chronique cinéma

Vendredi 3 octobre 2008 5 03 /10 /Oct /2008 16:07

Le nouveau film de Pascal Thomas sera sur les écrans de France et de Navarre mercredi prochain. Il s'agit d'une adaptation d'un roman d'Agatha Christie, la deuxième pour ce réalisateur, après Mon petit doigt m'a dit en 2005 ; nous y reviendrons.
Ce jeudi, il était invité dans nos studios, avec André Dussolier et Catherine Frot. Moment délicieux, on en salivait d'avance.
Et combien l'heure passa vite !




 

 


Par Fred Sabourin - Publié dans : chronique cinéma
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Mercredi 24 septembre 2008 3 24 /09 /Sep /2008 19:00

                            Entre les murs

Haut et Court

de Laurent Cantet. France, 2008. 128 mn ; 350 copies. Distributeur : Haut et Court. Avec : François Bégaudeau et les élèves du collège Françoise Dolto (Paris 20è).

Impossible de résumer Entre les murs à une histoire de « pétasses ». Les pétasses du collège Dolto, Paris 20è valent-elles celles du lycée Mozart dans le 16è ? Probablement pas, et ce n’est pas la moindre des différences avec La Belle personne de Christophe Honoré sur les écrans à une semaine d’intervalle dont le sujet tourne déjà, faut-il le rappeler, autour de l’adolescence scolaire et ses petits (gros) tracas.
Laurent Cantet, nous avait déjà époustouflé avec une peinture sociale très contemporaine, Ressources Humaines, microcosme d’une entreprise aux prises avec un plan social. Partant du livre témoignage d’un enseignant, François Bégaudeau, il filme au plus près, intime, le huis clos serré et forcé d’un collège, les scènes clés de la vie d’une classe de 4è tout au long de l’année. On pourra faire toutes les lectures possibles de cette tranche de vie. La seule interprétation véritable, peut-être, est celle de Bégaudeau lui même, auteur et acteur de son propre rôle. Nuance et force pour ce prof comédien, véritable taupe de son propre collège. Le tout est plaisant à regarder, même si la tension est toujours forte.

Souvent, il s’agit en effet moins d’essayer de transmettre un savoir (en l’occurrence ici d’enseigner le français et ses subtiles nuances) que de « gérer » les rapports humains entre un groupe (les élèves) et un individu seul face à lui (l’enseignant). Mais ce n’est pas encore assez. A travers ce groupe d’élèves tout à fait dans la norme (insolence, paresse, incompréhension, difficultés scolaires, sociales, familiales, adolescence chamboulée…), ce sont également des individus seuls face à eux mêmes et à l’adulte en devenir que Bégaudeau doit se battre en permanence. On ne peut pas dire qu’il ne ménage pas ses efforts, et apparaît parfois comme l’homme de la situation, notamment dans cette scène où il justifie l’apprentissage de l’imparfait du subjonctif. Le sens de la répartie le tire d’un mauvais pas. Mais celui-ci est souvent dépassé – par trop de solitude ?  - allant jusqu’à devenir le "prof copain", tentant vainement de faire comprendre à ces petits jeunes sympathiques mais souvent terriblement immatures les rouages subtils de la démocratie entre un groupe de jeunes, et l’adulte.

Haut et Court


Quelle comparaison avec La Belle personne de Ch. Honoré ? Apparemment aucune : là où Honoré adapte librement La Princesse de Clèves (qui devait maîtriser, elle, l’imparfait du subjonctif), montrant les déboires sentimentaux d’adolescents nantis et déjà presque adultes dans une classe de 1ère dans le 16è arrondissement de Paris, Cantet adapte la réalité et ses symptômes. Non sans parti pris au passage, et les partisans d’une culture dite de gauche seront contents. Ils sont condamnés au vieillissement précoce ceci dit, car la question posée par Cantet n’est pas celle du procès du « mamouth », mais celle du langage. Comme dire les choses avec le plus de justesse, sans caricature ni récupération, ni incompréhension, pour éviter d’envenimer les rapports humains déjà tendus au dessus du grill de quelques chaises et d’un tableau noir ?

