quelle époque !

Mercredi 31 décembre 2008 3 31 /12 /2008 15:34

photo de l'année 2008, catégorie maritime. Port du Havre à travers les carreaux du musée Malraux (à suivre)

Hommage soit rendu en ce dernier jour de l’année aux navigateurs du Vendée Globe, actuellement pour la plupart dans le Pacifique sud. Oui, la plupart, car si l’on parle beaucoup de Desjoyaux, Jourdain, Le Cam ou Le Cléac’h, il en existe pas mal sacrément derrière, qui, à cette allure, arriveraient un mois et demi après le premier. Ces « solitaires » sont beaucoup plus prolixes qu’à terre, où ils ne parlent qu’à l’économie, et souvent pas réponses courtes : « oui, non, hum ». Aujourd’hui, il est plus facile de les joindre par téléphone satellite (comme ce matin pendant le 6-9 de RCF pour Desjoyaux et Jourdain), en plein milieu du Pacifique, que d’avoir Mme Boutin, plusieurs fois cette année, depuis son ministère de la rue de Varenne. Une fois, son directeur de cabinet a même prétexté que « pour cause de départ en vacances et de monde sur les routes, Mme Christine B ne pouvait répondre à l’interview, devant partir très vite ». Un collégien hésiterait à sortir un truc aussi nul à son prof de sport…
Alors en ce dernier jour 2008, en bas du baromètre, il y a Mme Christine B. Nous tenions à lui rendre ce vibrant hommage. Elle peut brandir une bible dans l’hémicycle, elle ne vaut pas la corde d’une cloche de bateau.

Et en haut, tout en haut, les navigateurs du Vendée Globe qui ouvriront ce soir leurs menus réveillon surprises. Ils n’ont pas le même pouvoir (en ont-ils et en veulent-ils ?) mais ils sont là pour faire partager leur amour de la mer, et de la solitude.
Qui va souvent de paire.









Par Fred Sabourin - Publié dans : quelle époque !
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Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /2008 15:35



La crise n’en finit pas d’égrener ses conséquences, qui, dit-on, seront encore plus dures l’année prochaine. En attendant, délectons-nous des restes de 2008.
Cette manie a déjà plusieurs années, mais elle prend une tournure encore plus coquasse en ces temps de vaches maigres. Comme toutes les modes, c’est une mode à la con. Comme les nains de jardins ont eu besoin de prendre l’air (libérez nos camarades !), le Père Noël s’introduit chez le vulgum pecus, peut-être moins pour apporter des cadeaux que pour faire main basse sur la dinde aux marrons (achetée chez Lidl), et laisser les  propriétaires dindons d’une bien mauvaise farce. Peut-être d’ailleurs ce Père Noël-là, fils naturel des amours contrariés de Roméo et Spiderman, est également un simple utilisateur de « facebook ». Il lui suffit de lire les profils de ceux qui indiquent, chaque week-end, s’ils sont absents, en vacances, sortis acheter du lait etc. Il ne reste plus alors à cette ordure qu'à escalader les façades pour y accomplir ses méfaits. Sans gilet jaune, par dessus le marché ! Si ils tombe il ne sera pas couvert…
Heureusement, Edwige veille. Ou sa sœur jumelle, ce qui revient presque au même.
Allez, joyeux Noël Félix !


 

 



Par Fred Sabourin - Publié dans : quelle époque !
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Mardi 28 octobre 2008 2 28 /10 /2008 13:53


