les béatitudes, selon St Nicolas
Quand St Nicolas vit la foule, il prit une barque et s’éloigna de la rive. Le peuple était resté sur le bord du lac, ainsi que ses disciples. Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire. Il disait :
« Heureux les riches ! Le royaume de France est à eux.
Heureux les assoiffés de pouvoir et les exilés fiscaux : ils seront désaltérés au Fouquet’s.
Heureux les ambitieux tyranniques impulsifs colériques nerveux : par leur dynamisme, ils obtiendront la terre promise.
Heureux ceux qui pleurent : ils prouvent qu’ils possèdent encore deux yeux pour le faire.
Heureux ceux qui ont faim et soif de l’injustice : ils vont pouvoir passer à table.
Heureux ceux qui, sans peur des contradictions, demandent miséricorde : l’amnésie est un remède à la repentance.
Heureux les cœurs durs : ils verront leur Dieu.
Heureux les ministres et collaborateurs de cabinets qui ne pensent pas comme le chef : ils seront appelés fils de... (fils de quoi déjà ?)
Heureux les petits et moyens artisans de paix : ils vont pouvoir travailler plus, et gagner plus (c’est bon pour la boutique).
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : ils déménageront de la rue du Faubourg St Honoré à la rue de la Santé.
Heureux serez-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car cela prouve que vous travaillez pour moi ! ».
par Fred Sabourin
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Vox populi…
La voix du peuple est irremplaçable, et c’est une nouvelle fois elle qui aura le dernier mot. J’ai toujours considéré les salles obscures comme des lieux où ne fait pas que « voir des films », mais où on en apprend beaucoup de ses contemporains. Suffit d’avoir deux oreilles, et de les laisser traîner.
Le mercredi à 14h, il fait bon s’installer dans un fauteuil de cinéma, juste avant le début du film. Aujourd’hui, on pouvait y entendre deux dames d’un âge très respectable, dont la tenue, le maquillage et le vocabulaire laissaient deviner sans trop d’efforts ce que leur enveloppe électorale contenait dimanche dernier. Ces deux dames discutaient de la croisière qui s’amuse au large de Malte.
« tu trouves ça choquant toi ? »
« non, pas plus que ça. Il avait prévenu. Et de toi à moi, je préfère le yacht de Sarkozy à la polygamie de Mitterrand avec sa femme et fille cachées ! »
« ça, c’est sûr »
Et bien voilà, rien d’autre à ajouter pour aujourd’hui. Comme le titrait « Libération », le « Boat People » du nouveau Président vaut mieux que l’adultère socialo-matrimoinal de la gauche caviar.
Une affaire de goût.
par Fred Sabourin
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insulte
Le nouveau Président de la République a promis le changement. Quelque chose de nouveau. Du neuf, donc du mieux. Travailler plus pour gagner plus, se lever tôt, ne pas confondre le temps de travail et les loisirs. Réduire le train de vie de l’Etat, faire des économies etc. Pas de mensonges, pas de déception, pas de trahison. C’était dimanche soir place de la Concorde.
Ca commence bien ! La « retraite » du nouveau Président est loin d’une ascèse de dix jours passée au fond d’une abbaye trappiste, pour méditer et « habiter la fonction présidentielle ». C’est le premier changement : ce type de réclusion pour réfléchir est digne du Moyen Age. Il a parlé de Jaurès, et il nous sert du Berlusconi. Sans surprise. La retraite (on hésite désormais à écrire le mot !) se passe sur un yacht au luxe scandaleusement et inutilement ostentatoire. Une claque dans la figure des millions de gens, dont probablement certains d’électeurs, qui ne bouclent pas leurs fins de mois, n’ont pas de logements personnels, voire vivent dans une toile de tente dont le montage s’effectue en « deux secondes ». Pour eux, pas de doute : aucune nouveauté. C’est même pire. Le « changement dans la continuité ».
Bien entendu, cette opération est couverte d’une sorte de « secret » d’Etat, qui s’est éventé petit à petit, et il est bien entendu que cette opération est payée par ses propres fonds, le bateau est prêté par son meilleur ami. On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille, mais ses amis, si. Très bien, ça ne coûtera pas un sous au contribuable donc. Je trouve par ailleurs désolant la relative désinvolture avec laquelle ses partisans prennent connaissance de l’affaire et tente de la justifier : « vous ne voulez quand même pas que le Président de la République fasse du camping ? ».
