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                                                             ... Fred Sabourin

           

Bloc-notes, photos, articles, chroniques, éditoriaux, poèmes, carnets de voyages, essais...
                             (depuis le 9 février 2006)

 

 

"Fais de l'obstacle la matière même de ton action"

(Marc Aurèle)

     

Vendredi 20 avril 2007

                                                            Il pleut sur Nantes

        Dernier meeting pour Arlette Laguiller, hier soir, à Nantes, devant une poignée de militants trotskystes révolutionnaires. Internationale et poings levés. Ovation du public : « le cri du peuple » en quelque sorte. Depuis trente-trois ans, six campagnes électorales pour cette infatigable (mais fatiguée) porte-voix de ceux qui n’en ont plus. Ils sont presque aphones. Elle qui se rendait au « Crédit Lyonnais », son lieu de travail, en mobylette : le métro des p'tits patelins... Nicolas, Ségolène, François ou Jean-Marie savent-ils démarrer une mobylette par les froids matins d’hiver pour se rendre au boulot ? L’un d’entre eux, c’est sûr, sait conduire un tracteur. Le borgne connaît le maniement des armes. Le petit teigneux fait du jogging et du vélo avec Drucker. La dernière rame dans les barques du marais poitevin.
Mais Arlette… Emue, elle accepte de monter sur l’estrade pour ce chant d’adieu, ce chant du cygne. Du signe ? La révolution du prolétariat contre les patrons bourgeois. Mouais.
Vêtue d’un tailleur noir et d’un polo jaune, elle trouve en face d’elle une grande table recouverte d’une nappe noire elle aussi, et un tissus rouge, évidemment. Le sens de la mise en scène, quand même. Il ne manquait plus qu’un piano. Elle qu’on a tellement brocardée, conspuée, imitée avec son appel aux « travailleurs, travailleuses, chers amis ». Elle reste vent debout, quelque chose dans sa voix sonne juste. Elle les connaît, peut-être ? Ou elle les aime, sûrement.
A Nantes, où il pleut toujours au « vingt-cinq rue de la Grange aux loups », une autre femme pleure de tant de combats vécus dans la sincérité d’une idée qui a sans doute évoluée avec le temps (moins de révolution, plus d’action), sans doute moins par résignation que par maturité, ou sagesse, qui sait ? Car de tous les candidats de cette campagne, elle est sans doute celle qui a le plus marié les deux valeurs humaines dont beaucoup se réclament, mais bien peut font preuve. Il est heureux, je crois, que ce soit une femme de soixante-cinq ans qui les ait incarnés : fidélité, et courage.
Merci, Arlette. Hasta siempre !



par Fred Sabourin publié dans : édito
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Jeudi 19 avril 2007

                                                           drame conjugal

      Paris – Le Havre, Corail « intercités », 19h30. Le train des gens qui bossent à Paris, et rentrent dans un pavillon de province normande. La fatigue est palpable, les chemises collent à la peau. Journée chaude « pour la saison ». Les trains en direction de la Normandie possèdent ce charme désuet qui n’appartient qu’à eux : certains wagons sont compartimentés. Deux rangées de quatre, à l’ancienne. Comme la moutarde, qui monte au nez des usagers, excédés par l’archaïsme et les retards de cette ligne très fréquentée.
Dans la diligence où je trouve place se tient un couple, jeunes trentenaires aux alliances brillantes. Des néophytes. Ils sortent de leurs sacs deux objets électroniques et technoïdes que le marketing ultra moderne nomme « PSP » : une console de jeu portative, de la taille d’une grosse télécommande télé. Ce que j’ignorais (pourtant je me renseigne !), c’est que les deux petites boîtes à jeux pouvaient… communiquer. L’homme et la femme, écouteurs dans les oreilles « pour ne pas gêner les voisins » (je cite), pianotent nerveusement sur la machine infernale. Ils ne se parlent pas. Ils jouent. Absorbés, ils ne se rendent pas compte que je les observe du coin de l’œil, et j’aperçois le jeu en question. Sur l’écran, deux personnages se matraquent de coups, de toute sorte : coups de poings, pieds, coups de boule ou de genoux, un véritable concentré de boxe thaï et de savate à l’ancienne, jusqu’à épuisement d’un des deux combattants, précisé, au cas où on ne s’en serait pas rendu compte, par un « KO » magistral imprimé en rouge sur l’écran. La fille sourit : elle vient de « latter » son mari, qui, comprenant que je suivais la scène, me regarde, penaud. Ils ne se parlent pas, ils jouent, ils se battent.