Haut et Court

Et c’est là toute la subtilité de ce fameux mot « pétasse », employé à tort ou à raison par Bégaudeau le prof face à deux élèves. Si elles ne le sont pas, au fond, elles l’étaient sur la forme dans un conseil de classe aux allures surréalistes, où chacun, autorités, parents, profs et élèves, est en réalité dépassé par la situation. Car personne à ce moment là ne trouve le bon langage pour endiguer l’hémorragie. Et faire taire les deux déléguées qui se conduisent comme des pé…
Trop de sang contenu finira par s’écouler, involontairement, un peu plus tard, dans le huis clos retrouvé de la classe, où va se jouer l’avant dernier acte du drame.
Le dernier, nous le laisserons pour ce conseil de discipline, où, si c’est bien le procès d’un élève dont il est question, c’est tout le système qui se condamne lui même. Ou plus justement des individus dans le système.

Il fallait que ces pétasses fussent recadrées à temps pour qu’on évite l’échec. Ou : comment la République de Platon vient clouer au sol les élèves, et, non des moindres, l’enseignant lui même.
Une élève, ultime tentative de faire vivre un langage qui décidément fait beaucoup parler de lui dans Entre les murs, vient fermer le banc à l’approche des vacances scolaires. A la question : « qu’avez-vous appris cette année à l’école ? », l’élève rend compte de sa douloureuse interrogation : « je ne comprends pas ce qu’on fait… dans tous les cours ».
On quitte là le domaine du français dans le texte pour entrer dans celui de la philo et des sentiments. Ce qui pourrait le rapprocher, c’est un point de vue, de La Belle personne de Ch. Honoré.
Mais ce n'est qu'un point de vue.

Haut et Court


Le Pacte
Louis Garrel & Léa Seydoux dans "La Belle personne" de Christophe Honnoré

Par Fred Sabourin - Publié dans : chronique cinéma
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Vendredi 11 juillet 2008 5 11 /07 /Juil /2008 17:00

                        Le Voyage aux Pyrénées

Diaphana Films

de Arnaud et Jean-Marie Larrieu. France 2008. 100 mn. 180 copies. Distributeur : Diaphana. Avec : Jean-Pierre Darroussin ; Sabine Azéma ; Arly Jover ; Philippe Katerine…


Dans Peindre ou faire l’amour, le précédent film des très récréatifs frères Larrieu, c’est la Grande Chartreuse qui était le décor d’une singulière histoire de couple échangiste malgré lui. Daniel Auteuil et Sabine Azéma étaient en effet troublés par Sergi Lopez, non-voyant polisson qui savait se servir de ses autres sens.
Cette fois, dans Le Voyage aux Pyrénées, ce sont bien ces splendides montagnes franco-espagnoles qui offrent le décor de cette histoire d’un couple de comédiens très célèbre, venu se reposer dans les alpages en automne. Car madame (Sabine Azéma) a des crises de nymphomanie, et le meilleur moyen de calmer ses ardeurs, pense son mari (JP Darroussin), c’est encore de venir les rafraîchir aux vents des petits matins frais.
C’est peu dire que les Pyrénées offrent plus qu’un décor et un prétexte : un personnage à part entière, filmé avec délectation par les facétieux frères Larrieu (les amateurs reconnaîtront les environs du Cirque de Gavarnie et de Luz Saint-Sauveur).
Sautillant joyeusement d’un genre à l’autre, sans souci d’unité ou de cohérence, Le Voyage aux Pyrénées transporte le spectateur aux frontières de l’absurde en donnant à penser, comme dirait le philosophe. Filmé parfois à la manière d’un documentaire, on bascule aussi du côté de la farce fantastique et mystique, lorsqu’un ours des Pyrénées apparaît trop humain, lorsque JP Darroussin se met à parler tibétain, lorsque des moines joyeux et chantant (excellent Philippe Katerine) se promènent nus au creux d’un torrent régénéré, et jouent de la guitare dans une chapelle.
Alternant des scènes parfois grossières ou gratuites, des situations saugrenues, mais toujours superbement interprétées, Le Voyage aux Pyrénées abuse du spectateur, qui hésite entre l’hilarité et la retenue. Parce que quand même, tout ceci n’a pas l’air de tenir debout.
Et pourtant : un seul but pour les réalisateurs et les acteurs : bien se marrer, prendre du plaisir dans cette farce montagnarde où tous prouvent que le jeu est avant toute chose un art de vivre, et les histoires toujours bien bonnes à raconter.


