Dimanche 28 septembre 2008
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20:00
Unique en son genre, le « Lieu Unique » est construit à Nantes sur les ruines encore beurrées de l’usine « Lefèvre Utile », LU pour les amnésiques.
Là, dans un décor fantasque et parfois incongru, l’homme a ré-apprivoisé le lieu du labeur, lieu du beurre, lieu des miettes, bref l’usine où l’ouvrier trimait au turbin en attendant le bal du
samedi soir. A cette époque – un âge d’or pour certain, dans cette « nostalgisation » de notre société regrettante et regrettée – les hommes étaient payés à la semaine, buvaient la
moitié avant d’arriver chez eux, ne partaient pas ou peu en vacances.
Désormais, le « Lieu Unique » résonne d’expositions, de concerts, de conversations au bar où des jeunes branchés boivent le monde en refaisant des coups, où les plus anciens viennent
s’encanailler de cette fraîcheur juvénile, où les quadras aiment y tenir leur meilleur rôle, celui de bo-bo. Les trentenaires, désabusés qu’ils sont, traquent tout ce beau monde en
prenant des clichés.
Même le mobilier semble unique, et, pourtant, il a un je-ne-sais-quoi de déjà vu.
Chez soi peut-être ?
Unique, c’est sûr !
Par Fred Sabourin
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Jeudi 11 septembre 2008
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20:00
Mister B, grand reporter en petites choses, est l’invité du « Jour d’après ». Authentique poète saltimbanque, le plus journaliste des
dessinateurs de crobars nous avait fait l’honneur d’être un jour l’invité du « tiroir » (ici : http://letiroir.canalblog.com/). A visiter sans modération. C’est avec un immense plaisir que je
lui laisse pour quelques jours la primeur de la ‘une’.
C'est un peu embêtant de se retrouver invité sur un blog photo. Je ne sais pas attraper de bonnes images. Déjà en école de journalisme, mes professeurs regardaient mes reportages photos ou vidéo
d'un oeil désespéré. Je ne sais pas cadrer. Je ne sais pas voir dans une machine.
Pourtant, comme beaucoup d'ados, j'ai eu ma période photo. Je m'y suis un peu intéressé. J'ai lu quelques livres, j'ai appris des mots comme ' focale', ' reflex'. Mais, très vite ces bouquins ont
pris la poussière. Ca ressemblait trop à des maths pour moi. Je n'aime pas trop quand la technique ' mécanique' se mêle d'art.
Alors bien sur, en bon français moyen, je possède un petit appareil numérique. Et puis j'ai aussi mon Polaroid 600. Je dois l'avouer, je le considère plus comme un objet de décoration
délicieusement rétro, que comme un véritable appareil photo.
Pour résumer, je suis un garçon flou, mon petit coeur bat trop fort et mes images sont ratées.
Mais je trouve que le flou a un certain charme. Il ressemble à la radio, il ne montre pas, il donne à voir.
Mes photos flous sont mon impressionnisme.
Festival "Châlon dans la rue"
Et puis parfois avec le flou, il y a quelques divines surprises. Le sujet se transforme en tout autre chose.
Un jour en secouant la lune, j'en ai fait sortir un ange.
Lune
floue sur les quais de Saône, Lyon 2006
Mais je ne suis pas à l'aise avec un appareil photo à la main. Même si elle belle, l'image ne parvient jamais à décrire ce que je pense vraiment. Heureusement, j'arrive aussi à écrire flou. Pour
cela, j'ai déposé un crayon au pied de mon lit. La nuit, on gribouille parfois quelques phrases dans un demi-sommeil. Le lendemain, on a oublié s'être levé la nuit. Mais un carnet, un
post-it ou une enveloppe, laissent un trace de vos pensée floues.
Ce matin au pied de mon lit il y avait ça :
"Merci de me rendre mon coeur dans l'état où tu aurais souhaité le trouver". Mâcon, septembre 2008.
B.
Par Fred Sabourin
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Mardi 2 septembre 2008
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12:00
D’accord c’est un concept. D’accord aussi, ce n’est pas nouveau, et les impressionnistes les premiers ont inauguré le genre, il y a plus d'un siècle. Qu’à cela ne tienne. Ici, chaque mois, une
photo du même endroit, à peu près à la même heure. Quatre saisons. Douze photos. Le temps passe, les paysages restent. Honneur à l’automne de commencer. Voici septembre.
Par Fred Sabourin
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