       "Un couple moderne", me dis-je. Au lieu de provoquer des drames conjugaux en se tapant dessus à coups d’assiettes offertes le jour du mariage, ils jouent à se battre dans le train qui les ramène chez eux. J’hésite à me réjouir. Mais si cette petite boîte ludique peut éviter que l’homme cogne sur sa femme ou l’inverse, comme il est hélas de mauvais goût de le faire, alors je dis : oui à la boxe conjugale sur « PSP » !

 

par Fred Sabourin publié dans : voyage, voyage...
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Mardi 17 avril 2007

                                                           le front aux vitres

       

         « A nous de vous faire préférer le train ». Comme prévu, le contrôleur du dernier TGV pour Poitiers dimanche soir, sur le coup de minuit, a scellé à l’heure du crime l’alliance de la goujaterie, de l’humiliation et de la comédie humaine dans toute sa splendeur. Le « bricolage » du billet ANPE par la guichetière SNCF de la gare de Rouen  s’est révélé perdant. Je n’avais pas la précieuse réservation, pour un train qui était soit disant « complet » et dont la voiture 5 où j’avais pris place comportait en tout et pour tout une vingtaine de voyageurs endormis… J’avise le seul maître à bord, après Dieu (couché tôt le dimanche soir donc aux abonnés absents), flanqué de sa splendide casquette qui, comme les képis, rétrécit les cerveaux reptiliens. Je passe sur les considérations physiques, le casting des contrôleurs SNCF échappant à tous critères de beauté discriminants, et c’est heureux pour certains. Devant son étonnement (« comment a-t-on pu vous délivrer un tel billet ? »), je lui demande un peu de compréhension et de souplesse, eut égard à la situation délicate de celui « qui cherche un job » et parcourt 442 km (avec le retour 884) pour essayer d’en trouver un, peut-être. Là, réponse du chef, à peine croyable mais historiquement historique, fut : « on n’est pas l’Armée du Salut ici ! Si il n’y a plus de place en TGV, prenez un Corail ! ». Comme je n'ai aucunement l'intention de descendre en marche, je fais remarquer le wagon à moitié plein, et donc à moitié vide… Si j’avais parlé à partir de ce moment là un vieux dialecte tibétain ou cantonais de la fin du dixième siècle, je n’aurais pas été plus mal compris. L’agent « TR 454 » (j’ai décidé de cafter moi aussi) me flanque donc une contredanse de niveau "première classe", alors que j’étais assis en seconde. Je lui fait remarquer le défaut de procédure, que je refuse de signer, il refait le PV, le visage fermé. Toujours vérifier deux fois.
Bien sûr j’aurais pu, à ce niveau de la compétition, créer un « incident voyageur » et lui flanquer ma main à travers la figure, ce qu'il aurait mérité d'une part, mais aurait fait les choux gras de l’insécurité dans les transports en commun d'autre part. Choux gras que la campagne électorale se serait empressée de reprendre à son compte. Imaginez les journaux et radios lundi matin : « un contrôleur agressé par un demandeur d’emploi dans un train de nuit entre Paris et Poitiers, grève surprise pour protester sur le champs » etc, etc. Les candidats auraient rebondi sur l’affaire, et j’aurais fait le lit de certains « démocrates » réactionnaires situés à l’extrême droite de Dieu. Comme je suis bien urbain, et avant tout soucieux du bien être de mes concitoyens, en un seul mot, j’ai baissé les yeux sans broncher, vaincu par la vindicte de « TR 454 ».
Ironie de l’histoire, si je puis dire, le lendemain, sur le chemin du retour, le même « TR 454 » a contrôlé le billet cette fois-ci en bon et due forme. Je lui ai demandé, sans rire, quelles étaient les conditions pour intégrer « l’Armée du Salut », mais il a feint de ne pas comprendre. Cerveau reptilien, et mémoire courte donc.
La plus belle ironie de cette histoire, finalement, fut donnée quelques instants plus tard : la poésie des petites choses de la vie a repris son cours, et elle m’est tombée dans l’œil, prouvant au passage que si on pourra, jusqu’à la fonte des neiges, inviter les cons à des dîners spécialement préparés pour eux, ils seront toujours moins délicieux que la beauté et la grâce du spectacle de l’humanité naissante, dans ce qu’elle a de plus régénérant. Et gratuit.
Ceux qui ne font pas partie du « club des joies simples » peuvent s’en tenir là. Pour les autres, dégustez ceci comme j’ai pu le faire moi même. 



