émerveillement

Jeudi 18 octobre 2007 4 18 /10 /2007 00:00

                                                             Atelier de lecture

            

 Le plaisir de la lecture revient, et on ne saurait trop s’en réjouir. A l’heure où l’effervescence du ouikende approche, dans une grande ville rose du Midi de la France, la douceur de l’été indien incite les promeneurs à sortir de leurs poches journaux et bouquins. Pour lire dehors, comme on « mange dehors ». Tellement absorbés qu’ils ne peuvent être emportés par le tourbillon qui règne au Capitole.


Pendant ce temps-là, les reflets d’un café chic voisin marquent les heures, et les lampadaires servent visiblement à autre chose qu’à éclairer le passant qui passe. Lectures subversives ? Le surveillant le saura ! Si, si, regardez-bien : « quelqu’un » vous surveille, insidieusement, sans faire attention… Nous sommes filmés, mais nous avons encore le droit (mais pour combien de temps ?) de ne pas en sourire.


      Heureusement, à ce moment-là, flotte dans l’air un parfum de victoire. Le rouge et le noir ne s’épousent pas encore en un linceul rugbystique blanc comme le maillot des joueurs de sa très gracieuse majesté, et la dame en rose, bien d’ici, peut prendre son temps pour traverser ce Capitole où, comme Nougaro, j’arrête mes pas. En la regardant marcher, d’un pas de sénateur, j’entends son accent.
Dans la ville rose, la dame en rose entre au palais. Elle a de la chance : elle est filmée, et photographiée. Elle entre ainsi chez vous. Comme chez elle…




Par Fred Sabourin - Publié dans : émerveillement
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Mercredi 19 septembre 2007 3 19 /09 /2007 16:03

 

 

 

 

 

Par Fred Sabourin - Publié dans : émerveillement
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Lundi 27 août 2007 1 27 /08 /2007 16:24

                                   les petits rois de la sagesse

       L’imagination fertile des enfants dépasse allégrement celle des adultes, on le savait depuis longtemps. Il est possible que le temps des vacances, fut-il pluvieux, permette aux jeunes, débarrassés de l’emprise du carcan professoral, d’imaginer le monde à la mesure de leur faim : énorme. En visitant les villes, les enfants prennent de la hauteur. Et gagne en spiritualité.
Celui qui s’assoit sur le parapet de la colline de Fourvière, retenu à la ceinture par sa mère « de peur que tu tombes » (et fasse l’ouverture du 20 heures de TF1…), lâche, devant le spectacle urbain qui s’offre à lui : « on voit toute la planète ! ». En fait, tout Lyon, ce qui n’est déjà pas si mal, et, puisqu’il n’y a exceptionnellement que très peu de nuages, un bout des Alpes aussi. Ce n’est pas tant le mot « planète » qui me ravit. Mais plutôt le « toute ». D’un seul regard, ce garçon a vu « toute la planète ». Le monde connu. Chic planète !

(encore fumant de pluie, le Val d'Arious vu depuis Pombie (2100m), en dessous de l'Ossau)

       A l’arrivée d’un TGV revenant du sud, la petite fille de cinq ans qui a gagné trois parties de sept familles d’affilées lance à son père (en constatant le monde sur le quai qui descend du train, car c’est le terminus) : « et ben dis donc, il y en avait du monde qui voulait venir à Lyon en même temps que nous ! ». Le hasard fait bien les choses me dis-je en parallèle.
Puis, baragouinant quelque chose que son père ne put capter (et pas grand monde non plus d’ailleurs), il lui demande ce qu’elle vient de dire. Et la réponse dépasse les espérances pour une gone de cinq ans : « rien, je me parlais à moi même ».
Sois même comme un autre : intellectuelle juvénile, elle venait de découvrir malgré elle le concept de pensée philosophique. Victoire de la fraîcheur sur le cynisme. Aération des neurones. Délice du sens de la répartie. Prolongement du rêve…

(dans la montée vers le Pic d'Ariel - 2824m - l'Ossau, vieux volcan, fume encore...)

Par Fred Sabourin - Publié dans : émerveillement
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Mercredi 1 août 2007 3 01 /08 /2007 16:00

promettre :

 « Sur mon honneur, et avec la grâce du Seigneur, je m’engage à servir de mon mieux Dieu, l’Eglise et ma patrie, à aider les Hommes mes frères en toutes circonstances, à vivre la loi scoute ».

 

 

le pari  spirituel  :

 

« Seigneur Jésus, apprenez-nous, à être généreux, à vous servir comme vous le méritez, à donner sans compter, à combattre sans souci des blessures, à travailler sans chercher le repos, à nous dépenser, sans attendre, d’autre récompense, que celle de savoir que nous faisons votre sainte volonté » (Ignace de Loyola)

chanter :

 

« Devant tous je m’engage, sur mon honneur, et je te fais hommage, de moi, Seigneur. Je veux t’aimer sans cesse, de plus en plus. Protège ma promesse, Seigneur Jésus ».

faire mémoire :

          C'était un matin d'août 1987, le 15 exactement. La date est notée derrière une photo qui n’est jamais très loin de moi. A cette époque, la promesse n'était pas prononcée tout de suite en arrivant à la Troupe. Il y avait une sorte de rite initiatique qui pouvait durer un an, voire deux ! Il y avait même une « épreuve promesse », au cours de laquelle le scout offrait ses services à un agriculteur, un maçon, ou n’importe qui dans le village. Cela faisait deux ans que j’attendais ce moment. Deux ans à regarder les anciens faire leur numéro d'anciens, deux ans à essayer de m'arracher au dur statut de "cul de pat' ", autrement dit le dernier de la patrouille... Ou l'avant dernier, ce qui revient presque au même.

 

 

 

Ce matin là, près d'un village qui s'appelle "Aucun", dans les Hautes Pyrénées, près d'Argelès-Gazost, j'ai prononcé les mots qui sont restés gravés dans ma mémoire : "sur mon honneur, et avec la grâce du Seigneur, je m'engage à servir de mon mieux Dieu, l'Eglise et ma Patrie, à aider les hommes mes frères en toutes circonstances, à vivre la loi scoute".

 Un texte qui a lui aussi un peu changé, mais à ce moment là, c'était un évènement. Je me souviens de la phrase du chef, Bruno P. (alias « fennec »), qui ajoutait (ce n'était pas dans le cérémonial) en nous regardant droit dans les yeux: "X, prends tes responsabilités" ; à 14 ans c'est insoutenable ! A cet instant quelque chose dont nous ignorions tout nous saisissait la colonne vertébrale. Le trac sans doute, et surtout l'impression que nous allions dire quelque chose de grand et de beau. Quelque chose qui nous engageait. Le sentiment que plus rien ne serait jamais comme avant.

 

 

Alors nous prononcions les mots que tant d'autres avant nous avaient prononcés : nos pères, nos profs, nos anciens, notre "chef", notre "CP", notre copain scout vieux d'un an de plus, qui nous regardait fièrement et un peu ému, mais bien sûr ne le montrant pas...

Et puis on chantait "protège ma promesse, Seigneur Jésus". On faisait alors partie de la famille…

 

            Les jeunes qui étaient là ce 15 août 1987 sont encore des amis, fidèles, et nous nous retrouvons souvent. Beaucoup sont mariés, d'autres encore célibataires. Et si nous ne nous racontons plus nos "guerres" des glorieux camps scouts comme nous le faisions autrefois (ce qui avait le pouvoir d'agacer nos copines et les garçons qui n'en étaient pas !), il peut encore nous arriver, lors d'un we entre amis près d'une cheminée, entre deux cognac, d'évoquer le souvenir de tel ou tel camp, tel ou tel scout ou chef que nous n'avons pas revu depuis longtemps, mais dont quelqu'un a toujours des nouvelles... Lors d'un récent "enterrement de vie de garçon", nous avons même reconstitué pour le futur marié un we scout, avec sa chemise de l'époque, feu de camp, guitare et tout et tout. Il y avait juste un supplément vin rouge… Je peux dire avec certitude qu’on lui a fait un beau cadeau. C’est ainsi que naissent les grandes légendes.

          Je me souviens enfin, quelques années après ce 15 août 1987, avoir assisté et reçu les promesses de quelques pionniers dont j'avais, avec d'autres, la charge. Les mots avaient changés, les jeunes aussi, mais le cérémonial était le même : un uniforme impeccable (autant que peuvent l'être une chemise et un foulard après 15 jours de camps sous la canicule ou les orages...), du feu dont la fumée va toujours vers celui qui doit parler (pour l'odeur si bonne de hareng fumé lorsqu'on revient chez soi), des torches s'il fait nuit (avec la paraffine chaude qui coule sur les mains), une guitare hésitante sur les trois ou quatre accords du chant de la promesse, des papiers froissés et nerveusement lus (les "motivations" pour faire sa promesse...), et puis ce bras tremblant dont la main vient saisir l'étendard à fleur de lys de la troupe, vert, blanc et rouge, pour dire à son tour les mots qui font entrer dans la fidélité d'amitiés nées dans l'effort et le dépassement de soi.

 

 

 

 Ce jour là, je peux le dire sincèrement, a pour toujours changé ma vie. Ce jour a fait de moi un homme en mouvement, toujours prêt à se remettre en question, un homme dont le sac à dos est toujours prêt à partir, le couteau et la ficelle prêts à servir.

 Le scoutisme est une chance, une vraie, et malgré ses 100 ans, il reste d'une étonnante jeunesse. Sans nostalgie ni regrets d'un bon vieux temps qui n'existe plus. Il reste d'une étonnante jeunesse parce qu'il saisit encore aujourd'hui d'autres jeunes qui se mettent en mouvement aussi, et font l'apprentissage de la fidélité, du dépassement de soi, des compétences acquises et reconnues.

 

 

Parce que, dans un camp scout, aujourd'hui encore, la fumée du feu de camp va toujours vers celui qui veut prendre la parole... Elle fait plisser les yeux, mais n’empêche pas de parler.

 Bon vent au scoutisme, il peut encore compter sur moi comme je compte sur lui !

« nous avons vécu, aux heures de miracle, une certaine qualité des relations humaines : là est pour nous la vérité ».                        Antoine de St Exupéry,  Terre des hommes 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ps : vous pouvez, si le coeur vous en dit, laisser un souvenir scout (ou guide) dans les "commentaires"...

Par Fred Sabourin - Publié dans : émerveillement
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Mercredi 1 août 2007 3 01 /08 /2007 00:00

"Les pieds sur terre, et la tête dans le ciel" ; "faire du ciel le plus bel endroit du monde" ; "tu marcheras sur l'eau"...

Autant d'expressions ou slogans publicitaires qui prennent forme, parfois, au détour d'un cliché attrapé au vol de l'insouciance, permettant de garder une confiance inébranlable dans le genre humain. Le pire n'est jamais sûr. Et le meilleur est à venir.

Depuis la colline de Fourvière où sont installés les studios de la radio RCF, on aperçoit parfois les Alpes, tôt le matin, au milieu desquelles trône le Mont-Blanc géant. Les oracles locaux disent que c'est "signe qu'il va pleuvoir dans les jours à venir". On est toujours entre deux averses, notez bien. Les Toulousaing disent la même chose lorsqu'on voit clairement les Pyrénées depuis la ville "rause". On ne peut pas être prévisionniste météo et contemplatif à la fois. Dommage, dans ces cas là ils perdent une belle occasion de se réjouir avec peu de chose, ce qui, par les temps qui courent, n'est pas si fréquent.

En attendant que le Mont Blanc n'apparaisse sur cette page (s'il ne pleut pas !), quelques morceaux de ciel, dessus, dessous ou dedans.

(un dimanche matin avant que les poules mouillées ne se réveillent, dans la montée vers le Montcalm et le Pic d'Estat, à l'étang du Pinet. Ariège, 2220m). L'heure des braves.

 

 

 

 

celle qui suit vient d'un superbe blog, "voir ou regarder", il est en lien juste là, dans la marge à droite...

Par Fred Sabourin - Publié dans : émerveillement
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