     Le gilet jaune est obligatoire dans les voitures depuis un mois. Le triangle rouge aussi. Depuis, ça ne vous aura pas échappé, les gilets jaunes fluo (ou oranges, ça marche aussi) ornent les sièges avant des automobiles des Français. Obligatoire rime donc avec ridicule, puisqu’il s’agit de les avoir à porter de main, pas sur le dos. A croire que cet objet – que les psychanalystes qualifieraient de transitionnel – manquait aux conducteurs, depuis la ringardisation, cruelle, de la moumoute sur le volant et les housses de siège en tigre de votre bonne vieille R12 des années 70. On ne compte plus, donc, ces Français devenus très respectueux de la règle, au point de décorer l’intérieur velours de leur 405 ou Clio, plus rarement les grosses berlines allemandes intérieur cuir… étrange, non ?
Ce que nous savions moins, c’est que le gilet jaune, officiellement porté pour être vu de nuit c’est-à-dire lorsqu’il ne fait plus jour, se portait aussi en plein après-midi, dans une rue résidentielle, pour changer une roue… Faut-il que la France s’emmerde en ce moment pour se vêtir d’un tel truc !
La question reste ouverte : peut-on rouler bourré ou au dessus de la limite de vitesse si on arbore un gilet jaune sur le siège passager ?



Heureusement, la moisson du we ne s’arrêta pas à ce ridicule événement, et ce sont quelques grands ados qui soignent leur obésité future sur un banc public de la place des Célestins à Lyon, un dimanche midi. Nous sommes loin des volailles – haricots verts de chez mémé. Regardez bien la photo, il s’y passe d’ailleurs beaucoup de choses, sur les ailes, y compris dans les arrières plans !
Du bio, du bon, du Mac Do !





Pendant ce temps-là, le chameau aboie, et la caravane passe…


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Mardi 21 octobre 2008 2 21 /10 /2008 17:39



… voir les musiciens, voir les magiciens qui arrivent. Ils ont déboulés en petites grappes, fendant la foule. Le spectacle commençaient déjà, s’interpellant les uns, les autres, devant les badauds qui badaient, entre la poire et le fromage au sens propre car il s’agissait d’un happening gastronomique populaire en pleine rue (la "fête du ventre", ça ne s'invente pas). Ca tombait bien, cette semaine nous avions vécu la journée mondiale du refus de la misère, et celle de lutte contre la faim. Bon.
Le prodigieux spectacle de la rue s’est mis en place, un drap, un faux projecteur, des visages blancs, des costumes années trente : on allait nous faire du cinéma. « Approchez ! approchez ! Mesdames et messieurs, dans un instant, ça va commencer ! ».
Puis vinrent « Drôle de drame », « Marius »… 

« Sur l’écran noir de mes nuits blanches, moi je te fais du cinéma, sans pognon et sans caméra, Bardot peut partir en vacances, ma vedette c’est toujours toi » chantait le poète.
L’espace d’un instant, c’était Jouvet, Simon, Raimu, Pierre Fresnay.
L’espace d’un instant, c’était bon de voir les comédiens, les musiciens, les magiciens.
Ils arrivent.









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Jeudi 16 octobre 2008 4 16 /10 /2008 17:19

Mesrine : L'Ennemi public n°1


Tout ce qui est vintage a du bon : et la « crise » participe à ce grand mouvement de l’adoration nostalgique du bon vieux temps qui n’était pas si mauvais que ça.
Le cinéma vient même, en ce moment, à notre aide en enfonçant le clou dans un spectacle du monde que d’aucun aurait tort de siffler avant le début du match.
Sur les écrans, cette semaine, et la semaine prochaine, quelques vignettes des années 70 et surtout deux personnages apparemment contradictoires, mais pas tant. Coluche et Mesrine. Le clown et le voyou. Celui qui faisait mourir de rire, et celui qui faisait mourir tout court.
Dans un article de Frédéric Théobald dans « La Vie » (semaine du 16 octobre), ce confrère prend le risque de comparer l’incomparable. « Pourtant, à l’écran, ils ravivent un même pan du passé et semblent, à leur façon, agiter un même drapeau de la contestation et de la radicalité » écrit-il.
Comme je n’ai vu de « Mesrine, l’instinct de mort » que la bande annonce, donc très commerciale et très réductrice, je ne m’étendrai pas trop sur le sujet. Cela étant, une conversation récente avec une personne intelligente m’amenait à quasiment défendre avant l’heure un film taxé de voyeurisme, voire de mythe errant depuis sa mort le 2 novembre 1979. Ou assassinat, c’est selon. Mais déjà, en utilisant à dessein le mot « mort » ou « assassinat », il y a, nous le savons bien, un parti pris.