          La petite fille au regard bleu et aux cheveux blonds regarde par la fenêtre du TGV. Dehors, alors que l’acier caréné fend l’air à 300 km/h entre Vendôme et Paris, se succèdent les champs de colza (jaune cocu), le blé en herbe (vert dur), le ciel (bleu azur). La petite fille au regard bleu et aux cheveux blonds a des tresses, comme Heidi, la « petite fille de la montagne ». Elle colle maintenant son front et son nez à la vitre. Je repense au poème de Paul Eluard tiré du recueil « l’amour, la poésie » : « le front aux vitres comme le font les veilleurs de chagrin ; ciel dont j’ai dépassé la nuit ; plaine toutes petites dans mes mains ouvertes ; dans leur double horizon inerte indifférent… ». Elle regarde. Semble soucieuse. Concentrée. Rêveuse. Consciencieuse. Elle met sa main sous son menton, avec un doigt qui remonte verticalement le long de sa bouche, une posture que je trouve très adulte. En regardant les objets posés sur la tablette devant elle, j’essaie de déterminer son âge : dix ou onze ans maximum. Une petite boîte rose avec des étoiles contient les trésors d’une petite fille de son âge : des stylos à paillettes, des crayons de couleur, une gomme fluo. A côté, signe du temps, une BD « manga » dont la couverture ne laisse aucun doute sur le contenu : une histoire de prince charmant et de princesse toute aussi charmante, version nippone. Elle porte un tee-shirt rose avec des arabesques imprimées dessus. Elle plisse les yeux : le soleil qui entre à plein rayons fait mal aux regards clairs. Le jaune du colza se mélange au bleu azur du ciel et soudain le vert de la Beauce envahit la voiture 17, place 55. A quoi pense-t-elle donc ? D’où vient-elle ? Hendaye, Dax, Bordeaux, Angoulême ? La petite fille au regard bleu et aux cheveux or semble si seule, accompagnée seulement par le sifflement de la grande vitesse. Peut-être contemple-t-elle son reflet que l’on distingue sans peine dans la vitre ?
Je regarde son voisin d’en face : il lit une biographie de Jacques C. par Pierre Péan. Et soudain je sors de ma rêverie : c’est plus fort que moi, je pense à dimanche prochain, à l’avenir de cette petite fille au regard bleu et aux cheveux blonds que je, vous, nous, tiendrons dans notre main lorsque je, vous, nous mettrons un bulletin dans l’enveloppe puis dans l’urne. Je me demande, c’est plus fort que moi, combien de personnes dans ce wagon seront tentés de voter pour le vieillard réac ou son alter ego légèrement édulcoré, « génétiquement » programmé pour conquérir le pouvoir, dans une sorte d’érection que d’aucuns qualifient d’inévitable. Je pense, et je repense à notre avenir, mais aussi au tien, petite fille au regard bleu et aux cheveux blonds qui regarde maintenant, comme dans un songe, les éoliennes aux grandes ailes plantées dans les champs de blé beaucerons. Je regarde ta moue rêveuse qui semble loin, très loin d’ici.  Peut-être as-tu vu, chère petite, que depuis cette ligne de TGV, à cet endroit précis, on distingue clairement les flèches de la cathédrale de Chartres, distante de… 25 km. Peut-être, et même sûrement, penses-tu aux copines que tu ne reverras pas avant la rentrée des classes du mois de mai, aux cousins et cousines que tu vas retrouver à Paris dans quelques minutes, et avec lesquels tu passeras des vacances merveilleuses. Peut-être rêves-tu de la tour Effeil ? Ta maman, à côté de toi, passe sa main dans tes cheveux, d’un geste maternel et tendre que tout le monde connaît.
Je regarde à nouveau la couverture du livre de Pierre Péan consacré à un locataire de l’Elysée en train de faire ses cartons. Je regarde le paysage défiler à tout berzingue, le sifflement de la très grande vitesse, ton regard océan dans le reflet de la vitre, la casquette du « monsieur TR 454 » et l’Armée du Salut. Je vois une carte d’électeur. Un isoloir. 44 millions d’adultes majeurs et vaccinés inscrits sur des listes. Et douze candidats, douze apôtres porteurs d’avenir (mais non pas tous) et de promesses plus que d’évangile…
A ce moment précis, je le jure, Paul Eluard vient achever cet instant onirique et pourtant si réel : « le front aux vitres comme le font les veilleurs de chagrins, je te cherche par delà l’attente, par delà moi même. Et je ne sais plus tant je t’aime lequel de nous deux est absent ».

            Dimanche prochain, nous votons, vous votez, ils votent. Je penserai à toi, « petite fille au regard bleu et aux cheveux blonds », le front collé à la vitre de ce train à grande vitesse.
Toi qui liras ces lignes, fais de même.





 

par Fred Sabourin publié dans : actu
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Vendredi 13 avril 2007

                    lettre à Jean-Louis Borloo et Anne-Marie Idrac

     Soit un demandeur d’emploi habitant Rouen convoqué à un entretien d’embauche à Poitiers. Pour s’y rendre, il choisit de « préférer le train », selon l’élégante formule de la SNCF. Il se rend donc d’abord à l’ANPE où il est inscrit, pour une prise en charge partielle ou complète de son billet de train (142 € aller – retour Rouen Poitiers, NDLR). Là, les ennuis commencent.
Il est muni du précieux sésame, la « convocation pour l’entretien », délivrée par le potentiel futur employeur, 24 heures plus tôt. Mais ce dernier a oublié, péché mortel, de préciser la durée possible du futur contrat de travail (pour l’ANPE de la place Cauchoise : minimum de deux mois en CDD. Autant dire qu’on « encourage » les chômeurs à se déplacer pour chercher du travail). Devant le refus obstiné de l’agent d’accueil d’entendre quoique ce soit, par exemple, un peu d’indulgence vu le peu de délais restant, le demandeur d’emploi pose la question cruciale : « vous êtes là pour m’aider ou m’enfoncer ? Vous savez que je ne vais pas à Poitiers lundi pour jouer à la belote dans un bistro, j’y vais parce que je suis convoqué pour un entretien d’embauche ». Réponse de la jolie dame aux yeux noisettes : « sans la mention sur votre convocation d’un CDD minimum de deux mois, je ne peux rien faire ».
Constat d’impuissance. Les bras lui en tombe, et c’est heureux. Ils auraient pu servir à autre chose.
Après avoir appelé l’entreprise qui le convoque (au passage, son interlocutrice habituelle ne sera pas là « avant lundi, pour cause de RTT », pardon pour ce détail), il reçoit quand même par fax en urgence la précieuse convocation dûment à jour. C’est bon, se dit-il, je vais l’avoir mon billet pour Poitiers.
Ne jamais se réjouir trop vite lorsqu’on a affaire à des services publics en France. Voilà que la gentille dame qui délivre le bon de transport précise : « faites attention, il y a des quottas par train, et en fonction des périodes du calendrier ». Mais devant sa bonhomie et la confiance qui règne désormais dans le bureau, on se dit que non, ça n’arrivera pas.
Dix minutes plus tard, au guichet SNCF : tous les quottas ANPE sont atteint… Plus de places pour les exonérés de la boîte à Borloo. Question du demandeur d’emploi : « et comment je fais, alors ? Je ne me rends pas à l’entretien ? ». Réponse : « si, mais  vous devrez payer plein tarif, monsieur ». Sans rire elle dit ça, la guichetière. Je demande à un chef qui se tient derrière elle (il porte une cravate et une chemisette blanche, c’est donc un plus chef qu’elle) : « qui détermine ces fameux quottas ? La direction commerciale », me répond-il. « Les quottas pour les chômeurs sont branchés sur les quottas des cartes commerciales » (ex : cartes Escapades, Grands Voyageurs, 12-25 ans etc). Question du demandeur d’emploi (fatigué d’avoir à négocier pour rien, si ça se trouve) : « alors, la SNCF préfère abaisser les quottas des chômeurs, qui ne lui rapportent presque rien, plutôt que les cartes commerciales, qui lui rapportent beaucoup ? Pas mal, pour une entreprise nationale de service public ». Réponse du chef (imparable) : « oui, mais la SNCF a aussi des prétentions commerciales. D’ailleurs c’est l’ANPE qui nous rembourse ». Mais oui bien sûr, où avais-je la tête ! L’Etat non commercial paie pour l’Etat commercial.
C’est l’estocade. Derrière lui, il entend la foule crier : « olé ! ». César baisse le pouce. Le gladiateur va mourir. Rideau.
Le demandeur d’emploi repart quand même avec un aller – retour bricolé à l’ancienne, avec une moitié de réservation pour un TGV, pour laquelle il a doit… payer (8,40 €). Et la certitude de devoir s’abaisser devant un contrôleur qui ne manquera pas de vouloir lui faire payer son absence de réservation dans les autres trains.  En lui proposant une amende, par exemple.

          Moralité : quand  tu es au chômage et que tu cherches un job, il vaut mieux être très courageux et tenace, ne rien lâcher et si possible ne pas trop bouger. On ne sait jamais, on pourrait dépasser les quottas. On comprend aussi pourquoi certaines personnes se démobilisent, et préfèrent les combines au black près de chez soi qu’un vrai travail plus loin.
Mais, à n’en pas douter, quel que soit l’heureux gagnant de ces jours prochains, le 7 mai, tout ira mieux.
C’est sûr. Promis juré. C’est une question pour un CDD de cinq ans, avec les quottas commerciaux à la clé.

PS : nous passerons sur le fameux « bon de transport » ANPE, dont la politique de mise en œuvre dépend des régions, appelées « bassins d’emplois ». Certaines régions demandent un justificatif d’entretien après coup, d’autres préfèrent anticiper. Pourtant il s’agit bien de l’agence « nationale » pour l’emploi. La décentralisation a parfois des effets pervers. Il faudra en avertir Monsieur Raffarin.


Promis, la prochaine fois on revient sur ce blog avec un peu de poésie. Gratuite.


 

par Fred Sabourin publié dans : coup de gueule
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Mardi 10 avril 2007

                                                  tueur né

       J’avais presque promis, sans rire, qu’on ne parlerait pas politique sur ce blog. Au risque de rompre avec la poésie habituelle qui règne sur ces pages (et dont nous sommes friands), je ne résiste pas à réagir à un propos récent d’un candidat à l’investiture suprême. Lequel a, selon les sondages et les commentaires, de grandes chances de l’emporter.
Ce petit homme aux grandes ambitions a dit, sans rire, qu’il « inclinait à penser que la pédophilie pouvait avoir des racines génétiques ». Comme si cela ne suffisait pas, il a ajouté, à propos des suicides de jeunes adolescents, qu’ils pouvaient aussi avoir des racines génétiques. « Inné », selon ses propos.
En clair : on « naîtrait » pédophile ou suicidaire. Aucune chance d’en échapper. C’est ton destin. Aucune prévention possible, aucune rencontre décisive pour faire basculer ce funeste avenir ? A n’en pas douter, comme dans « la guerre des étoiles », ce candidat a basculé du côté obscure de la force. On se souvient, il y a quelques années, du film Tueurs nés, qui posait à peu de choses près la même question : y a-t-il des tueurs « génétiques », innés ? Avec ce genre de propos, nous ne sommes plus très loin de la tentation de l’eugénisme, et nous succombons déjà à ce péché mortel pour l’humanité.

Georges Brassens avait sans doute raison, déjà, lorsqu’il écrivait : « le temps ne fait rien à l’affaire, quand on est con, on est con ».
Peut-être aujourd’hui écrirait-il : « quand on naît con, on est con » ?

par Fred Sabourin publié dans : coup de gueule
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