Et pourquoi pas ? Pourquoi pas un bon vieux trois étoiles en bord de mer, avec douches collectives, concours de pétanque et superette « petit Casino » ? Pourquoi pas une randonnée en montagne, gros godillots aux pieds, sac au dos et la sueur au front ? Pourquoi pas quelque chose de nouveau, justement, pour un homme d’Etat ? Une preuve, en quelque sorte, que les discours et visites au côté des blouses bleues n’étaient pas qu’une stratégie pour récolter des voix. Une vraie preuve de changement. Sans show business.
Le nouveau Président de la République ferait bien de montrer l’exemple, et se souvenir que si on fait la fête au XXIè s. place de la Concorde, on y a aussi guillotiné il y a deux cents ans celle que le peuple accusait de dépenses inconsidérées. Ils crevaient de faim. Ils étaient insultés par trop de luxe ostentatoire.
par Fred Sabourin
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édito
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saine colère, sainte colère ?
A lire et entendre les confrères ce matin dans la presse, le mot du jour est donc « pugnacité ». Mme Royale s’est montrée pugnace, littéralement « qui aime le combat ». Il faut dire que si Nicolas devait jouer la comédie du silence des agneaux, en gardant son calme, Ségolène devait plutôt jouer dans le registre « chèvre de Monsieur Seguin » (histoire de filer la métaphore des « Deux-Sèvres »).
Le débat a donc eu lieu. Avec pugnacité. Il a parfois plafonné au niveau d’une cours de collège, avec ces batailles de chiffres où seuls les experts s’y retrouvent, et surtout cette manière si désagréable de se couper mutuellement la parole. Pour des candidats prônant le respect, l’écoute, l’obéissance au maître d’école, la discipline etc., l’exemple est bien mal donné. Or on sait que l’exemple vient souvent d’en haut. On n'y peut rien c'est comme ça.
Et puis, et puis… il y a eu cette fameuse colère de 22h55. Cette sortie de gonds. Cette faille que l’un et l’autre ont attendu pendant presque deux heures, c’est finalement Ségolène qui va la trouver. Et s’y engouffrer. On peut être déçu de ne pas avoir entendu, comme du temps des candidats Chirac, Jospin, Mitterrand et Giscard d’Estaing, ces petites phrases sibyllines qui font les grandes heures de la télévision française, et les petites portes de la politique à l’esprit cocardier. Mais on a eu la « saine colère » de Ségolène, à propos de l’éducation des enfants handicapés. Qu’on ne s’y trompe pas. Ce n’est pas sur la colère qu’il faut épiloguer. Tout le monde est capable de s’emporter quand l’injustice est valable, et la cause entendue. Un certain Nazaréen l’a fait, de son temps, sur le parvis du Temple de Jérusalem (ça lui a d’ailleurs coûté cher d’avoir viré les petits commerçants poujadistes : faut pas jouer avec les PME et ça depuis fort longtemps !). Ce sur quoi il faut épiloguer c’est l’objet de la colère : la scolarisation des enfants handicapés, et, derrière eux, le reste de la forêt : le handicap dans notre société, la différence, la souffrance physique ou morale. Les gros, les moches, les boiteux, les petits, les trop grands, tout ceux qui ne rentrent pas dans les canons actuels de la mode. Les lois anti-discrimination de 2004 n’ont parfois changé que la surface.
Il serait dommage, vraiment, qu’on laisse s’éloigner cette royale colère de sa source première, loin de toute instrumentalisation : il s’agit d’une saine colère si elle concerne en effet le respect des personnes humaines. Si il s’agit d’un instrument au service d’une stratégie verbale pour une joute oratoire visant à s’asseoir sur un fauteuil à l’Elysée, alors ce n’est ni une sainte ni une saine colère.
C’est une immoralité politique de plus. Sans être un mépris de moins.
par Fred Sabourin
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Vive la reine !

Ce matin à 11h, dans le bureau de vote de la mairie du XVIIè arrondissement de Paris, une femme déclare, voyant la file d'attente pour voter : "ah non ! je ne fais pas la queue pour voter ! je reviendrai ce soir". Vous avez raison, madame, d'être si peu persistante. J'en connais d'autres, en des contrées moins démocratiques, qui tueraient père et mère pour accomplir ce "luxe" de faire la queue afin de voter. Est-elle revenue ? Ne sais pas. Du XVIIè arrondissement, nous sommes passés au XVIIIè siècle, et le bonheur était dans le pré de la Marie-Antoinette...


par Fred Sabourin
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