voyage, voyage...

Mercredi 12 mai 2010 3 12 /05 /Mai /2010 10:06

 

reduit Istanbul 27-04-10 (21)

 

 

Il faut voir pour entendre. Ouvrir ses yeux pour sentir. Toucher et goûter. En fermant les yeux, cette cour des miracles autour de la Corne d’Or prend des allures de petit concentré de voyage. On cherche Pierre Loti du regard : passera-t-il le pont ou remontera-t-il cette petite mer qui pénètre quasi charnellement la terre ? Le bruit du vieux diesel du « vapur » qui nous vomit sur le quai d’Eminonü venant de Karakoï, en Anatolie, là bas, sur l’autre continent, le bruit de ce diesel laisse maintenant place à son odeur, mêlée à celle de poisson grillé que les mitrons enfournent dans une tranche de pain avec oignons et salade. Un filet de citron, et c’est parti. Ça ressemble à de la sardine – ils en ont l’odeur – mais ces petits poissons sortis à l’instant du Bosphore sont parfois des maquereaux, ou d’autres fritures que les pêcheurs sortent « à la mitraillette » (plusieurs hameçons sur une même ligne, pour les non initiés…).
Ca sent aussi le sésame des petits pains en forme de cercle. Si je le coupe en deux, il prend la forme d’un croissant… Si j’en mange un bout, une corne. Or plus tard, remontant les étalages du bazar égyptien, ce sont d’autres bruits et odeurs qui montent au nez. Cris et appels des marchands qui, pour attirer le chaland, rusent et vocifèrent. Odeurs de café, d’épices, de fromages de brebis, de thé, de pistaches et noix de cajou. Un enchantement des yeux, des oreilles et du nez. Parfois aussi de la bouche, lorsque l’un d’entre eux donne à goûter le fameux fromage ou une pistache.
Dimanche en fin d’après midi, les Istanbuliotes se pressent sur les marches de l’embarcadère pour « bader », comme on dirait chez nous. Attendre. Ne rien faire. Grignoter un poisson grillé. Etre ensemble, tout simplement.


Alors je regarde à nouveau vers le ciel où pointent les minarets, comme des pinceaux prêts à calligraphier le nom de Dieu au ciel de gloire de ce jour où il faut déjà se résoudre aux adieux. Je n’ai qu’une envie : que tous ces bruits et ces odeurs entrent par les ports de ma peau pour les emporter dans mes bagages. Et revenir, un jour, entendre à nouveau la musique de l’Europe et de l’Asie enlacées.



reduit Istanbul 02-05-2010 (80) 

 reduit Istanbul 30-04-2010 (7)

 

 

 

reduit Istanbul 02-05-2010 (87)

 

 

 

reduit Istanbul 29-04-2010 (13) 

 

 

reduit Istanbul 02-05-2010 (79)

 

 

 

reduit Istanbul 02-05-2010 (29) 

 

 

 

Par Fred Sabourin - Publié dans : voyage, voyage...
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Mardi 4 mai 2010 2 04 /05 /Mai /2010 15:30

 

 

reduit Istanbul 01-05-2010 (12)                                                          - partir... -

 

 

 

