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Le jour. D'après fred sabourin

Baguette magique

11 Décembre 2015 , Rédigé par F.S Publié dans #Lettres à ...

- ça sent le sapin -

- ça sent le sapin -

Hier soir, sans prévenir, entre deux bouchées de coquillettes au comté râpé, tu m’as sorti cette fulgurance : « moi, j’aimerai bien avoir une baguette magique ! » J’ai cessé de mâcher, et je t’ai demandé, intrigué : « ah bon ? Et… qu’est-ce que tu ferais, avec cette baguette magique ? » Tu as répondu avec un sourire naturel à désarmer un militant du Front national : « Je transformerais M. (1) en étoile ». Moi : « Et… tu en ferais quoi, après ça ? » Elle : « Je le laisserais comme ça… » Et puis tu as repris une fourchette de coquillettes au comté râpé.

L’enfance - tout le monde le sait - est une source i-né-pui-sa-ble de surprises, de spontanéité sans calcul, de joies et d’émotions simples. On peut détester cela – et il s’en trouve. On peut être complètement gaga devant ça, au point d’en perdre le sens du discernement – et il s’en trouve. On peut aussi juste profiter de l’instant, de ces moments qui débarquent sans préavis dans le quotidien banal d’une vie banale. D'une vie de chien parfois. Là, on mangeait juste des coquillettes (de loin la forme de pâtes que je déteste le plus…), avec du fromage râpé pour les uns (elle) et de l’huile d’olive et de l’ail pour les autres (moi). Ca surgit, comme ça, et c’est tout. Ensuite, la vie reprend son cours, comme si de rien était

Dans le bordel actuel ambiant, alors qu’on sent une tension sociale crasseuse qui dégouline de partout, dans les rues, dans les commerces, dans les entreprises, dans les familles mêmes, ce genre de fulgurance de l’imaginaire débridé fait du bien. J’ai la faiblesse de le croire. Et même au pire, si par malheur un jour j’étais jugé et condamné pour ça sur un bûché des vanités, je ne regretterais pas d’en avoir été le témoin.

Parce que cela nous rappelle, ma chère petite, ce pour quoi nous sommes vraiment fait et ce pour quoi nous sommes là à trimer comme des chiens parfois sur cette « terre de désolation » : la beauté du rêve, l’immensité du rêve, de l’impossible, de l’inaccessible, de l’incompressible. L’incroyable et pourtant réelle beauté d'une envie de changer les choses, juste d’un coup de baguette magique

 

  1. LE copain. 

 

FS. 11/12/15

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