Vendredi 6 janvier 2012 5 06 /01 /Jan /2012 07:55

 

 


On cherche, depuis le début du mois, de vaines raisons pour justifier les vœux formulés à l’occasion du passage à la nouvelle année. Cela semble tellement surfait, mielleux, inutile, futile, exagéré, infantile même. L’exercice, qui vire au marronnier, comme disent les journalistes d’un évènement qui revient immanquablement chaque année et qu’il faut couvrir, coûte que coûte, provoque une indigestion bien pire finalement que celle déclenchée par l’abus éventuel de chocolats et autres canards gras.
 

Plutôt que des vœux, j’ai envie de vous parler de l’histoire de Yann. Un petit trentenaire, ni complètement adulte ni complètement post adolescent, cuisinier en restauration collective, et qui aspire à autre chose. Tombant sous le charme de Nadia, une serveuse d’un restaurant chic qui élève toute seule son fils de 9 ans, Slimane, ils découvrent une bâtisse abandonnée au bord d’un étang. Yann y voit l’occasion de pouvoir monter sa propre affaire. Faute d’un apport suffisant, le jeune couple recomposé contracte des crédits à la consommation – les fameux revolving – pour effectuer les travaux. Las, l’emprunt ne suffit pas, la commission de sécurité retoque le projet, et le restaurant ne peut pas ouvrir. Le couple s’endette encore plus. C’est le début de la spirale infernale. Dans le mobile home où ils vivent, une violente dispute éclate. Le jeune femme part avec son fils, et cède aux sirènes d’un travail bien payé promis au Canada. Mais elle ne peut pas tout de suite emmener Slimane, qu’elle confie à Yann, pour un temps, dit-elle. Ce dernier, acceptant enfin de mettre le restaurant en gérance, vit avec le jeune garçon dans une piaule miteuse louée à un marchand de sommeil. Il s’enfoncera d’avantage lors de la vente du restaurant. Les relations avec l’enfant sont compliquées et tendues pour ce père malgré lui et le garçon qui n’en avait pas. Yann va tout faire pour essayer de retrouver Nadia au Canada, elle qui ne donne plus de nouvelle depuis plusieurs mois sans raison apparente.

 

C’est une histoire dure. Une histoire qui pourrait être vraie, et qui pourtant est aussi, malgré elle, romanesque. Une histoire qui oscille entre la poursuite d’un idéal et le simple souci de survie. Une histoire d’audace aussi : du premier baiser à l’envol pour Montréal, Yann n’a de cesse, dans une sorte de mouvement perpétuel, de déployer cette audace qu’il possède au fond de lui. C’est aussi l’histoire de silences. Comme dans la vie, lorsque deux êtres vivent et ont à se dire quelque chose d’important, ou simplement partager un moment ensemble, il n’y a pas de musique additionnelle en fond sonore, pour arracher un pathos supplémentaire à des spectateurs qui n’en demandent pas. En quelques plans nous est brossé à traits fins la rencontre amoureuse, le déclassement social, la naissance du lien filial. Ce n’est pas la moindre qualité de cette œuvre. 
 

L’engrenage est trop bien connu : combien se battent contre un système aberrant, qui prône l’entreprenariat mais barre la route de tracasseries financières et administratives, gangréné par des économies parallèles et brutales ? Cessons le couplet sur l’Internationale.

Une heure cinquante dans une salle obscure, c’est tout le mal que je vous souhaite en ce début d’année 2012, et l’avantage de la lumière éteinte c’est que personne ne verra votre émotion qu’il serait dommage de retenir : ça vous ferait plus mal qu’autre chose, et il n’y a pas de honte à dire qu’on peut être ému au cinéma.
 

Car ce n’est pas le tout, voyez-vous, d’être "indigné". Encore faut-il conjuguer cette indignation pour qu’elle se transforme en action, ce que la maturité de l’acteur Guillaume Canet et le réalisateur Cédric Kahn parviennent magnifiquement à faire. En trouvant chez nous – fait rare – la corde de l’émotion vraie et non feinte.

 

 

Une vie meilleure. Film français de ce Cédric Kahn, avec Guillaume Canet, Leïla Bekhti, Slimane Khettabi. Sur les écrans depuis le 4 janvier.

 

Bonne année.

 

 

Une vie meilleure : photo Cédric Kahn, Guillaume Canet, Slimane Khettabi

 

 

 

Une vie meilleure : photo Cédric Kahn, Guillaume Canet, Leïla Bekhti

 

 

 

 

Une vie meilleure : photo Cédric Kahn, Guillaume Canet, Leïla Bekhti

 

 

 

 

Une vie meilleure : photo Cédric Kahn, Leïla Bekhti, Slimane Khettabi

 

 

 

 

 

 

 

Par Fred Sabourin - Publié dans : chronique cinéma
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Jeudi 5 janvier 2012 4 05 /01 /Jan /2012 07:50

 

 

 

Pauvre chat

 

 

Putain l'année commence mal...