A la croisée de deux continents et de deux mers, riche de plus de 2500 ans d’histoire, ce coin de terre et d’eau fascine par ses dimensions, sa richesse de patrimoine, son extraordinaire situation, sa vitalité. Un empire à elle seule, Istanbul saisit le voyageur de passage en lui offrant une promenade pour ses cinq sens. Le sixième aidant à se repérer dans son dédalle de ruelles et avenues, rives et mosquées, bazar monstre et rivages lointains.
Mais c’est sans doute le Bosphore, trait d’union entre le monde européen et asiatique, et entre le monde slave et méditerranéen, qui attire, aimante en quelque sorte. On a beau arriver par les airs, c’est très vite avec cette mer intérieure qu’il faut composer, passant d’une rive à l’autre, remontant le cours du détroit en même temps que l’histoire, allant jusqu’au bout de la Corne d’Or la bien nommée, à la recherche des traces d’un certain Pierre Loti, trop vite oublié.
La presqu’île, qu’on nommait quartier musulman jusqu’au début du XXè siècle, où Sainte-Sophie défie du regard et des minarets la grande mosquée bleue du Sultan Ahmet, partage la vue avec le palais de Topkapi, dont la visite du harem restera un moment étonnant de ce court séjour. Un harem qu’il est difficile d’imaginer vivant (plus de mille femmes y vivaient pourtant au meilleur de son histoire), mais à d’intenses moments, les céramiques et mosaïques semblent encore raisonner des bruits de cette ville dans le palais, aux accents ottomans et de musiques turques, aux senteurs de parfums et d’onguents. Il faut s’être arrêté sur les marches de l’embarcadère d’Eminonü, le soir entre cinq et six heures, pour comprendre et entendre cette musique d’une ville dont le poumon respire et le cœur bat ici. La magnificence pour Dieu, dont l’appel à la prière raisonne encore et encore, se mélangeant entre les innombrables minarets et les chants gutturaux des muezzins.

 


(à suivre…)

 

 

 


reduit Istanbul 27-04-10 (59)

                                                        - Inch Allah -

 

reduit Istanbul 01-05-2010 (5)                                                           - prête-moi ta plume -  

 

 

 

reduit Istanbul 27-04-10 (93)                                                              

 

 

 

reduit Istanbul 28-04-2010 (24)

 

 

 

 

reduit Istanbul 28-04-2010 (13) 

 

 

reduit Istanbul 30-04-2010 (37)

 

 

 

PS : c'est la première fois que j'insère une vidéo sur ce blog, dites-moi si ça ne fonctionne pas !

 

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Lundi 3 mai 2010 1 03 /05 /Mai /2010 16:50

 

                   Bientôt, ici, le récit de ça :

 

 

reduit Istanbul 02-05-2010 (4)

 

 

 

reduit Istanbul 02-05-2010 (92)

 

 

 

reduit Istanbul 01-05-2010 (60)

 

 

 

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Mardi 6 avril 2010 2 06 /04 /Avr /2010 08:14

 

reduit Cotentin avril2010 (73) 

                                                         "j'habite au bord de la mer"

 

 

 

Au bord de la mer, nous sommes d’accord, il y a la mer. Le soleil et le ciel aussi. Un sentier, plus de douaniers depuis belles lurettes, des goélands et des genêts (en fleur). Et puis il y a des galets. Parfois, ils volent : si, si, vers le Cap de la Hague, c’est possible, surtout à partir de 90km/h de vent. Et cette semaine là, les galets volaient.
Ils volaient jusqu’aux volets des villas construites à raz-la-marée. Coefficient 112, c’est pas tous les jours, certes, mais quand même. La mer est une lécheuse… de villa.
Ressurgissent au cours de cette semaine de marche avec la mer à droite et une femme à gauche, les images de la tempête au nom de véhicule Citroën. Ici, on construit solide : toitures en ardoises clouées et murs de plusieurs épaisseurs en granit. Mais on construit aussi comme des sagouins, à raz-la-plage, villas « pieds dans l’eau » en attendant de boire la tasse au menton… Car elle grignote, elle grignote, la garce ! Elle n’est pas manchote !
Et on ira accuser qui, une fois le carnage passé ? Le maire, pour avoir accordé des permis de construire en zones inondables ? Les promoteurs immobiliers véreux ? Les acheteurs sourds aux ricanements des vieux « qui savaient, eux » ? Non, on ira accuser la mer. La salope.

Il y a eu René, ancien employé municipal à Fermanville. Puis ce vieux marcheur au regard bleu de St Germain-des-Vaux, qui vient quotidiennement au cap voir la mer, car c’est gratuit. Delphine, ses cent vaches et autant de veaux, à Auderville. Et « Monsieur Renet » à Biville. Tous des autochtones qu’on croyait pas causant. Mais les barjots qui marchent nez au vent sous une pluie horizontale ne sont pas légions à cette saison !
Tous disent la même chose : « on a une belle côte, hein ? ».
Ben ouais. Avec la mer à côté. Et parfois même dans les godasses.

 


reduit Cotentin avril2010 (83)

 

                                                                     - sans titre -

 

 

reduit Cotentin avril2010 (74)

 

                                                                    "sans interdit"

 

 

reduit Cotentin avril2010 (13)

 

                                                             Phare de Goury 

 

 

reduit Cotentin avril2010 (56)

 

                                                       "l'année des méduses"

 

 

reduit Cotentin avril2010 (23)

 

                                                             "dissuasion"  

 

 

 

reduit Cotentin avril2010 (44)

 

                                                                   Redoutable...

 

 

 

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Lundi 4 janvier 2010 1 04 /01 /Jan /2010 09:45



reduit Eyne 7-01-09 048



Et c’est reparti pour un tour : et bonne année par ci, et bonne santé par là. Et l’avalanche de cartes de vœux virtuelles inondant la boîte mail avec photos à l’appui. Aussi écœurante que les chocolats de noël, l’année du « Neuf » a fini par foutre le camp, et c’est tant mieux car pour ce qu’elle a apporté, franchement l’année du Dix pourra-t-elle être pire ? Allez, oui, faisons des vœux, ça ne coûte rien et les résolutions, c’est comme dans une organisation internationale : on n’est pas obligé de les tenir et personne ne se soulèvera si on le fait pas !

Coïncidence, le blogueur s’est trouvé, à quelques jours près, au même endroit que l’année dernière, en Cerdagne catalane pour être précis.
Il y a plusieurs décennies, un autre à moustache a écrit La supplique pour être enterré sur la plage de Sète, mais en passant à nouveau dans le petit village d’Eyne, du nom de la micro vallée qui porte son nom, suis allé faire un tour au petit cimetière. Je vous entend déjà soupirer : « visiter un cimetière pour la nouvelle année : quelle drôle d’idée ! ». Les réfractaires à toute idée philosophique peuvent cliquer sur la petite croix blanche sur fond rouge en haut à droite de l’écran en effet (et bon vent !).
Pour les autres – qui seront majoritaires espérons-le, c’est une bonne manière de considérer le monde turbulent qui nous entoure, et entourera à n’en pas douter, en 2010. Toutes ces choses à obtenir, à acheter, à vendre, toutes ces idées à échanger, ces projets à revoir, d’autres à faire naître, d’autres encore à pousser. La technologie encore plus forte (et faible à la fois) pour nous faciliter (pourrir) la vie. Les promesses qui nous seront distillées, n’engageant que ceux qui les écouteront. Tous ces vaccins à vendre et tout cet argent qui aurait pu sauver tant de nécessiteux et pas uniquement en Afrique. Toutes ces histoires qu’on va nous raconter, mensonges et grosses ficelles, couleuvres à avaler jusqu’à l’indigestion.

En voyant à nouveau ces croix, ces pierres, et même pour certains seulement de la terre, en scrutant les dates - dont certaines sont vieilles de plus de cent ans ! il est des souvenirs qui reviennent, et des projets plus important que d’autres. « Les linceuls n’ont pas de poches » dit le proverbe. Combien de temps encore, avec ceux qui nous sont proches, ceux que nous aimons, et que nous ne voyons pas assez ? Un ami disait récemment : « je vois mes parents trois fois par an, deux ou trois jours en moyenne  à chaque fois. Considérant leur âge et l’éloignement géographique qui nous sépare, j’ai calculé qu’il me reste au mieux environ quarante jours pour profiter d’eux au mieux avec la santé. J’ai avancé la date de mon prochain séjour chez eux ».

Allez, bonne année pour de vrai. Sur un air de guitare en si mineur, fa dièse, mi mineur et la 7è : « A Eyne, au pied des montagnes de Cerdagne catalane, creusez si c’est possible, un petit trou moelleux, une bonne petite niche… »



reduit Font Romeu Déc09 (4)
photo : Marc Lucas


reduit Toulouse Déc09 (24)
photo : FS (couvent des Jacobins, Toulouse)


Par Fred Sabourin - Publié dans : voyage, voyage...
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