Par Fred Sabourin - Publié dans : chronique cinéma
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Samedi 14 juin 2008 6 14 /06 /Juin /2008 14:00

                                     Tabarly

de Pierre Marcel. France, 2008, 90mn ; 50 copies. Distributeur : Pathé. Avec : Eric Tabarly ; Alain Colas ; Michel Desjoyaux…

Pathé Distribution


Une symbiose parfaite entre un homme, un bateau et la mer. C’est ainsi qu’on pourrait qualifier le film documentaire de Pierre Marcel, jeune marin de 27 ans, qui n’a pas connu Tabarly en personne mais qui a lu ses livres, s’est imprégné du personnage et surtout a navigué sur ses Pen Duick. Il a choisi de construire ce documentaire à partir des images d’archives, films réalisés sur Eric Tabarly lui même, ses propres interviews, ses commentaires. Lui qui n’aimait pas les questions des journalistes ! Souvent les soupirs et autres borborygmes de bouches sont à interpréter comme autant de réponse à ce personnage publiquement discret, timidement sympathique, humble naturellement, sensible évidemment, mais toujours déterminé et courageux. A cinq ans, on lui posait la question rituelle : « que veux-tu faire plus tard ? Amiral ! », répondait-il. Il fut « seulement » capitaine de frégate. Mais il se trouvera des amiraux qui auraient bien aimé avoir la vie qu’il mena…
Par deux fois seulement, Pierre Marcel a recours au procédé de la reconstitution, pour le reste, de l’eau, des voiles, des marins. Ni opposition (comme le dit Alain Colas), juste de la compétition. Vie quotidienne sur les Pen Duick, le suspens des courses au grand large, les tempêtes, les démâtages.
Tabarly y apparaît toujours comme l’homme de la situation, sorte de héros des houles, semblant perdu au milieu de la foule et des honneurs qui l’acclament, voire le traînent en spectacle comme cette remontée des Champs Elysées grand guignolesque orchestrées par Europe 1, après sa victoire en 76 dans la Transat, solitaire sur Pen Duick VI, bateau fait pour être manœuvré par quatorze équipiers qu’il conduira seul à Newport, et premier, à la surprise générale, alors que tous le croyaient perdu.
Plus que la mer, ce sont les bateaux que Tabarly aime profondément. Ses innovations techniques ont révolutionné le monde de la voile, souvent étonné les Anglais, parfois agacé les Américains. Point n’est besoin d’aimer passionnément la voile ou de s’y connaître parfaitement pour apprécier Tabarly de Pierre Marcel. Tout le monde pourra comprendre l’attachement au Pen Duick I, acheté par son père en 1938, qu’il a acquis quelques années plus tard, et restauré selon ses moyens, tout au long de sa vie.

Pathé Distribution

La musique de Yann Tiersen accompagne pudiquement ce premier film qui ne l’est pas moins, comme ses personnages principaux : les bateaux, la mer, le marin.
Tabarly, de Pierre Marcel, séduira par sa beauté et son style posé, jusqu’à la fin, comme Tabarly l’aurait lui même souhaité : ne laissant à personne d’autre que lui le soin de manœuvrer, seul maître à bord. La mer d’Irlande, il y a dix ans, en a décidé autrement.

Un homme à la mer.
Fortune de mer…


Pathé Distribution


Pathé Distribution


Pathé Distribution


Par Fred Sabourin - Publié dans : chronique cinéma
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Vendredi 30 mai 2008 5 30 /05 /Mai /2008 20:00
                                                           Ca tourne !



       Pendant ce temps-là, rue de la Juiverie, on tournait une mièvrerie sucrée, grand public et faussement historique censée se dérouler durant la seconde guerre mondiale. Pour faire plus crédible, on va chercher Line Renaud, qui en connaît un rayon question guerre mondiale, elle qui a du naître au moment où la France perdait Sedan. Après, elle a mangé du maroual au petit déjeuner avec Dany Boon.
La scène se passe « après le couvre feu », une livraison en loucedé par un gentil maraîcher, qui prend des risques pour venir servir la dame à l’entrée de son bistrot. Notez bien qu’il s’agit temporellement d’une scène se déroulant après le couvre feu (je le répète et le réalisateur l’a lui même précisé), d’où ce splendide « extérieur jour » manifestant la part d’ombre de la scène, sans doute…
Production France Trois Rhône-Alpes-Auvergne, dans votre télé l’hiver prochain.
Vivement.


Par Fred Sabourin - Publié dans : chronique cinéma
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