Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /2010 12:01

Physique ascétique, visage taillé à la serpe et textes tout aussi tranchants : Mano Solo, auteur - compositeur inclassable, qui avait fait ses preuves dans les bistrots, les petites scènes de rien du tout (comme celle du Tourtour, impossible d'oublier ce moment...), immortel ou presque. T'es parti Mano, et avec toi un cortège de séropo en rémission qui nous rappelle qu'on ne meurt pas seulement de la gripette hache hein nain nain.
Le blogueur se souvient de concerts où on se faisait engueuler (sans trop savoir pourquoi), d'une voix cassée qui nous fendait le coeur pour y laisser entrer des textes d'une poésie infinie.
Mano, t'es parti de l'autre côté du pont, et sur ce blog un jour, il y a eu une p'tite chanson : 
les gitans  (cliquez dessus bande de nazes)
Ciao pantin.


Je n'y peux rien

"Le soleil couche ses rayons sur le corps d'une ville, il apaise les raisons et pour demain prépare ses p'tites folies. Je sais que le monde n'est pas une machine, je sais qu'il gronde, qu'il saigne et fulmine.
Et je n'y peux rien. J'aime tant la vie que chaque jour, elle recommence. Je n'ai cherché qu'une voix pour adoucir les violences. Je n'ai chanté que des vérités d'amour, je n'ai menti que pour tracer des routes de velours.
C'est une chance que de vivre de mots, une éternelle enfance à naviguer dans le beau ondulant, dans l'ondée musicale. C'est une aubade dans laquelle je me trimbale, c'est un voyage dans un espace nouveau, c'est une page qui se lit de bas en haut, une tour de Babel de rimes cruelles déroulant les coeurs en ribambelles. 
Je n'y peux rien, j'aime tant la vie que chaque jour elle recommence. Je n'ai cherché qu'une voix pour adoucir les violences. Je n'ai chanté que des vérités d'amour, je n'ai menti que pour tracer des routes de velours".

Mano Solo (album "Les Animals")

Par Fred Sabourin - Publié dans : poésie
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Vendredi 8 janvier 2010 5 08 /01 /2010 17:11


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Par Fred Sabourin - Publié dans : regarde-la ma ville
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Lundi 4 janvier 2010 1 04 /01 /2010 09:45



reduit Eyne 7-01-09 048



Et c’est reparti pour un tour : et bonne année par ci, et bonne santé par là. Et l’avalanche de cartes de vœux virtuelles inondant la boîte mail avec photos à l’appui. Aussi écœurante que les chocolats de noël, l’année du « Neuf » a fini par foutre le camp, et c’est tant mieux car pour ce qu’elle a apporté, franchement l’année du Dix pourra-t-elle être pire ? Allez, oui, faisons des vœux, ça ne coûte rien et les résolutions, c’est comme dans une organisation internationale : on n’est pas obligé de les tenir et personne ne se soulèvera si on le fait pas !

Coïncidence, le blogueur s’est trouvé, à quelques jours près, au même endroit que l’année dernière, en Cerdagne catalane pour être précis.
Il y a plusieurs décennies, un autre à moustache a écrit La supplique pour être enterré sur la plage de Sète, mais en passant à nouveau dans le petit village d’Eyne, du nom de la micro vallée qui porte son nom, suis allé faire un tour au petit cimetière. Je vous entend déjà soupirer : « visiter un cimetière pour la nouvelle année : quelle drôle d’idée ! ». Les réfractaires à toute idée philosophique peuvent cliquer sur la petite croix blanche sur fond rouge en haut à droite de l’écran en effet (et bon vent !).
Pour les autres – qui seront majoritaires espérons-le, c’est une bonne manière de considérer le monde turbulent qui nous entoure, et entourera à n’en pas douter, en 2010. Toutes ces choses à obtenir, à acheter, à vendre, toutes ces idées à échanger, ces projets à revoir, d’autres à faire naître, d’autres encore à pousser. La technologie encore plus forte (et faible à la fois) pour nous faciliter (pourrir) la vie. Les promesses qui nous seront distillées, n’engageant que ceux qui les écouteront. Tous ces vaccins à vendre et tout cet argent qui aurait pu sauver tant de nécessiteux et pas uniquement en Afrique. Toutes ces histoires qu’on va nous raconter, mensonges et grosses ficelles, couleuvres à avaler jusqu’à l’indigestion.

