.

                                                             ... Fred Sabourin

           

Bloc-notes, photos, articles, chroniques, éditoriaux, poèmes, carnets de voyages, essais...
                             (depuis le 9 février 2006)

 

 

"Fais de l'obstacle la matière même de ton action"

(Marc Aurèle)

     

Lundi 2 juillet 2007

                                                          Symphonie en sous sol

     Salut à toi le Maghrébin, salut à toi le chauffeur, salut à toi le Portugais, salut à toi le technicien, salut à toi la tête de Turc, salut à toi la caissière, salut à toi le clandestin, salut à toi le Chinois, salut à toi le balayeur, salut à toi le rayonneur, salut à toi l’Africain, salut à toi l'endormi, salut à toi l’éboueur, salut à toi le Bohémien, salut à toi le jeune stagiaire, salut à toi le Brésilien, salut à toi la Tzigane, salut à toi le socialiste, salut à toi l’Indien, salut à toi le révolutionnaire, salut à toi le trotskyste, salut à toi le Pakistanais, salut à toi le voyageur, salut à toi la prostituée, salut à toi le Libanais, salut à toi le routard, salut à toi le Porto-Ricain, salut à toi le travelo, salut à toi le clodo, salut à toi l’Américain, salut à toi le camionneur, salut à toi l’Israélien,  salut à toi le facho, salut à toi le rachitique, salut à toi la fashion victim, salut à toi le maraîcher, salut à toi le boulanger, salut à toi la jeune maman, salut à toi l’adolescent, salut à toi l’animateur, salut à toi l’homme de couleur...

(il est 5h30, le métro d’une grande ville du Rhône résonne de Français-qui-se-lèvent-tôt)

 

par Fred Sabourin publié dans : étonnement
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Mercredi 20 juin 2007

                                                                  22, v’là les…

      Pourra-t-on bientôt ranger au registre des souvenirs le refrain « ah le petit vin blanc, qu’on boit sous les tonnelles, quand les filles sont belles, du côté… des quais du Rhône » ? Les fameuses berges de Lyon ont été rendues au peuple, sous la forme élégante et un brin bo-bo de pistes cyclables, de péniches transformées en guinguettes, de petites prairies bordées d’arbres, de terrains de pétanque, de jeux pour enfants et de gradins en pierres blanches d’où on peut admirer le soleil se coucher derrière Notre-Dame de Fourvières… Les berges sont rendues à la plèbe, et… aux légions de César (loué soit-il), qui sont là pour faire en sorte que l’ordre règne, avant toute chose.
Les dîneurs amicaux et autres joueurs de guitare sont prévenus : « il est interdit de consommer de l’alcool sur les gradins, sous peine d’une amende de 68 euros, ou de vidange du liquide prohibé dans les poubelles municipales ». Ce n’est pas moi qui le dit, mais les dix policiers municipaux, tout droit sortis d’un nouveau western, qui paradaient hier soir vers 19 heures. Heure de la sortie du boulot, pour l’ouvrier besogneux et son cadre en col blanc, pour l’étudiant fauché qui passe ses examens sous le brûlant soleil rhodanien, bref pour celui qui aspire à un peu de détente avant de retrouver ses pénates. Fi donc ! Adieu mauresque ou bière fraîche salvatrice ! Elles finiront dans les eaux du Rhône, où les poissons s’enivrent déjà de cette fête aussi imprévue que ridicule. Passons sur la remarque, fort judicieuse, d’un couple BCBG assis près de moi, avec deux verres amoureusement enlacés et au couleur d’un fin nectar du sud de la France (un beau rosé des Corbières) : « mais, m’sieur l’agent, ce n’est pas de l’alcool, c’est du vin ! ». Réponse de l’assermenté : « c’est pareil ! ». On ne badine pas avec l’amour, ni avec la paix publique, et la déclaration des fiancés passera donc par les fourches caudines d’un cow-boy qui confond encore l’anis et le raisin. Serions nous si loin du Beaujolais ?
En tout état de cause, et si il est probable qu’à des heures indues l’amphithéâtre se transforme en annexe de la rue de la Soif (mais où est la cavalerie à cette heure là ? me disait un ami lyonnais), à l’heure de la débauche : point de débauchage avec un petit verre, même pour agrémenter les serments d’amour.
On nous avait prévenu que la société avait besoin de changement, que l’autorité et l’ordre allait régner. Qu’il était fini, le temps des vendanges. Qu’après la fête, le boulot. Nous voici contrains, comme le petit empereur, au pain sec et pire : à l’eau ! Bacchus va se retourner dans sa tombe, et avec lui des générations de pinardiers reposant six pieds sous terre dans la vallée du Rhône…
Bientôt une petite étiquette sur les uniformes, où l’on pourra lire : « l’abus de forces de l’ordre peut devenir dangereux pour la santé » ?

par Fred Sabourin publié dans : étonnement
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander
Lundi 18 juin 2007