Mesrine : L'Ennemi public n°1 - Vincent Cassel

« Coluche, l’histoire d’un mec » (de Antoine de Caunes) en revanche est sur les écrans depuis mercredi. Là aussi, la mythification du personnage Coluche, que certains, dans la France des années 80, n’ont pas été déçu de voir disparaître sous un camion d’une route à lacets de Corse, tient parfois du délire collectif. Mythe d’un âge d’or où la contestation, selon les propos du clown lui-même, « était née du capital, engendrée du capital, donc le capital était plus important que la contestation car la contestation ne vit pas du capital alors que le capital vit de sa contestation ». Cet excellent sophisme, à la limite de l’absurde, illustrerait - si j’osais ! – la frénésie et la schizophrénie financière dans laquelle banquiers et traders nous ont entraînés.
Dans les deux films, aux reconstitutions minutieuses (rien ne manque : ni costumes, ni images d’archives de télé et radio, ni véhicules d’époque), la tentation est forte de rapprocher les deux périodes : aujourd’hui, et hier (c’est-à-dire Coluche et Mesrine). Crise du pétrole, obsession du pouvoir d’achat, fête à gogo et ivresse pour oublier, peurs ancestrales agitées par l’ennemi public n°1, bordel organisé dans une campagne électoral chiante par un clown que les grossiers trouvaient vulgaire.

Coluche, l'histoire d'un mec - François-Xavier Demaison

Je me souviens, enfant, des images de ces deux personnages : à entendre les adultes parler de lui, j’avais l’impression que Mesrine allait débarquer dans la petite ville de province qui m’abritait alors, au cœur du Poitou, et allait flinguer tout le monde. Je me rassurais comme je pouvais, en constatant qu’à la maison, il y avait un fusil de chasse : on saurait se défendre. Et il n'avait jamais braqué d'école primaire.
Mais je me souviens aussi des rires grinçants que provoquaient le clown en salopette et tee-shirt jaune qui conspuait la publicité, et les « z’hommes politiques ». Il provoquait cette philosophade bien connue : « il dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas ». Hélas, pourrions-nous dire ! Dans un monde d’hypocrisie - valeur sans doute la mieux transmise malgré elle – si le mensonge était moins notre plus grand dénominateur commun, on rigolerait sans doute moins, mais on s’en porterait peut-être un peu mieux.
Jean-François Richet, à qui l’on doit ce « Mesrine, l’instinct de mort », dépeint son héros de la sorte : « un homme libre, un vrai rebelle. Mesrine, c’est quelqu’un qui dit non, qui dit : ‘ j’aime pas les riches et les forts… J’aime pas l’Etat’ ». C’est pourtant l’Etat qui l’a eu, après l’avoir bien fait cavaler.
Ce revival des années 70 finissantes et 80 pleines des promesses de nouveaux commencements est à voir sur écran.

Coluche, l'histoire d'un mec - François-Xavier Demaison

Ah ! J’allais oublier ! Raymond Depardon sort le 29 octobre le troisième volet de ses documentaires sur le monde paysan : « la vie moderne ». A voir, vraiment. L’effondrement d’un monde, celui de nos racines pour la plupart, réduit à peau de chagrin dans des contrées lointaines si belles pour le tourisme estival. Des paysans approchés avec une infinie tendresse et un profond respect, noueux comme un pied de vigne. Dans le précédent volet, une vieille paysanne demandait à une autre (à propos de R. Depardon) : « pourquoi il me film ? »  - Réponse : « parce que tu es là ».

Silence… ça tourne… 


La Vie moderne

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