En voyant à nouveau ces croix, ces pierres, et même pour certains seulement de la terre, en scrutant les dates - dont certaines sont vieilles de plus de cent ans ! il est des souvenirs qui reviennent, et des projets plus important que d’autres. « Les linceuls n’ont pas de poches » dit le proverbe. Combien de temps encore, avec ceux qui nous sont proches, ceux que nous aimons, et que nous ne voyons pas assez ? Un ami disait récemment : « je vois mes parents trois fois par an, deux ou trois jours en moyenne  à chaque fois. Considérant leur âge et l’éloignement géographique qui nous sépare, j’ai calculé qu’il me reste au mieux environ quarante jours pour profiter d’eux au mieux avec la santé. J’ai avancé la date de mon prochain séjour chez eux ».

Allez, bonne année pour de vrai. Sur un air de guitare en si mineur, fa dièse, mi mineur et la 7è : « A Eyne, au pied des montagnes de Cerdagne catalane, creusez si c’est possible, un petit trou moelleux, une bonne petite niche… »



reduit Font Romeu Déc09 (4)
photo : Marc Lucas


reduit Toulouse Déc09 (24)
photo : FS (couvent des Jacobins, Toulouse)


Par Fred Sabourin - Publié dans : voyage, voyage...
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Mercredi 23 décembre 2009 3 23 /12 /2009 19:40

                                      Tetro

De Francis Ford Coppola. Etats-Unis, Italie, Espagne, Argentine 2009. 2h07. 100 copies. Distributeur : Memento Films. Avec : Vincent Gallo ; Alden Ehrenreich ; Maribel Verdu ; Carmen Maura…

Tetro


Si par malheur Coppola mourrait maintenant, Tetro pourrait être considéré comme un œuvre testament. Pour l’instant, le monstre du cinéma est bien vivant, et il signe avec cette histoire de famille un film très personnel, dit-on, mais lequel des siens ne l’est-il pas ?
Tetro est d’abord et avant tout un très bel objet de cinéma. Le noir et blanc, lustré et brillant donne ce ton unique, un frisson qu’on avait ressenti, en son temps, avec The Barber des frères Cohen. Coppola l’a dit : « je suis derrière chaque image ». On veut bien le croire, tant l’obsession du cadrage rend encore plus fort le sentiment d’assister à un beau spectacle, et le plaisir est total puisqu’il n’oublie pas de soigner le scénario.
Un frère cherche son frère et tombe sur sa belle-sœur. Il y gagnera des pages d’écritures de son frère ex-fou passé par la case « asile », accomplira son travail textuel pas terminé, y perdra son pucellage et y gagnera un père à force de le chercher dans des figures qui ne sont pas les bonnes. C’est, en peu de mots résumés, la trame de Tetro, qui se déroule à Buenos Aires, carte postale noire et blanc de quartiers populaires. Coppola a le bon gout de ne pas nous infliger deux heures de tango pour nous faire comprendre qu’on est en Argentine. Juste un autobus et quelques bistros suffiront.
Au chapitre acteur, Vincent Gallo, qui frise en vrai la cinquantaine, est sérieusement envoûtant, tandis que la révélation vient d’une étonnante ressemblance physique avec Léonardo di Caprio, mais ça n’est pas lui je vous promets, puisqu’il s’agit du très convaincant Alden Ehrenreich.
La tension familiale fait parfois penser souvent à celle du Parrain (en moins sanglant), et la photo à Rusty James, dans ce que le noir et blanc peut avoir de plus séduisant. Le numérique lui apporte une grâce supplémentaire.
Accueilli fraîchement à Cannes (où il a quand même eu droit à la Quinzaine des réalisateurs), le nouveau film de Coppola possède la faculté de décevoir ou d’emballer le spectateur selon l’état dans lequel on ira le voir. On pourra, par exemple, se désespérer de certaines lenteurs, s’agacer des flashs back kitchs ou encore de bâiller devant ce mélo familial.
Mais si on y va dans l’espoir de voir du beau cinéma, un brin baroque et totalement maîtrisé, on aimera et les défauts cités précédemment deviendront des qualités, en particulier ces images d’archives qui semblent tout droit sortie d’une bobine super 8 des années 70, le son en plus.