 

 

 

Par Fred Sabourin - Publié dans : quelle époque !
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Samedi 31 décembre 2011 6 31 /12 /Déc /2011 23:59

 

 

 

SAB 0888 R

                                              - Ma biscotte ! -

 

 

On ne sait pas où on va, mais au moins on a fini 2011 avec le sourire...

 

 

 

 

Par Fred Sabourin - Publié dans : religion
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Vendredi 23 décembre 2011 5 23 /12 /Déc /2011 18:00

 

 

 SAB 0723 Rec R

 

 

 

"Noël, Nouvel an, No futur"

 

(inspirée par un autre blogueur persifleur, merci à lui).

Pour le reste, vivement l'année prochaine, qu'on passe à autre chose. Si c'est encore possible...  

 

 

 

 

Par Fred Sabourin - Publié dans : coup de gueule
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Samedi 17 décembre 2011 6 17 /12 /Déc /2011 15:47

 

 

(un projet photographique)

 

 

 

SAB 0643 R

                                         - Sans issue -

 

 

 

Les photos que vous allez voir ci-dessous ont dormies pendant à peu près un an dans le disque dur, très dur, de mon ordinateur. C’est comme ça, parfois, on choute des trucs sans trop réfléchir et on se dit que « ça pourra servir plus tard. » Dans le cas présent de ce « choute » rouennais, cela n’était pas complètement irréfléchi. Ce projet photographique, je l’avais longuement pensé avant d’aller sur place. Il s’agit d’une zone urbaine aux portes de Rouen, à Saint-Etienne-du-Rouvray. Un endroit peu glamour en vérité, cerné par le boulevard Lénine (tout un programme !), les cheminées d’usine, la voie de chemin de fer, une autre usine, et la Seine. Là sont aussi échoués des hôtels bon marchés où l’on peut arriver et repartir sans avoir croisé un être humain, il suffit d’avoir une carte de couleur bleue. Près de cet endroit il y a un rond point, bizarrement nommé « des vaches, » parce qu’il y a des statues de vaches au milieu, inertes, semblant regarder passer les automobilistes et camions filant vers d’autres lieux moins inhospitaliers.
 

C’est l’apparente absence d’êtres humains qui m’avait justement attiré là, un jour d’automne froid et pluvieux, où les beaux jours ne sont plus qu’un vague souvenir, et où l’hiver s’annonce à petits pas, avec ses lumières froides et grises. J’étais souvent passé, en voiture, sur le fameux boulevard Lénine, qui se poursuit en boulevard Industriel, coincé entre les lignes de chemin de fer et la zone industrielle. Ce coin-là me paraissait un no man’s land, comme on dit. Mais on voyait bien que des gens habitaient là, entre les maisons abandonnées, une rue construite à la manière des corons du nord, cité – usine pour ouvriers échoués au milieu de rien ou si peu, rues sans issues et boulevards passants, parkings d’hôtel d’un soir et cheminées d’usines.
Cela semblait irréel, comme hors du temps et pourtant la trace de l’homme était partout, à bien y regarder. Voitures, jardinets, balançoires, poubelles, caravanes, plantes, rideaux aux fenêtres, chiens de garde.
 

J’ai passé la matinée à photographier ce lotissement à demi habité, à demi abandonné, ces rues boueuses et routes passantes (me répétant sans cesse, « boulevard Lénine »), en me disant que cette matière finirait, un jour, par servir. J’ai photographié jusqu’à ce que, de façon inattendue, le soleil perce les nuages. Ça changeait tout, et ce n’était plus la lumière que je voulais. Je suis parti.

 

J’ai repensé à ces photos en voyant, il y a quelques jours, une zone similaire près de Vendôme, dans le département où je vis désormais. Alors je me suis dit qu’il était peut-être temps de ressortir cette série et d’en faire quelque chose.

 

 

 

SAB 0660 R

                                                             - Venir -

 

 

 

 

SAB 0693 R

                                                   - Sud -

 

 

 

 

SAB 0664 R

                                                      - Welcome -  

 

 

 

 

SAB 0669 R

 

 

 

 

SAB 0670 R                                                              - Fuite ? -

 

 

 

 

SAB 0673 R

                                                   - Habiter -

 

 

 

 

SAB 0681 R                                                           - Spectacle permanent -

 

 

 

 

SAB 0663 R                                                - La vie de château -

 

 

 

 

SAB 0692 R                                                     - Partir -

 

 

 

 

SAB 0649 R

                                                             - Allo ? -

 

 

 

SAB 0659 R

                                                         - Couleur -

 

 

 

 

SAB 0646 R

                                                       - Sans issue (n & b) -

 

 

 

  (c) Fred Sabourin. nov 2010 - dec 2011.

 

Par Fred Sabourin - Publié dans : regarde-la ma ville
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