Mardi 25 novembre 2008
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16:27
Pendant que certains tentaient de « récoler » les morceaux en vrac d’une opposition souhaitable
mais désormais atomisée, il y avait mieux à faire en mettant le nez et les oreilles dehors. Cela étant, il fallut bien les protéger pour qu’ils ne prirent pas froid.
Les premières neiges sont descendues bien bas dans la vallée, Ossau cela va sans dire, et la falaise aux vautours s’en trouva blanchit d’un éclat argenté à nul autre pareil. L’atmosphère était
fraîche et neigeuse, capiteuse à la bouche, comme ce chardonnay gras bien frais, seulement refroidi sur le rebord d’une fenêtre.
Drapée de blanc, ces montagnes frissonnaient en pensant au retour du printemps prochain, loin encore, et les prairies d’un vert cru laissaient imaginer qu’il était déjà là. Visuellement. Mais
c’est la pluie, abondante, de ses épis lourds d’une neige à l’instant fondue, qui les abreuvaient jusqu’à plus soif.
Le gave avait le cœur et le cours au bord des lèvres, prêt à déborder.
Les draps s’envolaient et nappaient les meubles anciens, les lampes et les pendules : la maison sera donc fermée pour l’hiver, tandis que d’autres, jouxtant le château, se préparaient à
affronter les frimas de la morte saison, où les vivants se terrent en épluchant des châtaignes.
Le bois coupé est condamné à la cheminée, vorace, et réchauffera les gens d’ici pendant qu’on sera là bas, si loin dans la plaine.
Le souvenir de cette nappe d’argent sur les collines aux seins bombés restera dans la mémoire, bien longtemps après que les yeux n’eurent embrassé pour la dernière fois cette tendre
vallée.
Par Fred Sabourin
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Mardi 9 septembre 2008
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12:03
L’amanite tue-mouche possède au moins deux avantages : elle est photogénique ; elle indique la présence d’autres champignons, comestibles ceux-là.
Il y avait donc, ce ouikende :
des cèpes, en petite quantité, suffisamment pour une omelette
des marmottes surprises en plein déjeuner
de la pluie, forte et longtemps
une cascade qui doubla de volume
un département inondé (l’Isère)
des myrtilles, groseilles et des framboises
peu de marcheurs et c’est tant mieux
un jeu sur la France avec des rivières & des fleuves
une terrine de Bretagne à l’eau de vie de cidre
un Monbazillac qui défendait son match
du soleil après la pluie
une cabane dans un arbre
des clôtures électriques
le Mont Blanc en point de mire le dimanche
des bergeries abandonnées
un glacier recouvert de neige fraîche (on aurait dit du sucre glace)
un chemin de descente bucolique sous les arbres
une vache légèrement agressive
et voilà
Par Fred Sabourin
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Vendredi 15 août 2008
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06:00
Il fallait d’abord passer la frontière, la frontera comme on dit dans ces contrées aragonaises, puis contourner le massif par une envolée de routes à lacets, de tunnels creusés dans la roche granitique, traverser
des pueblo, villages espagnoles où règne une quiétude de fin de siècle, sans que l’on sache vraiment duquel il s’agit.
Puis, enfin, stopper la voiture, sur un parking de cailloux et d’herbe, où nous avons bivouaqué un peu « à l’arrache », car la nuit était déjà noire et le vent bien frais. Enveloppés
dans les étoiles, drapés de nuit, nous avons fait des rêves. Des rêves de rochers, d’abord dans le froid du matin puis dans la fournaise de l’après midi. Des rêves de crampons et de piolets. Des
rêves de silence où seul le crissement des crampons sur la glace vient troubler l’ordre établi. Ici, la montagne te fait comprendre que tu n’es là que parce qu’elle le veut bien. Elle t’accorde
quelques heures de répits sur l’immensité de ses flancs. Elle te fait savoir que tu ne seras jamais complètement chez toi ici. Le paradis pouvant se transformer en enfer en quelques minutes.
Le soleil se lève enfin, et nous avec. Ou plus exactement avant. Le « point du jour » a ceci de fascinant qu’il n’appartient qu’à une poignée d’irréductibles qui ont compris que ces
ciels du matin sont bien plus beaux que ceux du soir. L’Occident oxydé par la nostalgie des soleils couchants a oublié la minéralité des petits matins. Se couchant trop tard, l’Homme moderne ne
contemple que rarement ce spectacle d’une nature qui s’offre aux lève-tôt.
Café chaud, préparation du sac, ne rien oublier sans trop en prendre : la suite se passe très vite, et à 7h à peine notre marche commence.
Une rapide ascension nous amène à pied d’œuvre, nous dépassons le refuge de la Renclusa, dernière trace de civilisation avant le désert de roche et de glace. Au col du Portillon supérieur, petite
brèche ouverte sur la ligne de crête, la bête apparaît dans toute sa splendeur. Le sommet semble proche, mais il faudra encore quelques efforts.
Deux heures au moins de chaos granitiques, de glacier aux reflets bleutés, puis le « pas de Mahomet », passage aérien à quelques mètres du sommet : le plus haut sommet des Pyrénées
se mérite, jusqu’au bout.
L’Aneto est désormais sous nos pieds, 3404m de plaisir et de rêve qui deviennent, enfin, réalité.
On ne peut pas aller plus haut au pays de Pyrène.
Photos Marc L &
Fred S
Par Fred Sabourin
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Lundi 14 juillet 2008
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08:00
NB : ceci n'est pas une photo de Yann Arthus-Bertrand...
Par Fred Sabourin
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Dimanche 6 juillet 2008
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19:42
Belledone apparaît au centre d'un lac des Grandes Rousses, perché dans le plan de Cavalles (2600m)
Lac de Grand Maison, vu du Col du Sabot (2100m). Au fond, le toit de l'Europe.
(à suivre...)
Par Fred Sabourin
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