Tetro, on pourrait dire (si on osait), « t’es trop fort (Ford ?) Copolla ». Mais le tutoiement n’est pas de mise pour les génies, seuls habilités à s’adresser sur ce ton aux dieux de la pellicule.
Comme disent les jeunes : trop bien.


Tetro


Tetro


Tetro

« Première Séance », une chronique cinéma à retrouver le mercredi 11h45 sur RCF Angoulême & le jeudi 11h35 et 12h55 sur RCF Haute Normandie. Fréquences au
www.rcf.fr



Tetro

Par Fred Sabourin - Publié dans : chronique cinéma
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Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /2009 12:28

Le père de mes enfants

De Mia Hansen-Love. France, Italie 2009. 1h50. Distributeur : . Avec : Chiara Caselli ; Louis-Do Lencquesaing ; Eric Elmosnino…

Le Père de mes enfants


Mourir d’aimer le cinéma. Ce pourrait-être un rêve de cinéphile, ce fut le cauchemar de Humbert Balsan, homme bien né et producteur de cinéma notamment de Youssef Chahine. Il aimait le cinéma par-dessus tout, le cinéma l’a emporté. Il se suicidait à 51 ans, laissant derrière lui des dettes mais aussi – et surtout – d’heureux souvenirs.
Mia Hansen-Love, jeune cinéaste de 28 ans, inconnue jusqu’ici et qui aurait plu à ce producteur qui donnait une chance aux nouveaux venus, en tire un film qui ne ressemble pas à un tire-larmes. Son producteur à elle, Grégoire, va se noyer à force d’accumuler les difficultés, sans jamais en parler à son entourage. C’est un homme qui n’a pas l’honneur sous son mouchoir, bouffé par son téléphone portable au point d’en devenir insupportable, stressé et obsédé par la peur de l’échec. C’est aussi un père de famille féminine et heureuse (il a trois filles). Mais, dos au mur, il va commettre l’irréparable en se donnant la mort, plongeant tout le monde dans le désarroi et la stupéfaction.
Dans la deuxième partie du film, clairement identifiée, sa femme et ses proches reprennent le flambeau de son œuvre, tentant de finir ce qui était commencé, en essayant de ne pas tomber sous les dettes aussi. Ses filles continuent de vivre, bon gré mal gré, seules au monde désormais ou presque.
Mia Hansen-Love, déjà remarquée avec Tout est pardonné, signe avec Le père de mes enfants un drame à la couleur de l’espoir, ne tombant pas dans le piège du pathos exagéré, ni dans la béatitude outrancière. De la même manière qu’on aurait aimé être Grégoire Canvel du début du film, après la fissure on aimerait aussi continuer son œuvre, trouver des raisons d’espérer tout en restant un peu dans le tunnel de la douleur pour mieux sentir l’amour des proches.
Accompagné d’un casting parfait, Louis-Do Lencquesaing au charisme phénoménal, et des enfants qui jouent à ne pas jouer, Mia Hansen-Love trouve le ton juste sous la bonne lumière.
Mais Le père de mes enfants est aussi un formidable état des lieux du cinéma indépendant d’aujourd’hui. Apre et dur quant aux problèmes financiers récurrents, mais laissant passer des éclairs de génie cinématographique, comme ce très sensible portrait d’une famille heureuse brisée en plein élan, et qui cherche désormais la voie.

Un beau film, on vous dit.


Le Père de mes enfants



Le Père de mes enfants


« Première Séance », une chronique cinéma à retrouver le mercredi 11h45 sur RCF Angoulême & le jeudi 11h35 et 12h55 sur RCF Haute Normandie. Fréquences au www.rcf.fr

Par Fred Sabourin - Publié dans : chronique cinéma
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