                                                                 l’air de rien



      Le plaisir des mots sort parfois des simples livres qu’on achète et tient contre soi comme une couvée de poussins, dans la file d’attente d’une librairie. A  « l’Armitière », sorte d’équivalent rouennais du bordelais « Mollat », je commence à lire « Un homme à la mer » d’Olivier Frébourg (né à Dieppe en 1965, ce n’est pas moi qui l’invente mais la quatrième de couverture). Devant moi, deux hommes bavardent, assez fort pour que tout le monde profite du conciliabule. Le plus « vieux » (environ 45 ans) dit à l’autre : « et toi, qu’est-ce que tu deviens ? » (signe évident qu’il avait jusqu’ici beaucoup parlé de lui). L’autre (plus « jeune », environ 35-40 ans, avec un enfant dans les bras qui poussaient jusqu’alors des cris de veau qu’on égorge) : « ben… pas grand chose… On continue… J’attends d’voir… On essaie, quoi ».
Ben, pas grand chose. On continue. On essaie, quoi. On pourrait ajouter : « ben ouais, c’est comme ça, faut pas chercher ». Une sorte de « à quoi bonisme » bien dans l’air du temps désenchanté. C’est sans doute ça, la nouvelle France en soit disant rupture avec l’ancienne : une sorte de résolution à tenir coûte que coûte, résigné, frileux, sans avis. Je sais la futilité du badinage de ces conversations de concierges (pardon pour elles !), nous en avons tous eu, nous en avons encore, et nous en aurons toujours. Mais cet air du temps, air de rien, aire de jeu de « l’homo urbanicius » qui laisse traîner ses yeux et ses oreilles quand d’autres s’enfoncent des écouteurs d’i-pod dans les cages à miel, tout ceci a quelque chose de rafraîchissant dans la vie d’aujourd’hui. La plèbe n’est pas morte, elle ne fait que sommeiller, parfois… L’air de rien.



 

 

(PS : merci aux dynamiques et curieux élèves de 6èB du collège "JB" de la Salle, pour leur participation à l'ébauche de cette petite chronique... Bon vent ! )

par Fred Sabourin publié dans : actu
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Samedi 16 juin 2007

     « Fais en sorte que ta vie soit comme la cloche qui carillonne ou le sillon au sein duquel fleurit et fructifie l’arbre lumineux de l’idée. Elève ta voix au-dessus de la voix sans nom de tous les autres, et fais en sorte qu’on voie, à côté du poète, l’homme ».
(Nicolas Guillén, poète cubain du XXè siècle)

       

         Marre de tout ? Raz le bol des fins d’années scolaires frénétiques ? Envie de tout plaquer ? Besoin de vacances ? Rompre la solitude ? Le blog « Le Jour d’après… Fred Sabourin » vous offre quelques fonds d’écran. Ouvrez la fenêtre, respirez. Le lin est bleu, dépêchez-vous, après midi la fleur se referme. Quand à la plage de Varengeville, pour mieux la déguster, ôtez vous chaussures. Vous avez remarqué ? Il y a du sable sous vos pieds…



 

 

par Fred Sabourin publié dans : poésie
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Mercredi 13 juin 2007

Et toi, t'es sur qui ?

     de Lola Doillon. France 2007. 1h30. Distribution : Rezo Films. Avec : Lucie Desclozeaux ; Christa Théret ; Gaël Tavares ; Nicolas Shweri…

     Fille de Jacques, Lola Doillon, 32 ans, réalise son premier film, après avoir touché à presque tous les métiers du cinéma. Après un premier court métrage il y a deux ans (Majorettes), elle écrit  Et toi, t’es sur qui ?, histoire d’adolescents aux prises avec l’amour. Thématique déjà visitée par son père.
Elodie et Julie sont dans l’œil du cyclone : entre la troisième et la seconde. Elles sont copines, dans le plus pure style des adolescents de cet âge. Elodie est légèrement introvertie, et Julie est « gothique ». Les vacances approchent. Elles font un pacte entre elles : coucher avec un garçon avant l’été. Il ne reste qu’une semaine, et un stage en milieu professionnel. Côté garçon, le choix est limité : Vincent en pince pour Elodie, dont il est vraiment amoureux. Mais elle « kiffe » Nicolas, sorte de petit con vantard qui collectionne les aventures, à ce qu’il dit. Les filles vont coucher avec les garçons, en effet, mais pas nécessairement celui qu’elles voulaient au départ. Crise d’ado, crise du corps et du cœur, je te cherche, tu me manque, tu me plaît, il ne t’aime pas. On est en plein dans le mille.
Tourné en cinq semaines à Angoulême, Et toi, t’es sur qui ? respire la fraîcheur du premier film, pour tout le monde, puisque pour les acteurs, comme Lola Doillon, c’était aussi « la première fois ». Au final, un petit bijou de liberté, alternant entre légèreté et gravité, comme un Truffaut trente ans après. Un objet rare dans le monde du cinéma, les films aux sujets adolescents étant trop souvent caricaturés pour être crédibles. Lola Doillon a visiblement bien compris et évite le piège, on sent que l’équipe s’amuse et dépasse le sentiment de première fois. Et toi, t’es sur qui ? Et bien nous on est sur ce film, et certain d’une chose : l’adolescent qu’on a été n’est jamais loin.


par Fred Sabourin publié dans : chronique cinéma
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander

Calendrier

Décembre 2008
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus