Bastille.
A
Privas, depuis quelques jours, comme vous avez pu le constater, il ne se passe rien, puisque je n’écris rien. En réalité, bien sûr que si, il se passe des choses ! La municipalité redouble d’efforts pour installer les décorations de Noël. Sans doute un des rares village de France à ne pas customiser ses rues de guirlandes et autres sapins Ikéa sitôt la Toussaint dans le dos… Il y a même des maisonnées en bois sur la grand place, signe qu’un marché de Noël se prépare : on pourra donc acheter les mêmes objets inutiles et sans doute manufacturés en Chine, qu’à Strasbourg, Lyon, Toulouse, Rouen, Nantes, Angoulême ou Paris (villes où j’ai pu constater les méfaits de cette standardisation du merchandising saisonnier).
Bref, pas grand chose à se mettre sous la dent. Heureusement, l’actualité nationale vient à notre secours, et on rirait volontiers de la tartuferie si elle n’était pas pitoyable, dans deux évènements qui semblent si éloignés et pourtant très proches. La visite de Kadhafi, l’encombrant Kadhafi, dont il reste encore, à l’heure où j’écris ces lignes, 24 heures de présence en France : comment va-t-il les occuper ? Et surtout comment va-t-il faire suer les services protocolaires de l’Etat ? Va-t-on lui organiser une corrida place de la Concorde  ? Ou une chasse à courre dans le parc du château de Versailles ? Si sa toile de tente était un igloo qui se monte en deux secondes et estampillée du logo d’une association au nom d’un héros de Cervantes, il y a belle lurette qu’il aurait été jeté dans la Seine  !
Et puis, on l’a appris ce soir, Colonna a pris perpéte. Sans preuves, ou si peu. A qui profite le crime ? Ni à la République , qui pleurait un de ses dignes représentant, ni à sa famille, d’une dignité qui force l’admiration.
Aux innocents, les mains pleines ? Le premier serre des paluches à tour de bras, et repart avec des avions. Le second les brandit, mais menottées, criant aux siens : « ne pleurez pas ! Ne pleurez pas ! ». On ne va pas en mourir de rire non plus.

Heureusement, pour se consoler de tout ce barnum d’avant fêtes, avant le déferlement de cadeaux, de bouffe et l’obligation de se réjouir, heureusement il y a Le Renard et l’Enfant au cinéma. Luc Jacquet, qui nous avait enchanté avec La Marche de l’empereur il y a quelques années, remet le couvert avec un film animalier, mais pas seulement : Bertille Noël-Bruneau crève l’écran, a star is born comme on dit parfois. Avec un nom pareil, à cette saison, c’est déjà un cadeau. Elle n’a pas grand monde pour lui donner la réplique, puisque Luc Jacquet a eu la bonne idée de conserver le renard muet. Tout passe par son regard et sa frimousse aux taches de rousseur qui nous invitent à la contemplation.

Le Renard et l'enfant - Bertille Noël-Bruneau

La moral du film, a elle seule, suffit à recadrer non seulement les évènements décrits ci dessus, mais encore les propos de l’auteur de cette modeste chronique : à chaque fois que la petite fille tente de capter l’animal pour elle seule, ou le domestiquer, ou même de l’enfermer, il s’enfuit. Signe qu’il ne faut pas confondre amour et possession. Elémentaire, certes. Mais ô combien rassurant, au fond.
Ah si ! J’allais oublier : le renard en question est Ardéchois ! Vous voyez bien qu’il se passe quelque chose par ici…

Le Renard et l'enfant - Bertille Noël-Bruneau


Le Renard et l'enfant - Bertille Noël-Bruneau

 


Le Renard et l'enfant - Bertille Noël-Bruneau

 

Par Fred Sabourin - Publié dans : l'évènement
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Mercredi 5 décembre 2007 3 05 /12 /Déc /2007 13:53

                                                                  « 07 »

          La chronique de ce jour va sûrement paraître comme anecdotique, mais l’histoire est vraie et elle me revient en mémoire avec un brin d’amusement.
En « CM2 », ce que les plus anciens appellent la « 7è », notre instituteur, tendance vieille école, nous a fait apprendre par cœur les départements français. A raison de dix par semaine, en soixante-dix jours l’affaire était entendue. Par goût pour la géographie, cet exercice me passionna, et je ne me lassais pas de voyager sur la carte de France de ces numéros, ces préfectures, ces contrées aux noms de fleuves, rivières, océan et mers, montagnes ou plaines. Je les imaginais et me nourrissais de leurs images en feuilletant un dictionnaire. Cela représentait au moins l’avantage d’occuper le temps lors de grands voyages en voiture, pour les migrations des vacances par exemple. On savait d’où venait la voiture d’à côté. Les numéros commençant par zéro retenaient mon attention. Ils semblaient si éloignés du microcosme charentais où je vivais alors. 01, l’Ain, Bourg-en-Bresse. 02, l’Aisne, Laon. 03, l’Allier, Moulin. 04, Alpes de Haute Provence, Digne. 05, Hautes-Alpes, Gap. 06, Alpes-Maritimes, Nice. 07 : l’Ardèche, Privas. En cherchant dans le dictionnaire, j’apprenais que Privas, préfecture de l’Ardèche, ne comptait « que » 10000 habitants. Cela me paraissait ridicule. Comment avait-on pu déclarer une si petite ville préfecture ? La leçon d'histoire apportait la réponse : Napoléon voulait que le point le plus éloigné des départements ne soient qu’à une journée de cheval maximum du représentant de l’Etat. Une vision qui se défend. Mais ce qui forçait mon admiration, c’était de découvrir que cette préfecture en question n’était desservie par aucune ligne de train, ni marchandises ni voyageurs. Comment pouvait-on y vivre ?  Le département de l’Ardèche était aussi celui qui voyait naître sur son sol la source de la Loire , fleuve si symbolique de l’histoire de France, en un lieu au nom magique : le Mont Gerbier de Jonc. Cette fascination enfantine excitait ma curiosité, et je me demandais quand irai-je voir cette bizarrerie. Cela semblait si loin…
Presque vingt-cinq ans me séparent de cette année où un instituteur de style troisième République nous faisait apprendre des choses qui paraissaient inutiles (Monsieur Malgogne, à l’école St Paul, pour ceux qui le reconnaîtront). Devant la carte de France des départements, mes yeux s’égarent. Perdu dans le « 07 », je contemple désormais les autres départements. Si loins, si proches…

PS : l’interface de gestion du blog, « over-blog », m’avertit depuis plusieurs jours que je vais passer en version 2 du blog. Cela facilitera la maintenance, paraît-il. Le message, inscrit en rouge, indique également qu’il pourrait y avoir quelques petits problèmes de connexion pendant la manœuvre. J’ignore quand, mais je voudrais simplement m’en excuser d’avance. Je n’y suis pour rien, car ne décide de rien non plus. La version 1 m’allait très bien. Mais le progrès fait rage, et nous vivons une époque décidément moderne. Qu’on le veuille ou non, on n’arrête pas le progrès.

 

 

Par Fred Sabourin - Publié dans : l'évènement
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Mardi 4 décembre 2007 2 04 /12 /Déc /2007 18:30

                                

                                    Monsieur le Préfet fait du vélo


       Mon intégration dans le microcosme ardéchois fut des plus efficace. Deux conférences de presse, l’une au Conseil Général sur le thème de la « coopération décentralisée » (au Sénégal), l’autre à la Préfecture, à l’occasion de la « semaine du développement durable ». Autant dire les deux tiers du pouvoir décisionnel et de l’information locale. C’était lundi. Pourvu que ça dure…
Monsieur le Préfet est un homme de goût et la préfecture va donc montrer l’exemple, en adoptant notamment un parc de vélo, et vu la topographie des lieux, il y a fort à parier que le futur vainqueur de l’étape du tour de France à l’Alpe d’Huez sera Ardéchois. Autres mesures « visibles », le plantage de plantes à faible consommation en eau dans les jardins de la préfecture, et les repas de produits entièrement régionaux à la cantine associative. Vont bouffer des marrons les élus ardéchois ! J’ai gardé le meilleur pour la fin : des poubelles pour tri sélectif du papier dans les administrations locales.
« Des mesures de saupoudrages, mais qui cachent en fait une stratégie ne vous inquiétez pas », s’empresse de préciser l’énarque représentant de l’Etat tout-puissant.
C’est bien ça le problème, au fond : le saupoudrage, comme un écran de fumée pour mieux masquer les retards pris depuis plusieurs années en France sur la question de l’écologie et du développement durable. Mieux vaut tard que jamais.
Pas de doutes : ce Préfet est bien de la majorité présidentielle… Et sans doute un proche de Christine Lagarde : il veut mettre tout le monde sur des bicyclettes. 

Par Fred Sabourin - Publié dans : l'évènement
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Samedi 1 décembre 2007 6 01 /12 /Déc /2007 14:00

Au palais de justice de Rouen, malgré son teint refait à neuf, les grilles d'entrée annoncent la couleur. Ici, Monsieur, on a brûlé la femme qui répondait en français aux questions anglaises. On peut aussi empaler ! (Rachida ? P't'ête ben qu'oui, p't'ête ben qu'non).

Libres nous sommes, et on est allé s'encanailler au "Shari vari" de la rue St Nicolas, pour boire le monde et refaire des coups. D'ici, on en ressort : content (le patron paie parfois sa tournée de bon coeur). Assourdi par les cris de chatte étranglée d'une "chanteuse" de rock qui miaula au nom de "Christal Palace". Avec le pull, polo et caban qui sentent la clope pour le restant du ouikende...

Par Fred Sabourin - Publié dans : l'évènement
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