Samedi 8 décembre 2007
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12:00
Coup de cœur
Le nouvel album de Pauline Croze vient de sortir, il s’appelle « Un bruit qui Court », et on va en reparler rapidement, si vous voyez ce que je veux dire…
En attendant, une « mise en oreilles » s’impose en cliquant là
Æ http://www.lesinrocks.com/index.php?id=63&tx_critic[notule]=208248&tx_critic[backPid]=1&cHash=594958957b

Par Fred Sabourin
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Lundi 12 novembre 2007
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22:00
...jardin d’hiver
Quelque chose d’imperceptible et pourtant si présent.
A l’œil nu, les feuilles déshabillent les arbres qui grelottent de froid le matin.
Bientôt aussi l’après-midi, et le soir.
Avant de les ramasser à la pelle, elles s’entassent, en formant un matelas où parfois les enfants aiment à se vautrer.
Ils ont délaissé les jouets de l’été. L’automne fut si court… Occupés à regarder les rugbymen échanger quelques châtaignes. Ces jouets forment un étrange cimetière, où résonne encore l’écho de leurs rires. On les entend encore par la fenêtre, où leurs mains viennent se coller au carreau.
« je voudrais du soleil vert, des dentelles et des théières, des photos de bord de mer, dans mon jardin d’hiver… ». Me reviennent ces paroles d’un vieux crooner aux costumes blancs.
Il faudra trouver d’autres jeux, en attendant la neige, qui sait ? Pour l’instant, la lumière, les feuilles, les jouets et l’odeur de branchages brûlés envahissent le fond de l’air.
Frais, naturellement.
Par Fred Sabourin
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Jeudi 18 octobre 2007
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Atelier de lecture
Le plaisir de la lecture revient, et on ne saurait trop s’en réjouir. A l’heure où l’effervescence du ouikende approche, dans une grande ville rose du Midi de la France, la douceur de l’été indien incite les promeneurs à sortir de leurs poches journaux et bouquins. Pour lire dehors, comme on « mange dehors ». Tellement absorbés qu’ils ne peuvent être emportés par le tourbillon qui règne au Capitole.
Pendant ce temps-là, les reflets d’un café chic voisin marquent les heures, et les lampadaires servent visiblement à autre chose qu’à éclairer le passant qui passe. Lectures subversives ? Le surveillant le saura ! Si, si, regardez-bien : « quelqu’un » vous surveille, insidieusement, sans faire attention… Nous sommes filmés, mais nous avons encore le droit (mais pour combien de temps ?) de ne pas en sourire.
Heureusement, à ce moment-là, flotte dans l’air un parfum de victoire. Le rouge et le noir ne s’épousent pas encore en un linceul rugbystique blanc comme le maillot des joueurs de sa très gracieuse majesté, et la dame en rose, bien d’ici, peut prendre son temps pour traverser ce Capitole où, comme Nougaro, j’arrête mes pas. En la regardant marcher, d’un pas de sénateur, j’entends son accent.
Dans la ville rose, la dame en rose entre au palais. Elle a de la chance : elle est filmée, et photographiée. Elle entre ainsi chez vous. Comme chez elle…
Par Fred Sabourin
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Mercredi 19 septembre 2007
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Par Fred Sabourin
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Lundi 27 août 2007
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16:24
les petits rois de la sagesse
L’imagination fertile des enfants dépasse allégrement celle des adultes, on le savait depuis longtemps. Il est possible que le temps des vacances, fut-il pluvieux, permette aux jeunes, débarrassés de l’emprise du carcan professoral, d’imaginer le monde à la mesure de leur faim : énorme. En visitant les villes, les enfants prennent de la hauteur. Et gagne en spiritualité.
Celui qui s’assoit sur le parapet de la colline de Fourvière, retenu à la ceinture par sa mère « de peur que tu tombes » (et fasse l’ouverture du 20 heures de TF1…), lâche, devant le spectacle urbain qui s’offre à lui : « on voit toute la planète ! ». En fait, tout Lyon, ce qui n’est déjà pas si mal, et, puisqu’il n’y a exceptionnellement que très peu de nuages, un bout des Alpes aussi. Ce n’est pas tant le mot « planète » qui me ravit. Mais plutôt le « toute ». D’un seul regard, ce garçon a vu « toute la planète ». Le monde connu. Chic planète !
(encore fumant de pluie, le Val d'Arious vu depuis Pombie (2100m), en dessous de l'Ossau)
A l’arrivée d’un TGV revenant du sud, la petite fille de cinq ans qui a gagné trois parties de sept familles d’affilées lance à son père (en constatant le monde sur le quai qui descend du train, car c’est le terminus) : « et ben dis donc, il y en avait du monde qui voulait venir à Lyon en même temps que nous ! ». Le hasard fait bien les choses me dis-je en parallèle.
Puis, baragouinant quelque chose que son père ne put capter (et pas grand monde non plus d’ailleurs), il lui demande ce qu’elle vient de dire. Et la réponse dépasse les espérances pour une gone de cinq ans : « rien, je me parlais à moi même ».
Sois même comme un autre : intellectuelle juvénile, elle venait de découvrir malgré elle le concept de pensée philosophique. Victoire de la fraîcheur sur le cynisme. Aération des neurones. Délice du sens de la répartie. Prolongement du rêve…
(dans la montée vers le Pic d'Ariel - 2824m - l'Ossau, vieux volcan, fume encore...)
Par Fred Sabourin
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